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Repère

Ce qu’il faut retenir du plan de paix américain

Les Israéliens obtiennent un gain immédiat tandis que ceux des Palestiniens sont conditionnés à des scénarios irréalistes.

Une carte fournie par la Maison-Blanche précisant les contours du futur État palestinien prévu dans le plan. AFP

Le plan de paix pour le conflit israélo-palestinien présenté mardi par le président américain Donald Trump repose sur quatre grandes logiques. Un : il épouse la vision israélienne du conflit en satisfaisant toutes les conditions préalables posées par l’État hébreu pour accepter l’existence d’un État palestinien. Deux : il joue sur l’ambiguïté en proposant un État palestinien sans réelle souveraineté, et avec une continuité territoriale à construire, dont Jérusalem-Est serait la capitale, tout en réaffirmant par ailleurs le caractère indivisible de la ville trois fois sainte et son statut de capitale d’Israël. Trois : il remplace l’équation « la terre contre la paix » contre la « paix contre l’argent » en promettant aux Palestiniens un investissement de 50 milliards de dollars en compensation de leurs efforts pour parvenir à la paix. Quatre : il considère que les Arabes ont intérêt à faire la paix avec Israël pour pouvoir se concentrer sur la menace iranienne.

Un deux poids, deux mesures dans l’application

Israël s’engagerait à geler le développement de toute colonie pendant quatre ans – durée pendant laquelle les Palestiniens pourraient donc revenir sur leur rejet actuel de ce plan. Par ailleurs, Israël s’engage à ne pas poursuivre sa politique de colonisation en Cisjordanie au-delà des territoires qui lui sont promis.

Le plan prévoit l’annexion de quelque 30 % de la Cisjordanie qui reviendrait ainsi officiellement au sein de l’État hébreu. Washington est notamment prêt à acter la souveraineté d’Israël sur la vallée du Jourdain, langue de terre stratégique à la frontière jordanienne. L’ambassadeur américain en Israël David Friedman a affirmé, quelques minutes après le dévoilement du plan, qu’Israël était désormais libre d’annexer les colonies déjà existantes.

Israël peut donc profiter d’un gain immédiat. Mais le plan prévoit que l’État hébreu respecte ses engagements seulement à la condition que la bande de Gaza, aujourd’hui contrôlée par le Hamas, tombe sous le joug de l’Autorité palestinienne et soit complètement désarmée. Autrement dit, même s’il avait l’intention d’approuver le plan, ce qui n’est pas le cas, le président palestinien Mahmoud Abbas ne pourrait en tirer aucun acquis, ceci étant conditionné à un scénario a priori irréaliste.


(Lire aussi : Proche-Orient : les responsables libanais rejettent le plan de Trump)


Territoires et populations

Le plan tente d’éviter au maximum les déplacements et les mélanges de population. Il prévoit que 97 % des Israéliens résidant dans les Territoires occupés seront intégrés à l’État israélien, tandis que 97 % des Palestiniens résidant en Cisjordanie seront intégrés au futur État palestinien. L’objectif est d’éviter que l’État hébreu se retrouve avec des populations non israéliennes à l’intérieur de ses frontières pour ne pas affecter les équilibres démographiques ou mettre en péril le caractère démocratique d’Israël.

Les populations palestiniennes qui se retrouveraient dans le territoire israélien deviendraient des citoyens palestiniens et auraient la possibilité de rester sur place ou de partir. La même chose est prévue pour les Israéliens confrontés à la situation inverse.

Le plan propose en outre la restitution des villes arabes israéliennes du « triangle », au sud-est de Haïfa. Les villes de Kafr Qara, Ar’ara, Baha al-Gharbiyeh, Oum al-Fahm, Qalansaoue, Tayibe, Kafr Qasim, Tira, Kafr Bara et Jaljoulia, proches de la ligne verte, forment ce qu’on appelle le « triangle ». Ces communautés, qui s’identifient en grande partie comme palestiniennes, devaient initialement tomber sous le contrôle jordanien lors des négociations de la ligne d’armistice de 1949, mais ont finalement été retenues par Israël pour des raisons militaires. Plusieurs figures politiques israéliennes, dont l’ancien ministre Avidgor Lieberman, avaient déjà proposé d’inclure le « triangle » dans un futur État palestinien en échange de plusieurs colonies juives implantées en Cisjordanie.


