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Colère à Aïn el-Héloué : « Si les Arabes ne nous avaient pas trahis, Trump n’aurait pas osé annoncer un tel plan »

Liban

Journée de colère dans ce camp de réfugiés palestiniens où des portraits de Donald Trump ont été brûlés.

29/01/2020

Dans le camp de Aïn el-Héloué, situé à la lisière de Saïda au Liban-Sud, plusieurs centaines de réfugiés palestiniens ont observé mercredi une « journée de la colère » à l’appel de toutes les formations palestiniennes pour protester contre le « deal du siècle », le projet de paix américain pour le Moyen-Orient, annoncé mardi par le président Donald Trump et prévoyant notamment l'annexion de plusieurs parties de la Cisjordanie occupée par Israël.

Les manifestants se sont rassemblés mercredi à 11h dans le stade Abou Jihad. Ils ont brandi des drapeaux palestiniens et des banderoles proclamant « Le deal ne passera pas » ou « Nous réclamons notre droit au retour » en Palestine. « Trump, tu vas échouer ! », scandaient les protestataires en colère, qui ont également répété « Mort à Israël ». Les jeunes qui participaient au rassemblement ont mis le feu à des drapeaux américains et israéliens, ainsi qu’à plusieurs portraits du président américain au milieu des youyous.

Selon le plan proposé par Donald Trump, les réfugiés palestiniens n’auront pas droit au retour en Israël, a annoncé mardi lors d’une conférence de presse à Washington le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Ce dernier s’est dit prêt à négocier avec les Palestiniens pour leur accorder « un chemin vers un futur État », mais a posé comme condition qu’ils reconnaissent Israël comme un « État juif ».


(Pour mémoire : Au Liban, les camps palestiniens observeront, mercredi, une "journée de colère")




« Si les Arabes ne nous avaient pas trahis, Trump n’aurait pas osé annoncer un tel plan », affirme Souheil, un des manifestants. « Le chemin est long, et seule la résistance nous permettra de récupérer la Palestine ». Mahmoud, un jeune homme qui a revêtu un keffieh sous son bonnet de laine, estime que « si les Arabes avaient une once de dignité, cela n’aurait pas pu se produire, mais ce sont tous des traîtres ». « Nous n’avons plus rien à perdre, notre seule option est la résistance », dit de son côté Ahmad, rappelant la phrase célèbre du dirigeant palestinien décédé Yasser Arafat : « la victoire ou la mort ».

Plusieurs pays arabes n'ont pas directement critiqué le plan de Trump, voire l'ont soutenu. Les Émirats arabes unis ont vu dans ce texte « un important point de départ » pour un retour à la table des négociations. Leur ambassadeur à Washington Youssef al-Otaïba était, avec ses homologues d'Oman et de Bahreïn, un des représentants de pays arabes à la Maison Blanche mardi soir, où l'absence des Palestiniens était criante. L'Arabie saoudite a de son côté dit « apprécier » les efforts de Donald Trump, tandis que l'Egypte a appelé Israéliens et Palestiniens à un examen « attentif » et « approfondi » du plan.


(Lire aussi : Proche-Orient : les responsables libanais rejettent le plan de Trump)




Mercredi à Aïn el-Héloué, plusieurs orateurs se sont succédé au nom des formations palestiniennes, mais également au nom des partis libanais, pour dénoncer le plan américain et souligner que la résistance se poursuivrait. Tous les commerces et les écoles étaient fermés dans le camp, le plus grand du Liban et les ruelles étaient vides.

Le camp de Aïn el-Héloué est le plus peuplé du Liban. Il est régulièrement le théâtre d'affrontements entre les principales organisations et de petits groupes extrémistes qui s'y sont implantés au fil des années. L'armée libanaise n'entre pas en principe dans les camps de réfugiés palestiniens et laisse les factions palestiniennes assurer la sécurité, mais elle en contrôle les accès.

Les réfugiés se sont également mobilisés dans les autres camps du pays, notamment dans celui d'al-Jalil, à Baalbeck (Békaa). Au Liban-Nord, les habitants du camp de Beddaoui ont observé une grève totale et manifesté en nombre dans les rues du camp, appelant la Ligue arabe à "rejeter en bloc" le nouveau plan de paix. A Tyr, tous les camps étaient également en grève, les organisations, commerces et écoles de l'Unrwa ayant fermé leurs portes. Les réfugiés de ces camps ont notamment condamné le "silence de la communauté internationale au plan de Trump".



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ILS ONT DIT LES ARABES ? QUELS ARABES ? LA MOITIE DE LEURS PEUPLES TRAVAILLE POUR L,IRAN ET L,AUTRE MOITIE POUR LES OCCIDENTAUX... SANS MENTIONNER LES DIRIGEANTS TOUS VENDUS...

Chucri Abboud

Depuis toujours , l'inimitié des américains envers le Liban , toujours considéré comme patrie de remplacement pour les palestinien , est une constante .
Ce méprisable plan deal du siècle de Trump ne pourra se realiser sans L'IMPLANTATION DES REFUGIÉS PALESTINIENS AU LIBAN , il s seront bel et bien définitivement privés du droit de retour .
Le liban devra s'appeler ¨: Palisban !
C'est foutu

Eleni Caridopoulou

La faute de tout ca c'est Nasser avec sa guerre de 1967 , il a détruit les pays arabes

Revoltution

Ce sont vos propres dirigeants qui vous ont trahi et mangé des milliards par le passé y a qu’à voir le faste dans lequel ils vivent à l’étranger Et surtout que certains Arabes ont été dépités de voir tous les milliards mangés par vos représentants .
Arrêtez de jeter la faute sur les autres et regardez le comportement de vos émigrés même pas capable de former un lobby qui puisse au moins nous sauver la face à l’étranger !
C’est trop tard mais c’est pour Barghouti que je pleure et des milliers comme lui qu’il faudrait faire un pas en arrière et prendre des décisions courageuses afin qu’il voit la lumière à n’importe quel prix !!

Marie Claude

"Arabs"?! simply tribes or agencies.

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