Liban

Quatre manifestants arrêtés à l’aube à Jounieh, libérés en soirée

Coupure des routes au Akkar. Photo ANI

Les quatre manifestants (Jad Nasreddine, Carlos Zogheib, Gilbert Asseily et Élie Haykal) arrêtés pour avoir bloqué plusieurs routes hier à l’aube ont été libérés à 20h. Appréhendés alors qu’ils tentaient de fermer les routes de Zouk Mosbeh et Jounieh, ils ont été détenus sur ordre de la procureure générale près du Mont-Liban, Ghada Aoun, dans la caserne de Sarba, avant d’être transférés à la gendarmerie (sérail de Jounieh) où ils étaient supposés passer la nuit.

Plusieurs manifestants rassemblés devant le sérail de Jounieh et la caserne de Sarba pour réclamer leur libération s’étaient vu interdire par les forces de sécurité et les forces antiémeute déployées sur place d’entrer dans la cour du sérail. Ils ont alors coupé l’autoroute de Jounieh pour protester contre l’arrestation de leurs camarades et faire pression afin qu’ils ne passent pas la nuit en détention.

En soirée, les protestataires ont été rejoints par le nouveau bâtonnier de Beyrouth, Melhem Khalaf, dont l’élection a été considérée comme l’une des victoires du mouvement de contestation contre le pouvoir accusé d’incompétence et de corruption. M. Khalaf a pu voir les quatre manifestants peu avant leur libération. « Nous sommes devant un principe légal selon lequel l’arrestation préventive n’est pas une sanction et ne peut pas être transformée en sanction. Nous n’avons pas le droit d’en dire plus, je ne suis pas juge mais je respecte sa décision », a-t-il dit.

À Beyrouth, des manifestants ont également coupé en soirée les routes de Kantari et Clemenceau-Bab Idriss en guise de solidarité avec les détenus de Sarba et les manifestants à Mina et Tripoli, qui s’étaient mobilisés toute la journée après la mort de deux personnes dans l’effondrement d’un pan de plafond d’un vieux bâtiment dans le quartier al-Andalous. À Batroun, des pneus ont été incendiés dans le tunnel de Hamate fermé au trafic, qui a provoqué des embouteillages monstres sur de longues distances, avant que la Défense civile n’intervienne en présence des forces de l’ordre. Au Akkar également, plusieurs routes ont été coupées par des manifestants solidaires.

L’arrestation pendant de longues heures des quatre jeunes a été fustigée par plusieurs personnalités politiques, notamment Georges Okaïs et Chawki Daccache, députés des Forces libanaises.

« Je n’imaginais pas que le temps de la tutelle, de la répression des libertés et de la justice politisée était revenu », a écrit M. Daccache dans un tweet. « Plutôt que de se soucier de former un gouvernement, on arrête des jeunes libres. Je n’ai pas compris comment la procureure du Mont-Liban ordonne leur arrestation avant qu’elle ne reçoive leurs dépositions », a-t-il ajouté.

M. Okaïs a affirmé à cet égard que la situation d’un « juge dont la neutralité et la sagesse sont douteuses requiert de reconsidérer le maintien à son poste ».


Les quatre manifestants (Jad Nasreddine, Carlos Zogheib, Gilbert Asseily et Élie Haykal) arrêtés pour avoir bloqué plusieurs routes hier à l’aube ont été libérés à 20h. Appréhendés alors qu’ils tentaient de fermer les routes de Zouk Mosbeh et Jounieh, ils ont été détenus sur ordre de la procureure générale près du Mont-Liban, Ghada Aoun, dans la caserne de Sarba, avant...

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