Le leader libanais druze Walid Joumblatt. Photo d'archives REUTERS/Philippe Wojazer
Le leader druze libanais et chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a proposé jeudi de nommer le magnat déchu de l'automobile Carlos Ghosn au poste de ministre de l'Energie, alors que certains Libanais, notamment des responsables, estiment que l'ancien patron de Renault-Nissan devrait faire son entrée dans l'arène politique du pays.
"Carlos Ghosn s’est transformé de victime en justicier. C’est presque Saint-Just. En attendant le verdict de la justice implacable japonaise et l’avis de l’état de non droit au Liban, le nommer ministre de l’Energie à la place de la racaille actuelle serait une bonne idée", a écrit en français M. Joumblatt sur sa page Twitter. Dans la traduction en arabe de son tweet, le leader druze ajoute que M. Ghosn a "construit un empire" et qu'"il faut profiter de son expérience".
Carlos Ghosn s’est transformé de victime en justicier.c’est presque St juste .en attendant le verdict de la justice implacable japonaise et l’avis de l’état de non droit au liban le nommer ministre de l’énergie a la place de la racaille actuelle serait une bonne idée #CarlosGhosn pic.twitter.com/iEyUUEI96c
— Walid Joumblatt (@walidjoumblatt) January 9, 2020
Réagissant à ces propos, après son audition au palais de Justice de Beyrouth dans le cadre du mandat d'arrêt émis par Interpol à la demande du Japon, M. Ghosn s'est dit "honoré par le fait que Walid Joumblatt propose" son nom pour le ministère de l'Energie. "Mais ce n'est pas dans mes intentions, a-t-il ajouté dans des déclarations à la LBC. Je ne suis pas un homme politique et je ne veux pas entrer en politique. Je suis prêt à aider le Liban par mon expérience".
M. Ghosn avait été arrêté fin novembre 2018 au Japon et avait passé 130 jours sous les verrous, soupçonné de diverses malversations financières. Depuis fin avril 2019, il était en liberté sous caution avec interdiction formelle de quitter le pays dans l'attente de son procès qui devait s'ouvrir cette année. Mais, fin décembre, dans un scénario hollywoodien autour duquel demeurent plusieurs zones d'ombre et sur lequel M. Ghosn n'a pas voulu s'exprimer mercredi, il a réussi à fuir le Japon pour rejoindre le Liban, un pays dont il a la nationalité.
Mercredi, l'ancien PDG de Renault-Nissan s'était exprimé à Beyrouth pour la première fois de manière publique depuis sa fuite rocambolesque. Il a dénoncé un "coup monté" contre lui et s'est dit décidé à "laver son honneur". Il avait en outre affirmé ne pas avoir d'ambition politique. "Mais si un responsable vient me demander une aide pour améliorer la situation au Liban, je le ferai", avait-il ajouté.
Le Liban connaît depuis le 17 octobre un mouvement de contestation populaire de grande ampleur contre la classe dirigeante, accusée de corruption et d'incompétence, sur fond de grave crise économique et monétaire.
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12 h 25, le 12 janvier 2020