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À La Une - Liban

"La révolution est de retour !" : rassemblement devant le Parlement après une journée d'actions ciblées

Sit-in contre le renouvellement des contrats des opérateurs Alfa et Touch, et le barrage controversé de Bisri.

Des centaines de manifestants se sont rassemblés dimanche devant le Parlement de Beyrouth. Photo Matthieu Karam

Des centaines de manifestants se sont rassemblés dimanche en fin d'après-midi, au 88e jour du mouvement de contestation populaire contre la classe dirigeante, devant le Parlement sous le slogan "La révolution est de retour !"

"Va-t-en Hassane (Diab)", criaient les manifestants devant le Parlement.

"Nous sommes retournés dans la rue parce que nous sommes révoltés. Nous sentons que le gouvernement nous prend pour des bouffons. Je suis chef d'entreprise et je souffre comme tout le monde. Je pourrais peut-être trouver une façon de m'en sortir, mais je suis là pour ceux qui sont démunis. Moi, je vais rester au Liban, mais je descend à la rue en appui à tous les jeunes qui doivent rester ici, et essayer de bâtir un Liban nouveau", affirme à L'Orient-Le Jour une femme d'une cinquantaine d'années.

"Nous continuons (notre mouvement). Qu'ils composent leur gouvernement et que l'on voit ce qu'ils peuvent faire. Nous ne sommes pas là pour boycotter le fonctionnement des institutions", dit de son côté Chadi Mahfouz. "S'ils (les politiques de la classe dirigeante) ont tellement confiance en eux ils n'ont qu'à accepter des élections parlementaires anticipées", ajoute-t-il.

Depuis presque trois mois, les manifestants libanais appellent à la chute de tous les responsables, accusés de corruption et d'incompétence, alors que le pays traverse une grave crise économique et de liquidités. Sous la pression de la rue, le gouvernement de Saad Hariri avait démissionné le 29 octobre. Le 19 décembre, à l'issue de consultations parlementaires, le président Michel Aoun a désigné l'ex-ministre Hassane Diab, appuyé par les partis du 8-Mars, au poste de Premier ministre. Les contestataires rejettent toutefois la nomination de M. Diab qu'ils estiment issu de la même classe politique corrompue dont ils réclament le départ. 

Samedi, la contestation s'était mobilisée à Beyrouth et en province, notamment contre la désignation de l'ancien ministre Hassane Diab au poste de Premier ministre, contre les banques et le "mépris des autorités vis-à-vis de la dignité du peuple".


(Lire aussi : Contrats des opérateurs mobiles : les suites possibles)


Plus tôt durant la journée de dimanche des sit-in ont été organisés à Beyrouth devant le domicile du ministre sortant des Télécoms Mohammad Choucair, contre le renouvellement des contrats des opérateurs mobiles et le projet de barrage dans la vallée de Bisri.

Les contrats de gestion et d’exploitation des opérateurs de téléphonie mobile Alfa (géré par l’égyptien Orascom depuis 2009) et Touch (par le koweïtien Zain depuis 2004) étaient arrivés à expiration le 31 décembre au soir. Le ministre sortant des Télécommunications, Mohammad Choucair, avait estimé avant cette expiration que la prolongation des deux contrats était la seule option envisageable, aucun appel d’offres n’ayant été lancé dans les temps pour les remettre en jeu. La commission parlementaire des Télécoms avait recommandé à l’unanimité, début janvier, de ne pas renouveler ces contrats.

"M. Choucair fait prévaloir les intérêts des deux opérateurs mobile, qui proposent de mauvais services et pratiquent des prix plus élevés que ceux de l’État", a lancé l'activiste Neemat Badreddine, estimant que la prolongation de ces contrats, "qui va à l'encontre de la volonté du chef de l’État, de la commission des Télécoms et des révolutionnaires", était illégale. De son côté, l'avocat Hassan Bazzi a indiqué que plusieurs notes d'information allaient être déposées à la Cour des comptes et auprès du Procureur général.

Les Télécoms sont, depuis le début du mouvement de révolte le 17 octobre, dans le collimateur des manifestants, qui estiment que ce secteur est l'un des plus corrompus du pays. Fin novembre, le procureur financier libanais, le juge Ali Ibrahim, avait engagé des poursuites contre trois anciens ministres des Télécoms, Jamal Jarrah (Courant du Futur de Saad Hariri), Nicolas Sehnaoui (Courant patriotique libre de Gebran Bassil) et Boutros Harb.

Par ailleurs, une trentaine de manifestants se sont rassemblés sur le chantier controversé du barrage de Bisri, selon notre journaliste sur place Patricia Khoder. Dans ce secteur, une arcade datant de l'époque ottomane, fragilisée par des travaux visant à la déplacer en vue de la construction du barrage, s'est effondrée en raison du mauvais temps.

Après plusieurs semaines de mobilisation sur le site, les engins de chantier en avaient été évacués et le projet avait été suspendu. La construction de ce barrage est rejetée par plusieurs groupes d'activistes, qui arguent qu'une fois construite, l'infrastructure va engloutir une vallée au riche patrimoine historique, archéologique et à l'importante biodiversité, sans toutefois améliorer l'approvisionnement en eau vers la capitale. 



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commentaires (4)

Ca paralysera de plus en plus le pays et retardera encore plus les réformes, qui deviendront impossibles , car économiquement nous aurions atteint le point de non-retour !

Chucri Abboud

21 h 32, le 12 janvier 2020

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Commentaires (4)

  • Ca paralysera de plus en plus le pays et retardera encore plus les réformes, qui deviendront impossibles , car économiquement nous aurions atteint le point de non-retour !

    Chucri Abboud

    21 h 32, le 12 janvier 2020

  • S,IL Y A REVOLUTION ELLE DEVRAIT SE FAIRE VOIR ET AGIR SANS REPIT. SINON... HELAS !

    LA LIBRE EXPRESSION.

    19 h 49, le 12 janvier 2020

  • Concernant le projet du barrage. Ce ne sont pas les activistes qui sont les mieux placés techniquement, pour décider des bienfaits ou des méfaits de ce barrage. Il y a des spécialistes, laissons les travailler et décider. Comme toujours, au liban, tout le monde se mêle de tout et aucune avancée ni aucun progrès n'est possible. Dommage.

    Citoyen

    15 h 21, le 12 janvier 2020

  • Mais de grâce! Arrêter les petites actions ciblées de m.... Celui qui vous a pondu cette invention est un traître qui ne cherche qu'à minimiser notre position. Tous au parlement , au centre ville, ou à Baabda! Et en masse Arrêter ces autres petites actions inefficaces....

    Aboumatta

    14 h 38, le 12 janvier 2020

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