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Politique - Contestation

Qui sont les jeunes de Tripoli accusés de prendre part aux violences à Beyrouth ?

Plusieurs parties accusées d’encourager les manifestants du Liban-Nord à se rendre dans la capitale démentent leur implication. Seul le parti Sabaa confirme transporter des protestataires vers le centre-ville.

Les scènes de violence sont devenues quasi quotidiennes dans le centre-ville de Beyrouth. Ibrahim Amro/AFP

Quasi quotidiennement, des bus transportent des manifestants de Tripoli vers Beyrouth, où certains sont accusés de participer aux violences dans le centre-ville. Qui sont ces jeunes de Tripoli et du Liban-Nord qui manifestent dans la capitale et ces accusations sont-elles fondées ?

Jeudi, deux activistes du Liban-Nord ont été interpellés pour avoir été impliqués dans les mouvements de contestation qui tournent à l’émeute dans le centre-ville. Dalia Jabali, activiste membre du parti Sabaa, soupçonnée d’avoir organisé un convoi de protestataires de Tripoli et du Akkar, a été interrogée par la police pendant plus de six heures, selon Jad Dagher, secrétaire général du parti. Son téléphone portable a été confisqué et ne lui a toujours pas été rendu. Joint au téléphone par L’Orient-Le Jour, M. Dagher assure que ces interrogatoires et arrestations de militants de Tripoli et du Liban-Nord visent à terroriser les gens et à les inciter à rester chez eux au lieu de descendre dans la rue. « Le parti Sabaa paie pour les bus qui emmènent ses partisans ou sympathisants du Liban-Nord à Beyrouth pour protester », affirme-t-il avant de poursuivre : « Je ne vois pas en quoi cela constitue-t-il une violation de la loi ! »

De son côté, Waël Hamzé, un activiste tripolitain arrêté jeudi pour avoir pris part aux violences ayant eu lieu dans le centre-ville en début de semaine, a été libéré hier à l’issue d’un sit-in organisé par des militants devant la caserne de Mina, qui réclamaient sa libération immédiate. Dans une vidéo qui a été massivement partagée sur les réseaux sociaux, M. Hamzé avait accusé Dima Jamali, députée du courant du Futur de Tripoli, d’envoyer des casseurs à Beyrouth. Mme Jamali a catégoriquement démenti ces accusations, hier dans un communiqué. L’ancien ministre de la Justice, Achraf Rifi, incriminé dans les messages anonymes ayant circulé sur WhatsApp en début de semaine, avait lui aussi démenti tout lien avec les manifestants et avait affirmé que de telles rumeurs « visent à défigurer et diaboliser le soulèvement populaire ». Les Gardiens de la ville, un groupe de jeunes volontaires tripolitains qui veillent sur la sécurité des manifestants sur la place al-Nour, avait également démenti les rumeurs selon lesquelles il est encouragé par des leaders tripolitains ainsi que par des services de renseignements turcs.

« Des gens pauvres qui en ont marre »

Selon une source sur le terrain, plusieurs groupes d’activistes sont présents à Tripoli : des membres du Parti communiste et des mouvements de gauche, des militants du parti Sabaa ou encore le groupe Li Tarablos (affilié à la Jamaa islamiya). D’après cette source, les deux premiers groupes seraient impliqués dans des actes de vandalisme et les heurts qui opposent les manifestants aux forces de l’ordre à Beyrouth. « Si le parti Sabaa est plutôt discret à cet égard, les communistes, de leur côté, ont tendance à afficher avec fierté leur participation à ce genre de manifestation de la colère », explique cette source. Pour le reste, un grand nombre de manifestants venant de Tripoli ne font pas partie d’un groupe déterminé, mais se livrent à des violences « parce qu’ils n’en peuvent plus » !

« Au bout de 90 jours de manifestations continues, qui ont abouti à la formation d’un gouvernement qui ne répond en rien aux attentes des Libanais, comment veut-on que les gens poursuivent leur protestations à l’aide de marmites ? » lance Jihad Jneid, activiste de gauche originaire de Tripoli. « Ceux qu’on traite de “casseurs” ne sont que des gens pauvres qui en ont marre », ajoute-t-il.

M. Jneid accuse lui aussi le courant du Futur et Achraf Rifi d’envoyer des manifestants de Tripoli protester à Beyrouth dans l’objectif de diaboliser la révolution des Libanais et de nuire à l’image des Tripolitains. « Ce ne sont pas les violences qui nuisent à l’image de notre révolution », nuance M. Jneid avant de poursuivre : « Ce sont les déclarations fortement sectaires émises par ces personnes affirmant que (le Premier ministre) Hassane Diab ne représente pas la rue sunnite qui diabolisent le mouvement de contestation. »

Réagissant à ces accusations, l’ancien député et membre du bureau politique du courant du Futur, Moustapha Allouche, a catégoriquement démenti l’implication de sa formation, appelant les autorités à mener leurs investigations et à arrêter les casseurs quels qu’ils soient, en vue de dévoiler leur identité et de mettre fin aux rumeurs qui circulent. « Nous refusons que les habitants de Tripoli soient accusés de tels actes et soient qualifiés de casseurs », déclare-t-il avant de se demander : « Pourquoi viser à chaque fois les gens de Tripoli alors que les fauteurs de troubles affiliés au tandem chiite (Hezbollah-Amal) ne sont jamais pointés du doigt ? »

Quasi quotidiennement, des bus transportent des manifestants de Tripoli vers Beyrouth, où certains sont accusés de participer aux violences dans le centre-ville. Qui sont ces jeunes de Tripoli et du Liban-Nord qui manifestent dans la capitale et ces accusations sont-elles fondées ? Jeudi, deux activistes du Liban-Nord ont été interpellés pour avoir été impliqués dans les mouvements de...
commentaires (1)

si SABAA ont joue naivement le jeu suspect de certaines personnalites nordistes C dommage, il fallait etre plus subtiles. Si c'est de leur propre intiative C tres Grave surtout qu'ils auraient agi sans meme consulter au prealable ceux partie prenante de LA REVOLTE s'agissant d'une decision d'une telle gravite ! car ca a fini par nous rappeler les voyous de Khandak El ghamik, le centre ville, Riad El Solh et tt recemment devant le conseil du sud. CHOSE IMPARDONNABLE que de donner a la revolte le meme visage haissable que ces derniers.

Gaby SIOUFI

11 h 46, le 25 janvier 2020

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Commentaires (1)

  • si SABAA ont joue naivement le jeu suspect de certaines personnalites nordistes C dommage, il fallait etre plus subtiles. Si c'est de leur propre intiative C tres Grave surtout qu'ils auraient agi sans meme consulter au prealable ceux partie prenante de LA REVOLTE s'agissant d'une decision d'une telle gravite ! car ca a fini par nous rappeler les voyous de Khandak El ghamik, le centre ville, Riad El Solh et tt recemment devant le conseil du sud. CHOSE IMPARDONNABLE que de donner a la revolte le meme visage haissable que ces derniers.

    Gaby SIOUFI

    11 h 46, le 25 janvier 2020

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