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À La Une - Conférence de presse

Carlos Ghosn a assuré un show sans lever les doutes, estime la presse française

"En choisissant de se planquer au Liban, et non en France dont il est également citoyen, c'est peut-être qu'il espère plus du Liban que de la France où il pourrait également bénéficier d'une Justice équitable mais nettement moins complaisante", estime la République des Pyrénées.

L'ancien patron de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos Ghosn, le 8 janvier 2020 lors de sa conférence de presse à Beyrouth. Photo AFP / JOSEPH EID

L'ancien PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn, qui a dénoncé mercredi un "coup monté" contre lui au Japon, a assuré le "show" lors de sa première apparition publique à Beyrouth, mais n'a pas levé les doutes sur sa culpabilité, estime jeudi la presse française.

"Carlos Ghosn show bouillant au Liban" où il se trouve depuis sa fuite rocambolesque du Japon, écrit Libération en remarquant que l'ex-patron de Renault-Nissan "parle de son dossier comme d'une +affaire politique+ et non pas comme d'un délit de droit commun".

Carlos Ghosn "était presque triomphant, peut-être trop", observe l'éditorialiste de Sud-Ouest, Bruno Dive, selon lequel la "démonstration" n'a pas livré de "révélations fracassantes".

"Sur la forme, on a plus vu un (ex) grand patron revanchard que la victime potentielle d'une erreur judiciaire", analyse Le Journal de la Haute Marne sous la plume de Christophe Bonnefoy.

Le Figaro titre en "une" sur la "contre-attaque" du capitaine d'industrie de 65 ans lors d'une conférence de presse de 2 heures 30. "Pour l'heure, il est enfin parvenu à exprimer sa vérité, celle que l'on refusait d'entendre jusqu'ici. Mais seul un procès en bonne et due forme lui rendrait définitivement son honneur", analyse l'éditorialiste Gaëtan de Capèle.


(Lire aussi : Carlos Ghosn : J’ai senti que j’allais mourir au Japon)



Pour Le Courrier Picard, Carlos Ghosn "a des arguments pour semer le doute". Mais "il en manque aussi pour lever les suspicions qui pèsent sur son avidité", écrit Bertrand Meinnel. "Et son total irrespect des lois, démontré en prenant la fuite, ne plaide certainement pas en sa faveur quant à un usage rapace et personnel des fonds de la multinationale qu'il dirigeait", ajoute l'éditorialiste.

"Victime, accusateur et juge"
Dans les Dernières Nouvelles d'Alsace, Pascal Coquis décèle chez Ghosn un "cynisme" et une "arrogance" qui sont, selon lui, "insupportables".

"Ce que Carlos Ghosn est venu clamer hier au peuple du monde est en fait qu'il est au-dessus des lois. Il veut bien s'expliquer, il l'a dit. À condition que ce ne soit pas devant un tribunal et qu'il choisisse la date, le pays. Le Japon, c'est non, la France peut-être, s'il y a quelques assurances", ricane l'éditorialiste.

"En choisissant de se planquer au Liban, et non en France dont il est également citoyen, c'est peut-être qu'il espère plus du Liban que de la France où il pourrait également bénéficier d'une Justice équitable mais nettement moins complaisante", abonde Jean-Marcel Bouguereau de la République des Pyrénées.

Pour Pascal Ratinaud de La Montagne, Ghosn a été "un mauvais acteur, décevant jusqu'au bout". "Ghosn est victime, accusateur et même juge puisqu'il veut bien se soumettre à +une justice équitable+. Mais coupable de rien. Sinon d'indécence, serions-nous tentés de penser", s'agace-t-il. "Si en plus il pouvait choisir ses juges!" au Brésil, en France ou au Liban où il voudrait être jugé, ironise de son côté Xavier Brouet dans Le Républicain Lorrain.


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L'ancien PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn, qui a dénoncé mercredi un "coup monté" contre lui au Japon, a assuré le "show" lors de sa première apparition publique à Beyrouth, mais n'a pas levé les doutes sur sa culpabilité, estime jeudi la presse française."Carlos Ghosn show bouillant au Liban" où il se trouve depuis sa fuite rocambolesque du Japon, écrit Libération en remarquant...

commentaires (5)

Pendant des millénaires, le Liban a été le refuge des peuples vulnérables. Il le sera aussi pour le libanais Carlos Ghosn.

Esber

03 h 00, le 10 janvier 2020

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Commentaires (5)

  • Pendant des millénaires, le Liban a été le refuge des peuples vulnérables. Il le sera aussi pour le libanais Carlos Ghosn.

    Esber

    03 h 00, le 10 janvier 2020

  • Je vis au Liban mais mon pays d'origine est la France. J'ai été très déçue par les médias français. Ils sont venus je pense avec l'intention de saisir chaque petites phrases qui pourraient être interprétées contre Mr Ghosn. Cet homme a visiblement plus que réussi professionnellement. L'ingratitude et le jugement du gouvernement et du peuple français à son égard me font honte. Effectivement la réussite engendrant des richesses est souvent perçue en France négativement. Jalousie peut-être?! Dommage.

    Sybille S. Hneine

    17 h 05, le 09 janvier 2020

  • Les journalistes français m'ont déçu et fait honte. Ils sont tous tombés dans le cliché du grand méchant patron flamboyant sans vouloir voir le diabolique complot de Nissan que M. Ghosn a pourtant exposé dans le détail. 15 milliards de perdus... ils s'en foutent, ce qui compte c'est de refaire la prise de la Bastille en 35 heures.

    Antoine Eddé

    13 h 22, le 09 janvier 2020

  • La presse française grand tirage n’aime pas les grands patrons qui réussissent. Ce n’est pas mon opinion, c’est purement statistique. C’est pour plaire à la base de leurs lecteurs qui n’aiment pas les riches. On préfère voir les riches s’appauvrir plutôt que de faire en sorte d’enrichir les pauvres.

    Liberté de Penser

    10 h 44, le 09 janvier 2020

  • Bravo Carlos Ghosn ! L' inquisition c' est du passé !

    LeRougeEtLeNoir

    10 h 27, le 09 janvier 2020

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