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Réunion du GIS

Un appel à la formation d'un gouvernement au Liban sera lancé mercredi à Paris

"Le but est d'inciter les autorités libanaises à la fois à prendre conscience de la gravité de la situation (...) parce que tout retard va continuer à aggraver la situation", affirme Le Drian.

Jean-Yves Le Drian, chef de la diplomatie française le 9 décembre 2019 à Paris. AFP / LUDOVIC MARIN

Les membres du Groupe international de soutien au Liban qui se réuniront mercredi à Paris lanceront un appel à la formation rapide d'un gouvernement, a annoncé mardi le ministre français des Affaires étrangères, alors que le mouvement de contestation entre bientôt dans son troisième mois et que les négociations pour la constitution du cabinet sont au point mort.

"Le but est d’inciter les autorités libanaises à prendre conscience de la gravité de la situation et de leur proposer d’avancer vers les réformes – puisque les autorités libanaises seront représentées – mais aussi de prendre conscience de l’appel de la rue et des Libanais qui manifestent régulièrement depuis le 17 octobre. Il s’agit d’un mouvement de contestation qui s’installe dans la durée et qu’il faut écouter, a déclaré Jean-Yves Le Drian, qui recevait le porte-parole de la diplomatie européenne, Josep Borrell. Il faut aussi faire en sorte que les autorités libanaises puissent aboutir à former un gouvernement rapidement parce que tout retard va continuer à aggraver la situation ; un gouvernement qui puisse engager les réformes dont ce pays a besoin". Et de poursuivre : "Nous nous étions déjà réunis ici en avril 2018 à l’initiative de la France avec de nombreux acteurs dans le cadre de la CEDRE, et nous avions à ce moment-là mobilisé des montants significatifs d’aides financières sous réserve que les réformes nécessaires puissent se mettre en œuvre et puissent être constatées. Pour l’instant nous en sommes restés là, puisque ni les réformes, ni la stabilité n’ont été au rendez-vous. C’est donc un appel fort que nous allons formuler demain à destination de tous ceux qui peuvent agir pour que le Liban puisse retrouver de la stabilité."


Les participants
La réunion du Groupe international de soutien au Liban (créé en 2013 et incluant les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que l’Allemagne, l’Italie, l’Union européenne, l’ONU et la Ligue arabe) devrait se tenir sous la présidence de Jean-Yves Le Drian. Y seront également présents le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Houssam Zaki, ainsi qu’un représentant du secrétaire général des Nations unies et l’ambassadeur de la Ligue arabe à Paris, Boutros Assaker, selon l’agence locale al-Markaziya, qui souligne aussi que des représentants de l’Égypte, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Fonds monétaire international et d’institutions financières arabes prendront également part à la réunion.

La délégation libanaise à la conférence devait être présidée par le directeur général de la présidence de la République, Antoine Choucair. Toutefois, le décès de son père l’empêchera de se rendre à Paris. Cette tâche sera donc confiée à Hani Chmaytelli, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, confie à L’Orient-Le Jour une source diplomatique libanaise. Selon elle, la délégation devrait notamment inclure le directeur général du ministère des Finances, Alain Bifani, la conseillère pour les affaires économiques du Premier ministre démissionnaire Saad Hariri, Hazar Caracalla, et le directeur exécutif au sein de la Banque du Liban, Raja Abou Asli.


Pas "une conférence de donateurs"
C’est un "signal fort de l’engagement à aider le Liban" – pour reprendre les termes du coordinateur spécial de l’ONU au Liban Jan Kubis, reçu lundi par le chef de l’État Michel Aoun – que la communauté internationale devrait adresser demain depuis Paris. La réunion du GIS devra appeler à la formation d’un gouvernement "efficace et crédible", avait-il également précisé.

M. Kubis a dans ce même contexte été reçu mardi par le président du Parlement Nabih Berry à Aïn el-Tiné. Ce dernier s'est dit, lors de la réunion, "optimiste" quant à la conférence de Paris. Il a affirmé à son invité que "le Parlement est sur le point d'adopter le budget pour l'exercice 2020", dont le texte est actuellement revu par la commission des Finances. Cette adoption a été favorablement accueillie par le responsable onusien, qui a affirmé qu'il la rapporterait aux différentes parties qui se réuniront demain. 

Selon notre correspondant à Paris, Élie Masboungi, citant une source proche du Quai d’Orsay, il n’y aura pas de "chèque en blanc" pour les responsables libanais. "Les participants à la réunion réaffirmeront leur volonté d’aider le Liban. Mais ils attendront la mise sur pied d’un gouvernement avec un programme (de réformes) et un début de concrétisation du plan de lutte contre la corruption, et une feuille de route claire", a ajouté la source citée.

