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"Initiative sérieuse" ou "violation des droits des Palestiniens" : les Arabes divisés sur le plan de Trump

Proche-Orient La plupart des États du Golfe semblent tenter de ménager la chèvre et le chou.
OLJ/Agences
29/01/2020

Si les Palestiniens n'étaient pas représentés, mardi soir, à la Maison Blanche, lors de la présentation officielle par Donald Trump de son plan pour la paix au Proche-Orient, trois diplomates arabes, les ambassadeurs d'Oman, de Bahreïn et des Émirats arabes unis, étaient dans l'assemblée. Une présence sur laquelle M. Trump et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ont beaucoup insisté, les remerciant chaleureusement. Le président américain a ainsi salué "l'incroyable travail qu'ils ont fait pour aider" à la mise en place de cette proposition de paix.

Au lendemain de la publication du plan, les réactions arabes sont quelque peu contrastées. Si certains pays condamnent le plan, sans surprise très favorable aux Israéliens et rejeté par les Palestiniens, nombreux sont ceux, surtout dans le Golfe, qui tentent de ménager la chèvre et le chou.

Dans ce plan figure notamment l'annexion par Israël des colonies juives en Cisjordanie, en particulier dans la vallée du Jourdain, qui doit devenir la frontière orientale d'Israël, le fait qu'il assure que Jérusalem restera "la capitale indivisible d'Israël" et propose de créer une capitale de l'Etat palestinien cantonnée dans des faubourgs de Jérusalem-Est, et le fait que les réfugiés palestiniens n’auront pas droit au retour en Israël.



(Repère : État palestinien, réfugiés, colonies, Jérusalem : les principaux points du plan Trump)



Les Emirats ont ainsi estimé que le plan de paix est "un important point de départ pour un retour à la table des négociations" et salué une "initiative sérieuse". "Les Emirats arabes unis apprécient les efforts persistants des Etats-Unis pour parvenir à un accord de paix palestino-israélien", a déclaré leur ambassadeur à Washington Youssef al-Otaïba dans un communiqué diffusé sur Twitter.

Le Qatar a également salué "les efforts visant à parvenir à une paix durable dans les territoires palestiniens occupés" et dit "apprécier les efforts de l'administration américaine pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien", selon l'agence de presse officielle QNA. L'émirat a toutefois "réaffirmé son soutien aux institutions palestiniennes, relevant que la paix ne peut être durable que si le droit des Palestiniens à un Etat souverain ayant Jérusalem-Est (pour capitale) est préservé et le retour des réfugiés est garanti".

Pour sa part, l'Arabie saoudite a "apprécié" les efforts de Donald Trump, appelant à des pourparlers directs entre Israël et les Palestiniens. Tout désaccord avec le plan américain doit être résolu par la négociation "de manière à faire avancer le processus de paix afin de parvenir à un accord qui consacre les droits légitimes du peuple palestinien", a affirmé le ministère saoudien dans un communiqué. "Le royaume apprécie les efforts de l'administration du président Trump d’œuvrer pour un plan de paix complet entre les parties palestinienne et israélienne", a écrit dans le ministère des Affaires étrangères dans un communique publié par la presse d'Etat. De son côté, le roi Salmane d'Arabie saoudite a affirmé son soutien "inébranlable" aux droits des Palestiniens lors d'un entretien téléphonique avec le président palestinien Mahmoud Abbas, a rapporté mercredi l'agence d'Etat saoudienne (SPA). Le roi est du côté des Palestiniens et soutient "leurs choix et ce qui consacre leurs espoirs et aspirations", a indiqué SPA.

L'Egypte a, elle, adopté une position prudente, se contentant d'appeler Israéliens et Palestiniens à un examen "attentif" et "approfondi" du plan. "L'Egypte appelle les deux parties concernées à un examen attentif et approfondi de la vision américaine (...) et à ouvrir des voies de dialogue, sous les auspices des Etats-Unis, pour une reprise des négociations", afin de parvenir à "une paix juste et globale" et "à l'établissement d'un Etat palestinien indépendant", a indiqué Le Caire dans un communiqué.


"Trahison" des pays arabes
D'autres pays arabes ont, en revanche, sévèrement condamné l'initiative de Washington.  La Jordanie a ainsi estimé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, que l'établissement d'un Etat palestinien indépendant sur les frontières de 1967 restait "la seule voie pour une paix globale et durable". Au Liban, les responsables ont rejeté le plan et condamné, notamment, le fait qu'il abolit tout espoir de retour des réfugiés palestiniens installés dans les pays voisins. Le Hezbollah et le chef du Parlement, Nabih Berry, ont par ailleurs accusé certains pays arabes d'avoir "trahi" les Palestiniens. 



(Reportage : Colère à Aïn el-Héloué : « Si les Arabes ne nous avaient pas trahis, Trump n’aurait pas osé annoncer un tel plan »)



La Ligue arabe a pour sa part fustigé le plan de Washington, dénonçant "une importante violation des droits des Palestiniens". "Nous étudions minutieusement la perspective américaine, et sommes ouverts à tous les efforts sérieux en faveur de la paix", a réagi mercredi le secrétaire général de la Ligue, Ahmed Aboul Gheit. Dans un communiqué du siège de la Ligue arabe au Caire, il a jugé toutefois qu'"une lecture préliminaire du plan montre une importante violation des droits légitimes des Palestiniens". Une paix juste et durable ne pourra être atteinte en "ignorant ou en légitimant l'occupation israélienne depuis 1967", a-t-il souligné. Le plan "reflète une position américaine non-contraignante", a-t-il encore dit, estimant que seule sa conformité avec le droit international "permettrait d'évaluer sa pertinence".



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HIJAZI ABDULRAHIM

Il n'y a que deux choses à faire: la ligue arabe et les ministres arabes des affaires étrangères doivent insister dans les rencontres diplomatiques internationales sur un seul objectif : le peuple palestinien est sous occupation. Il faut travailler pour mettre fin à cette occupation.
Quant aux palestiniens de l’intérieur, il ne faut plus perdre du terrain: s'opposer coûte que coûte , et peu importe le prix , à l'établissement de la moindre colonie sur leur terre, à la démolition de leurs maisons et à l'expropriation de leurs terrains.
Sinon, Adieu Palestine. Pendant que Abbas se gargarise de discours , et après 25 ans de négociations de dupes, les israéliens ont volés 50% des terrains revenant aux palestiniens et s’apprêtent avec le plan Trump à voler le reste.

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