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Abou Dis, la "capitale palestinienne" qui ne veut pas être une capitale

Proche-Orient

"Je ne vois vraiment pas ce que je pourrais en tirer, que la capitale soit à Jérusalem ou ici. Il n'y a nulle part de vision pour notre futur", dit Mohammad.

OLJ/AFP/Guillaume LAVALLÉE
29/01/2020

Abou Dis, capitale de la Palestine indépendante? Peut-être pour Donald Trump, mais pas pour les Palestiniens Mohammed, Khaled ou Yara, tous sceptiques face au projet américain d'établir la capitale d'un futur Etat palestinien dans ce faubourg de Jérusalem.

A Washington mardi, le président américain a dévoilé les grandes lignes de son projet de paix pour le Moyen-Orient, surnommé sans trop y croire "Safqat al-Qarn", "l'accord du siècle", dans les rues palestiniennes. Le plan accorde à Israël la ville contestée de Jérusalem, cœur vibrant des monothéismes, le statut de capitale "indivisible". Et prévoit la création d'un Etat palestinien, en partie amputé.

Sa capitale serait dans la partie de Jérusalem située à l'est ou au nord de la "barrière de sécurité", c'est-à-dire des quartiers qui font historiquement partie de la ville, mais qui en ont été séparés par un mur de béton érigé au début des années 2000 lors de la seconde Intifada, soulèvement palestinien. Et le document américain nomme le quartier d'Abou Dis comme éventuelle capitale de Palestine, ajoutant qu'elle pourrait prendre le nom d'al-Quds, "la sainte", nom arabe de Jérusalem.

Des lieux saints de la Vieille ville à Abou Dis, il n'y a en théorie que quelques minutes à faire en voiture, en slalomant à Ras al-Amoud entre les cars de touristes venus visiter Jérusalem. Mais à un rond-point, le GPS se grippe: un mur de béton bloque le passage.

Il faut donc remonter, redescendre, zigzaguer, reprendre l'autoroute, passer un check-point, traverser un village lardé de nids-de-poule, longer une décharge, un cimetière de voitures, avant d'arriver à Abou Dis, au bout d'une trentaine de minutes de conduite.


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"Je préfère Jérusalem"
De l'autre côté du mur, les habitants peuvent voir en contre-plongée le mont des Oliviers. Mais il faut monter sur une butte, ou au deuxième étage des immeubles pour apercevoir le Dôme du Rocher, sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam.

A l'ombre du mur, noirci par les pneus brûlés lors de manifestations, constellé de drapeaux palestiniens et d'hommages aux "martyrs" palestiniens, Mohammed Hermas, un commerçant de 43 ans, se demande bien comment son quartier pourrait bien devenir une capitale.

"Je ne vois vraiment pas ce que je pourrais en tirer, que la capitale soit à Jérusalem ou ici. Il n'y a nulle part de vision pour notre futur", dit-il, devant une bassine d'huile bouillante dans laquelle dansent les croquettes de falafels.

Sami, un autre Palestinien, semble ouvert au compromis: "l'Etat et la religion doivent être séparés, tant que nous pouvons prier à al-Aqsa, la capitale peut être ailleurs". "Mais, oui, je préfère Jérusalem", ajoute-t-il alors que les dirigeants palestiniens ont fustigé le plan américain pour de multiples raisons, notamment pour avoir placé Jérusalem dans l'escarcelle d'Israël.

Pour Sami, jeune père de famille au jeans troué, la question centrale demeure l'emploi et les salaires. Et qui dit salaire, dit pour l'instant accès à l'autre côté de la barrière de séparation. "Ici, on travaille pour 80 shekels par jour (21 euros), mais en Israël on en touche 400 shekels (105 euros) pour le même travail", dit-il.


(Lire aussi : Proche-Orient : les responsables libanais rejettent le plan de Trump)


Le parlement d'Abou Dis
Avant la seconde Intifada, et la construction du mur, les habitants d'Abou Dis se rendaient dans le reste de Jérusalem pour faire leurs courses, étudier, travailler.

Abou Dis "ne devrait pas être, ne peut pas être la capitale. (Jérusalem) devrait être une seule ville où tout le monde peut circuler", note Yara, une habitante de Jérusalem qui passe d'un côté de l'autre du mur plusieurs fois par semaine pour étudier à l'université locale.

Et l'Autorité palestinienne avait commencé la construction d'un Parlement à Abou Dis, finalement établi à Ramallah. Aujourd'hui, l'immeuble de pierre couleur sable ploie à quelques mètres du mur de béton.

Depuis son bureau dans la bibliothèque locale d'Abou Dis, où sont classés des archives des héritages des familles de Jérusalem, Khaled Elyan peut contempler à la fois le parlement inachevé et, au loin, le Dôme du Rocher.

"Abou Dis fait partie de Jérusalem, c'est l'un des quartiers de la ville, ce n'est pas une ville indépendante. Abou Dis ne peut pas être la capitale", dit-il, après sa cigarette. "Le mur nous a isolés. Le but était de nous séparer de Jérusalem. Ce que vendent Trump et (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu c'est de l'illusion", assure-t-il.



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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PAUVRES PALESTINIENS. VOS BAGARRES INTESTINES VOUS ONT APPORTE LA.

Chucri Abboud

La vraie capitale de la future Palestine ne sera rien d'autre que Ain el Helwé chez nous au Liban .
L'implantation est INÉLUCTABLE .

Le sionisme aura tout détruit , nos pays et nos rêves en même temps

Le plus triste est que personne n'en a cure .
Et nous continuons à gratifier les américains de notre confiance aveugle .

Allez comprendre !

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