Interrogé mardi par l'agence de presse Reuters, Nadim Mounla, conseiller de Saad Hariri, a indiqué que la réunion ne sera pas "une conférence de donateurs". Cette conférence vise à afficher son soutien au Liban et à reconnaître la crise de liquidités inédite dont souffre le pays, a-t-il souligné. Les participants "reconnaîtront qu'il y a un problème à court-terme et que lorsqu'un gouvernement qui répond aux aspirations du peuple sera formé, la communauté internationale sera prête à s'impliquer et offrir son soutien au Liban", a estimé M. Mounla.  Concernant la crise gouvernementale, Nadim Mounla a appelé à "attendre quelques jours pour voir si un accord peut être trouvé entre les formations politiques sinon, cela risque de prendre beaucoup plus de temps".

Le leader druze Walid Joumblatt a de son côté estimé sur son compte Twitter que la conférence de Paris pourrait être "la dernière chance pour le Liban, afin de mettre un terme à la régression pour ne pas dire l'effondrement".

Le gouvernement de Saad Hariri avait démissionné le 29 octobre, sous la pression de la rue. Les consultations parlementaires contraignantes en vue de nommer un Premier ministre, qui étaient prévues lundi, ont été reportées d'une semaine après le désistement de Samir Khatib - jusque là donné favori pour diriger le prochain cabinet - au profit d'un retour de M. Hariri. La situation économique et financière du Liban, très précaire avant le début de la contestation, le 17 octobre, s'est profondément dégradée depuis. La Banque mondiale prévoit une récession économique pour 2019 avec un recul du Produit intérieur brut de 0,2%. Environ un tiers des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté, selon l'organisation, tandis que le chômage, qui atteint plus de 30% chez les jeunes, n'a eu de cesse de grimper ces dernières années.


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Les membres du Groupe international de soutien au Liban qui se réuniront mercredi à Paris lanceront un appel à la formation rapide d'un gouvernement, a annoncé mardi le ministre français des Affaires étrangères, alors que le mouvement de contestation entre bientôt dans son troisième mois et que les négociations pour la constitution du cabinet sont au point mort.

"Le...

commentaires (4)

CEUX QUI ESPERENT EN UN GOUVERNEMENT PROMPT AU LIBAN REVENT. LA CONTESTATIONS OU REVOLTE DEVRAIT SE TRANSFORMER EN VRAIE REVOLUTION ET JE NE VOIS PAS QUAND NI COMMENT. LE CPL EST L,ACCUSE AVANT TOUT DEVANT LA CHRETIENTE ET PUIS DEVANT LE PAYS CAR SERVANT DE PARAVENT A L,HEGEMONIE PERSE.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

19 h 49, le 10 décembre 2019

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Commentaires (4)

  • CEUX QUI ESPERENT EN UN GOUVERNEMENT PROMPT AU LIBAN REVENT. LA CONTESTATIONS OU REVOLTE DEVRAIT SE TRANSFORMER EN VRAIE REVOLUTION ET JE NE VOIS PAS QUAND NI COMMENT. LE CPL EST L,ACCUSE AVANT TOUT DEVANT LA CHRETIENTE ET PUIS DEVANT LE PAYS CAR SERVANT DE PARAVENT A L,HEGEMONIE PERSE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 49, le 10 décembre 2019

  • A quoi sert d'appeler des sourds?

    Chahine

    17 h 41, le 10 décembre 2019

  • On n’a pas honte d’être continuellement les mendiants? Tout ça pour enrichir quelques uns? Nos citoyens excellent partout dans le monde, notre pays a tous les atouts pour redevenir un pays riche et respectable. Un peu de fierté bien placée que diable et arrêtons de glorifier des « martyrs de causes étrangères ». Kellon ya3né kellon.

    Bashir Karim

    16 h 12, le 10 décembre 2019

  • Un appel qui tombera dans l'oreille d'un sourd. Celui qui n'entend pas la voix du peuple qui crie à sa porte comment entendrait-il celle des participants à cette réunion? "tout retard va continuer à aggraver la situation". C'est une évidence, sauf pour le pouvoir libanais, ou bien il s'en fiche complètement ! Ce qui est urgent, pour lui, ce n'est pas la nomination d'un premier ministre : on a attendu un mois et demi, on peut bien attendre encore un mois ou un an! Non, ce qui est important, c'est de discuter avec les uns et les autres, de se "concerter", de marchander. Il faut bien que chacun ait sa part du gâteau, tout de même ! Quant au peuple, il peut bien continuer à rouspéter, à hurler, les pères de famille endettés à se suicider, en quoi les gens au pouvoir peuvent-ils se sentir concernés ? Du moment que l'on ne touche pas à leurs privilèges, tout va très bien !

    Yves Prevost

    15 h 29, le 10 décembre 2019