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Journée d'action des opposants à la contestation dans le centre-ville de Beyrouth

Liban

Affrontement à distance entre ces jeunes partisans et les forces de l'ordre au Ring ; des affiches pro-révolte incendiées. 

OLJ
14/12/2019

Quelques heures avant la répression violente des manifestants par les forces de l'ordre, à un point d'accès du Parlement, dans le centre-ville de Beyrouth, centre névralgique du mouvement inédit de contestation contre la classe dirigeante accusée d'incompétente et de corruption, a été le théâtre samedi après-midi de plusieurs actions hostiles de la part d'opposants à la révolte, partisans du tandem chiite.

En fin d'après-midi, des deux côtés du pont du Ring, un face-à-face tendu a opposé entre 16 et 17 heures des dizaines d'individus rassemblés rue Tyane, dans le quartier de Khandak el-Ghamik, considéré comme un bastion du Hezbollah et du mouvement Amal, aux policiers anti-émeutes postés près de l'hôtel Markazia, non loin de la place Riad el- Solh.


AFP / ANWAR AMRO

Aux jets de pierre et d'engins pyrotechniques des fauteurs de trouble qui faisaient des doigts d'honneur, la police a répondu par des tirs de gaz lacrymogène et des mouvements de troupe, les contraignant à battre en retraite. 



Selon la Croix-Rouge libanaise, un agent des Forces de sécurité intérieure a été blessé et transporté à l'hôpital. De son côté, la Défense civile a indiqué avoir transporté deux blessés issus des rangs des FSI.

Après la prière, des imams, des responsables du Hezbollah et du mouvement Amal et des agents des services de renseignement de l'armée libanaise sont descendus dans les rues du quartier de Khandak el-Ghamik pour tenter d'apaiser la situation. 

Les caméras de télévision ont capté un dialogue entre un habitant de Khandak el-Ghamik et un responsable des FSI. "Les fauteurs de trouble ne sont pas originaires du quartier. Nous n'avons rien à voir avec ces affrontements. Il faut régler la situation", a déclaré cet habitant. "La situation sera réglée", a assuré le responsable sécuritaire.



(Lire aussi : Nous sommes tous libanais (oui, tous))



Dès 16 heures, des dizaines d'individus venus de Khandak el-Ghamik avaient tenté de pénétrer dans le secteur où la contestation a installé ses tentes dans le centre-ville de la capitale, mais ils en ont été empêchés par la police anti-émeutes, avec le soutien de l'armée. Ces fauteurs de trouble avaient notamment tenté d'entrer dans le parking des Lazaristes, sur la place des Martyrs, où une marche de solidarité devait avoir lieu après l'incendie du "Civic Influence Hub" (CIH), qui a accueilli de nombreux débats depuis le début de la révolution d’octobre, avant d'être annulée par ses organisateurs après des menaces proférées sur les réseaux sociaux.

Dans d'autres rues du centre-ville de Beyrouth, des individus incendié des affiches pro-révolutionnaires.



Plus tôt dans l'après-midi, une tente installée par des manifestants dans le quartier de Souk el-Khan, à Hasbaya (Liban-Sud), a été détruite par des inconnus.

Depuis le début du mouvement de révolte contre la classe dirigeante au Liban, des personnes anonymes, parfois identifiées comme proches des partis du tandem chiite, détruisent les infrastructures établies par les différentes organisations du mouvement de contestation.

Les manifestations de masse qui secouent le Liban pour dénoncer une classe politique accusée de corruption et d'incompétence se tiennent généralement dans le calme. Mais ces dernières semaines, les accrochages se sont multipliés. A plusieurs reprises, des partisans du Hezbollah et d'Amal s'en sont pris à des rassemblements de la contestation, à Beyrouth, mais aussi à Tyr ou Baalbeck, deux grands bastions des partis chiites. Cette semaine, l'armée et la police ont aussi eu recours à la force pour disperser des contestataires.

Vendredi, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait appelé ses partisans à la retenue, réclamant de "la maîtrise de soi" et de la "patience".



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