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Économie

La LTA espère que la révolte contribuera à la baisse de la corruption au Liban

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La Lebanese Transparency Association (LTA) a présenté hier le rapport de Transparency International (TI), qui place le Liban à la 137e place sur 180 pays étudiés.

24/01/2020

Pour la septième année consécutive, le Liban obtient la note de 28/100 dans le classement établi par Transparency International (TI), une ONG qui se consacre à la lutte contre la corruption dans le monde, selon un rapport rendu public hier. Ce dernier a été présenté lors d’une conférence de presse tenue à Beyrouth par la Lebanese Transparency Association (LTA), antenne libanaise de TI, dans le but de dévoiler l’indice de perception de la corruption dans 180 pays. Cet indice évalue le degré de corruption dans chacun de ces États, qui sont notés de 0 (pour les pays jugés « extrêmement corrompus » ) à 100 (pour les pays « extrêmement intègres » ). Selon le rapport annuel (l’ONG le publie depuis 1995), le Liban occupe la 137e place sur 180. Le pays du Cèdre gagne ainsi une place par rapport à l’année passée, non pas grâce à une amélioration, mais plutôt parce que d’autres pays ont été rétrogradés, comme l’Iran et le Honduras.

Le rapport prend uniquement en compte les données mesurées entre octobre 2018 et octobre 2019, donc avant les manifestations contre la classe politique jugée corrompue qui ont débuté le 17 octobre. Une « révolution (qui) pourrait améliorer la note du Liban », selon Mosbah Majzoub et Julien Courson, respectivement le vice-président et le directeur exécutif de la LTA.

Les deux hommes ont martelé durant cette conférence que, depuis cette date, les citoyens ont pris conscience de l’ampleur des pratiques relevant de la corruption, alors que le sujet a fait à de multiples reprises la une des médias. Dans ce contexte de sensibilisation accrue à ce sujet, au cœur du mouvement de protestation, ils estiment que les citoyens vont être plus attentifs à tout ce qui relève de la corruption, ce qui pourrait rendre le détournement de fonds publics moins facile. C’est pour cela que selon l’organisation, la lutte contre la corruption doit être la priorité du nouveau gouvernement de Hassane Diab nommé mardi, avec lequel l’ONG est en contact, soutenant que la croissance économique va de pair avec une lutte efficace contre la corruption.


(Lire aussi : Au Liban, la pieuvre clientéliste en mal de vivres)



À noter qu’aucun pays n’est « extrêmement intègre » dans le classement de TI, car même le Danemark et la Nouvelle-Zélande, qui se placent sur la première marche du podium mondial avec une note de 87/100, n’ont pas réussi à obtenir une note parfaite de 100. La Finlande se hisse à la seconde position avec une note de 86, suivie par la Suisse, la Suède et Singapour (85 points chacun). Le Liban se place non seulement sous la moyenne mondiale, qui s’élève à 43/100, mais également sous celle des pays arabes (34/100). Le pays du Cèdre se classe 13e sur les 18 pays arabes étudiés, le classement régional étant dominé, comme l’année passée, par les Émirats arabes unis (71 points), le Qatar (62 points) et l’Arabie saoudite (63 points).

Interrogée par la salle au sujet de la disparition du ministère de la Lutte contre la corruption, depuis la formation du gouvernement Hariri III, en février 2019, la LTA martèle que la solution n’est pas dans les institutions publiques, mais plutôt au niveau de la stratégie nationale de lutte contre la corruption que doit suivre le nouveau gouvernement. Cette stratégie a été mise en place vers fin 2018 par l’ancienne ministre d’État pour le Développement administratif, Inaya Ezzeddine, dans le but d’impliquer les institutions publiques dans sa mise en œuvre, mais s’est toutefois heurtée à la résistance de la classe politique.

La LTA a tenu à rappeler que des lois existent, au Liban, concernant la lutte contre la corruption et le renforcement de la transparence, comme la loi sur la protection des lanceurs d’alerte et la loi sur la transparence dans le secteur des hydrocarbures, adoptées en 2018, ainsi que celle sur le droit d’accès à l’information de 2017 – qui permet en principe à tout citoyen de prendre connaissance des données relatives aux dépenses engagées par les différents ministères et institutions publiques – mais qui ne sont toujours pas appliquées.

L’ancienne ministre d’État pour le Développement administratif, Inaya Ezzeddine, avait indiqué fin 2018 que la corruption avait coûté plus de 5 milliards de dollars à l’État cette année-là, citant des données recueillies par ses services. Ce montant représentait environ 9 % du PIB du pays sur cet exercice.



Lire aussi
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Bustros Mitri

Quelles grandes ambitions: la LTA ' ESPERE' , que la révolte ' CONTRIBUERA ' à la baisse de la corruption....
Espère: voeux pieux, sans mordant , sans poursuites judiciaires, s' appuyant sur des actes de foi, et non la force de la loi !
Contribuera a faire baisser: On se contenterait d' une petite amélioration, sous entendu volez moins -mais volez toujours- et puis ON est est tourné vers le futur, on ne viendra donc, surtout pas inquiéter ceux qui ont pillé les coffres...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PARTOUT DANS LE MONDE... ET CHEZ NOUS SPECIALEMENT... LES CLIQUES POLITIQUES SONT LA POUR SUCER LE SANG DES PEUPLES. CHEZ NOUS EN PLUS DE CORROMPUS ET VOLEURS ILS SONT DES INCOMPETENTS ET DES M,ENFOUTISTES.

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