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Moyen Orient et Monde

Iran/USA : retour à la case départ ?

Commentaire
09/01/2020

On redoutait le pire, et le pire n’est pas arrivé. C’est un sentiment de soulagement qui parcourait hier la région au moment où il est devenu clair que Donald Trump n’allait pas répondre de façon disproportionnée, comme il l’avait pourtant promis quelques jours avant sur Twitter, aux frappes iraniennes qui ont eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi contre deux bases abritant des soldats américains en Irak.

La séquence d’escalade inédite entre les États-Unis et l’Iran qui a débuté avec la mort d’un contracteur américain en Irak à la suite de frappes des Kata’ib Hezbollah le 28 décembre et a connu un pic après l’élimination par les États-Unis du général iranien Kassem Soleimani semble être terminée.


(Lire aussi : Le désengagement militaire du Moyen-Orient, la plaie de Trump ?)


Les deux parties ont joué l’apaisement au cours des dernières heures, confirmant qu’aucune des deux ne souhaitaient s’engager dans un conflit ouvert. Personne n’a perdu la face. Les États-Unis ont éliminé l’atout numéro un de l’Iran dans la région et Téhéran a démontré qu’il était capable de mener des actions spectaculaires contre « l’ennemi » américain. C’est Washington qui sort toutefois renforcé de cet épisode pour au moins deux raisons. D’une part, la réponse iranienne est surtout symbolique, destinée essentiellement à l’audience interne, mais ne peut être mise sur le même plan que l’élimination de Kassem Soleimani. D’autre part, l’équilibre de la dissuasion semble avoir été rétabli, en ce qui concerne en tout cas la ligne rouge de s’en prendre à des citoyens américains.

Pour le reste toutefois, c’est un retour à la case départ avec une situation qui s’est entre-temps dégradée. Les États-Unis n’ont toujours pas de stratégie claire vis-à-vis de l’Iran. On ne sait toujours pas comment ils comptent gérer la contradiction entre la volonté du président américain de se désengager de la région et sa gestion du bras de fer avec l’Iran qui l’oblige à s’y investir encore davantage. Téhéran continue de subir la forte pression américaine liée aux sanctions économiques et il n’y a pas de raison qu’il se laisse désormais se faire étrangler sans réagir. Il ne semble avoir aucune intention de se faire plus discret dans la région et pourrait au contraire durcir sa position face aux manifestations au Liban en Irak et sur la scène interne. Les tensions concernant la présence américaine en Irak ne devraient pas non plus disparaître du jour au lendemain.


(Lire aussi : Les Irakiens, pris en étau entre Washington et Téhéran)



Et, last but not least, aucune alternative à l’accord nucléaire que Donald Trump n’a de cesse de dénoncer n’émerge pour l’instant, faisant naître à nouveau le risque d’un Iran nucléaire ou d’une intervention militaire pour l’empêcher de se doter de la bombe.

On a certes évité pour l’instant la catastrophe mais rien n’est pour autant réglé. Donald Trump veut un nouvel accord qui réglerait, outre la question du nucléaire, celle des missiles balistiques et de la politique iranienne au Moyen-Orient. Côté iranien, il est hors de question de discuter de ces sujets, d’autant plus si les États-Unis ne lèvent pas leurs sanctions à son encontre. La solution la plus raisonnable semble encore être celle de la France qui propose à toutes les parties de rester dans l’accord nucléaire mais de compléter celui-ci avec un autre accord concernant les missiles et les milices. L’initiative est toutefois tributaire d’un minimum de confiance entre les deux parties. On en est loin.


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Pierre Hadjigeorgiou

Sans vouloir faire de la peine a personne, les USA ont remporte une nette victoire politique a l’encontre de tous les petits trouble fêtes de la région.
En 2019, les Américains ont démontré qu'ils ne permettraient plus a personne d'utiliser les citoyens Américains comme otage a des fins politique. La Turquie en a fait les frais et ne s'en est toujours pas remise.
Avec l’élimination de Souleymani, les Etats unis démontrent qu'ils n’hésiteront plus a user de la force si nécessaire ouvrant la porte a l’élimination de tout Souleymani qui qu'il soit et ou qu'il soit. Du coup l'Iran n'a bombardé que les pâturages autour des bases de peur des sévères représailles prévues qui risquaient d'imploser l'Iran dans sa situation de fronde actuelle.
La référence faite par Trump sur les 52 sites a frapper en Iran n’était pas un hasard mais représente bien le nombre des otages retenus par L'Iran du temps de Carter en 1979.
A lire les différents média, il me semble que le message US a été bien reçu d'ou la décision de l'Iran de se satisfaire de la destruction de la pelouse autour des deux bases.
De toute manière, si Trump en rajoute coté sanction, l'Iran va couler avant fin 2020.
J’espère que Hassouna va se réveiller et tenter de sauver le Liban de sa bêtise politique et guerrière inutile.

Bashir Karim

Même si je déteste le bonhomme, il faut avouer qu’il a gagné sur toute la ligne. La vengeance divine a accouché d’une toute petite souris.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ON EST VRAIMENT A LA CASE DE DEPART. LA CONFIANCE Y FAIT ENORMEMENT DEFAUT ENTRE LES DEUX BELLIGERANTS. L,IRAN CONTINUE DE PROVOQUER LES PAYS DE LA REGION EN S,IMISCANT DANS LEURS AFFAIRES INTERIEURES Y SEMANT L,INSECURITE PAR ACCESSOIRES INTERPOSES ET LES INTERNATIONAUX PAR SES ESSAIS BALISTIQUES ET SA POLITIQUE D,INSTABILITE AU M.O. ET POUR ETRE PLUS PRECIS MONDIALEMENT PAR SES ASPIRATIONS NUCLEAIRES.

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