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À La Une - Reportage

Face à l'avancée du régime, des Syriens disent adieu à leur ville Saraqeb

"Ce quartier où on a grandi a disparu", se désole Waël, un père de quatre enfants. Le régime de Bachar el-Assad "ne nous a rien laissé, rien. Il détruit tout le pays", accuse-t-il.

Des véhicules militaires turcs à un barrage routier, dans la banlieue de Saraqeb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 1er février 2020. Photo AFP / Omar HAJ KADOUR

"Ce sont les civils qui paient le prix", soupire Waël, en faisant ses adieux aux ruines du quartier où il a grandi à Saraqeb. Dans cette ville de la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, tous les habitants ont fui l'avancée des forces du régime. A chaque coin de rue à Saraqeb, le regard se pose sur des immeubles en béton à moitié écroulés, des bâtisses éventrées: les villes du nord ouest-syrien, région dominée par des jihadistes et bombardée quasi-quotidiennement par le régime et son allié russe, offrent désormais le même paysage de désolation. Dans une maison à la façade soufflée par les bombes, des ventilateurs tiennent encore au plafond, leurs pales tordues. Au-dessus d'une fenêtre, des lambeaux de tissus, autrefois des rideaux, pendent à leur tringle.

Cigarette à la main, Waël escalade un monticule de pierres afin d'observer ce qui reste de son quartier. Ce père de quatre enfants est revenu récupérer quelques affaires après avoir fui Saraqeb il y a une dizaine de jours pour se réfugier plus au nord dans la province d'Idleb, près de la frontière turque. "Je suis là pour voir ma rue une dernière fois. Je n'aurais pas dû, c'est à vous fendre le cœur, regardez-moi ce paysage", dit-il, au milieu des maisons dévastées. "Ce quartier où on a grandi a disparu", lâche-t-il. Le régime de Bachar el-Assad "ne nous a rien laissé, rien. Il détruit tout le pays", accuse-t-il. "Ce sont les civils qui paient le prix, et personne ne se préoccupe de nous", regrette cet homme de 38 ans, à la peau mate et à la barbe taillée.


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Valise et baluchon 
Dans le centre-ville, les étals du marché sont déserts, les rideaux de fer des boutiques sont tous baissés. Le silence est seulement rompu par le grincement d'une porte battue par les vents, ou le vrombissement d'une camionnette transportant les maigres possessions d'un déplacé venu récupérer de dernières affaires.

Appuyé par l'aviation russe, le régime poursuit depuis décembre un assaut meurtrier contre Idleb.

Plus de la moitié de la province est encore dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne d'el-Qaëda. La région accueille aussi des groupuscules jihadistes mais aussi des factions rebelles. Depuis début décembre, les violences ont poussé à la fuite 388.000 personnes, selon l'ONU. Samedi, les troupes gouvernementales se trouvent à moins de cinq kilomètres au sud de Saraqeb, après avoir reculé en raison de combats nocturnes avec les rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Comptant 110.000 habitants il y a encore quelques mois seulement selon l'OSDH, Saraqeb est aujourd'hui quasi-déserte.

Un célèbre street-artiste d'Idleb, Aziz al-Asmar, s'est rendu jeudi dans la ville pour lui faire un dernier adieu. Sur un mur du marché, il a peint un cœur rouge et le nom de Saraqeb en arabe. Il a ensuite dessiné les silhouettes d'une famille de déplacés à côté : une mère porte une valise, son fils un baluchon et une fillette à nattes tient à la main sa poupée.



(Lire aussi : Après la conquête de Maarret al-Naaman, grand bastion anti-Assad, quelle sera la prochaine cible ?)



"Guerre sale" 
Abdou Bakri, un secouriste des Casques blancs (qui opèrent en zones rebelles), regarde avec intérêt l'artiste dessiner et insiste pour l'aider. Cet habitant de Saraqeb a fait partir sa famille pour leur sécurité, mais lui continue d'y revenir. Les forces du régime "ont utilisé tout type d'armes pour arriver" jusqu'à Saraqeb, dénonce-t-il, la voix étranglée par l'émotion. Après avoir enchaîné les diatribes contre Bachar el-Assad, il finit par fondre en larmes à côté de sa moto, sur laquelle il a ficelé un meuble en plastique renfermant les vêtements de ses enfants, afin de les apporter à sa femme.

Ailleurs dans la ville, quelques combattants rebelles discutent de leur prochain départ sur le front, cigarettes aux lèvres et tasses de thé chaud entre les mains. Parmi eux, Abou Trad, un habitant de Saraqeb, confie avoir été emprisonné pendant six mois par le régime après la répression des manifestations antigouvernementales de 2011, point de départ d'une guerre qui a fait depuis plus de 380.000 morts et des millions de déplacés. "Moi et les jeunes, on est resté pour défendre notre terre", lance-t-il. "Cette guerre a séparé les frères, les enfants de leur mère, les épouses de leur mari", poursuit-il. "C'est une guerre sale". "On va se battre jusqu'à la dernière balle, avec des pierres s'il le faut, avec tout ce qui nous tombe sous la main", promet-il.



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commentaires (2)

A l'évidence, à lire cet article, on comprend que l'"ORIENT LE JOUR" soutient les jihadistes (proxy) à Idleb ainsi que l'initiative des puissances étrangères ayant généré cette guerre depuis 2011 pour renverser une gouvernance qui ne convient pas à leurs intérêts. Ce sont elles qui en réalité sont à l'origine du désastre syrien, et non pas ceux qui luttent pour l'indépendance et la souveraineté de la Syrie.

Marie-Anne Toulouse-noujaim

06 h 52, le 02 février 2020

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Commentaires (2)

  • A l'évidence, à lire cet article, on comprend que l'"ORIENT LE JOUR" soutient les jihadistes (proxy) à Idleb ainsi que l'initiative des puissances étrangères ayant généré cette guerre depuis 2011 pour renverser une gouvernance qui ne convient pas à leurs intérêts. Ce sont elles qui en réalité sont à l'origine du désastre syrien, et non pas ceux qui luttent pour l'indépendance et la souveraineté de la Syrie.

    Marie-Anne Toulouse-noujaim

    06 h 52, le 02 février 2020

  • LES CONSEQUENCES DES PROMESSES VIDES ET DES ACTIONS IRRESPONSABLES DE L,APPRENTI MINI SULTAN OTTOMAN ERDO.

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