L’État palestinien en question

L’État palestinien promis par le plan n’a pas, à l’origine, de continuité territoriale, puisqu’il est séparé par plusieurs colonies israéliennes en Cisjordanie, sans parler du cas particulier de Gaza. Le plan promet la construction de voies rapides, qui ne seraient pas financées par l’État palestinien ou par Israël, permettant de relier les différentes parties de ce territoire.

L’État palestinien proposé dans le plan serait complètement démilitarisé. Les forces de sécurité auront notamment pour objectif d’empêcher les attaques contre Israël. Les questions sécuritaires plus importantes seront gérées par Israël. Le plan prévoit également que l’État palestinien ne peut pas rejoindre une organisation internationale sans avoir l’accord d’Israël au préalable. Il stipule également que l’État palestinien n’a pas le droit d’avoir des partenariats en matières militaire, sécuritaire, ou de renseignements, sans l’accord d’Israël.

Le statut de Jérusalem

Le plan prévoit que Jérusalem-Est est la capitale indivisible de l’État d’Israël. Il dit dans le même temps que l’État palestinien pourrait avoir Jérusalem-Est comme capitale en précisant que celle-ci se trouverait au nord de l’actuelle barrière de sécurité, c’est-à-dire dans la banlieue de Jérusalem, où se situe notamment la ville d’Abou Dis, que le plan prévoyait, selon des fuites, comme capitale de l’État palestinien. Le plan joue sur l’ambiguïté tout en ne faisant pas réellement de Jérusalem-Est la capitale de l’État palestinien.

Le plan prévoit que les sites religieux soient accessibles à tous sans restrictions.

Les Palestiniens (étant restés sur leurs terres en 1948) résidant à Jérusalem, ont trois options : obtenir la citoyenneté israélienne, obtenir la citoyenneté palestinienne ou conserver leur statut actuel de résident.


(Lire aussi : Abou Dis, la "capitale palestinienne" qui ne veut pas être une capitale)

La question des réfugiés

Les Palestiniens réfugiés dans les pays de la région ont trois options : l’intégration dans le futur État palestinien, l’intégration dans les pays dans lesquels ils résident (avec l’accord de l’État hôte), ou l’intégration de 5 000 réfugiés par an pendant 10 ans dans les pays membres de l’Organisation de coopération islamique (avec l’accord de ces pays).

Qui va payer la facture ?

La partie économique est développée sur plus de 100 pages sur les 180 pages au total que comporte le plan. Celui-ci promet que le PIB palestinien va doubler en 10 ans et de permettre de créer un million d’emplois et de réduire le taux de pauvreté de moitié.

Le plan ne dit pas clairement qui va payer la facture et se contente de parler d’un fonds international qui fournirait les 50 milliards promis. En organisant leur présentation économique du plan à Manama, en juin 2019, les États-Unis avaient toutefois fait comprendre qu’ils s’attendaient à ce que les pays du Golfe avancent les sommes promises.




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commentaires (4)

Malins américains : ils ont coloré les régions octroyées aux Palestiniens en vert pour donner l'illusion de terrains arables... Fil amerki ktiir tawil...

Wlek Sanferlou

20 h 10, le 30 janvier 2020

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Commentaires (4)

  • Malins américains : ils ont coloré les régions octroyées aux Palestiniens en vert pour donner l'illusion de terrains arables... Fil amerki ktiir tawil...

    Wlek Sanferlou

    20 h 10, le 30 janvier 2020

  • Le "Blitzkrieg allemand" , guerre éclair ne leur a pas fait gagner la guerre définitive . Il est idiot , voir ignare des faits comme ils se déroulent en ce moment de mettre dans un même panier arabes et perses .

    FRIK-A-FRAK

    13 h 17, le 30 janvier 2020

  • UNE CHOSE A RETENIR. PLAN ISRAELIEN !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 08, le 30 janvier 2020

  • Chien qui aboie n'est pas le plus à craindre, méfie-toi plutôt de celui qui mord sans bruit.(proverbe russe) Ce qu’il faut surtout retenir c’est les arabes ont aboyé depuis le début et n’ont rien pu faire...tout comme les Iraniens

    Jack Gardner

    10 h 36, le 30 janvier 2020