Rechercher
Rechercher

À La Une - Liban

Dima Sadek annonce sa démission de la LBCI

La journaliste affirme avoir été mise à l'écart par la direction de la chaîne en raison de ses tweets au sujet du Palais de Baabda.

Photo D.R.

Dima Sadek, journaliste vedette de la LBCI et engagée avec le mouvement de contestation contre le pouvoir, a annoncé lundi soir, sur Twitter, sa démission de la chaîne.

"Il y a trois semaines, j'ai été mise à l'écart par la chaîne au sein de laquelle je travaille en raison d'une faute administrative. Des excuses ont été faites pour cette faute et j'ai accepté ma punition en toute responsabilité. Sauf que l'administration n'a pas précisé la durée et la nature de cette punition. J'ai continué à être mise à l'écart sans aucune raison convaincante. Après cela, j'ai rencontré Pierre Daher (PDG de la LBCI) qui m'a expliqué que le problème n'était pas seulement la faute administrative, mais aussi la nature de mes tweets, précisément ceux qui concernent Baabda, et les informations que j'ai données au sujet du palais de Baabda (et que personne n'a pu démentir). Il m'a demandé d'arrêter (les tweets) en me promettant mon retour. Sauf que ce retour s'est limité à une lecture des nouvelles en me tenant complètement à l'écart des programmes politiques et mes tweets ont été placés sous surveillance. J'ai protesté. Puis mon téléphone portable a été volé (lundi soir, lors de manifestations sur la voie express du) Ring (où elle se trouvait) et la chaîne a décidé d'arrêter la diffusion (en direct) sans s'enquérir sur mon sort. Les raisons de cette mise à l'écart sont politiques, chose que je n'accepte pas en temps de révolution ou n'importe quel autre temps. La direction a affirmé tenir à moi tout en maintenant ma mise à l'écart du direct. J'annonce ma démission de la LBCI. Merci", a-t-elle écrit dans un long message diffusé sur son compte Twitter. 


Dans plusieurs tweets, la journaliste avait notamment révélé que le chef du Courant patriotique libre (CPL), également ministre sortant des Affaires étrangères et gendre du président Michel Aoun, Gebran Bassil, s'était installé au palais de Baabda. Elle avait aussi révélé après la démission du Premier ministre Saad Hariri, que ce dernier avait proposé au chef de l'Etat une composition de gouvernement sans M. Bassil, cible privilégiée des protestataires. M. Aoun, qui a accepté la formule, l'a ensuite rejetée après s'être entretenu durant trente minutes avec son gendre, toujours selon les révélations de Mme Sadek. 

La journaliste est constamment sous les feux des critiques des partisans du Hezbollah et du CPL. Ses opinions sont souvent dirigées à l’encontre de "l’esprit raciste" qui marque, selon certains observateurs, le discours du CPL.

Hier, l’association Journalistes contre la violence a condamné le vol, dans la nuit de dimanche à lundi, du téléphone portable de Mme Sadek alors qu'elle se trouvait sur le Ring. "Il s’agit d’un plan visant à terroriser Mme Sadek, à s’informer sur son travail avec la LBCI ainsi que sur sa vie familiale et professionnelle", a indiqué l’association dans un communiqué.

La semaine dernière comme cela a été le cas pour plusieurs autres journalistes, le numéro portable de Mme Sadek avait été rendu public sur les réseaux sociaux. "Mon numéro de téléphone a été rendu public, avec un appel aux internautes pour que je sois insultée de manière continue", avait-elle révélé sur son compte Facebook. Elle a ensuite publié des captures d’écran de certaines des insultes reçues sur son téléphone. Victime aussi de ce harcèlement, sur son propre compte, en raison des prises de position de sa fille, la mère de la journaliste avait alors dû être hospitalisée, victime d’un malaise.

En juin, elle avait été violemment agressée sur les réseaux sociaux. "Vous méritez qu’on vous viole. Y a-t-il quelqu’un de plus sale que vous?" lui avait alors écrit un twitto. 


Dima Sadek est originaire de Khiam (Liban-Sud). Elle a fait des études de sciences politiques à l'Université Saint Joseph, et a commencé sa carrière à la télévision en 2007. Elle avait rejoint la LBCI en 2011.


Lire aussi

Dima Sadek, une main de velours dans un gant de fer


Dima Sadek, journaliste vedette de la LBCI et engagée avec le mouvement de contestation contre le pouvoir, a annoncé lundi soir, sur Twitter, sa démission de la chaîne."Il y a trois semaines, j'ai été mise à l'écart par la chaîne au sein de laquelle je travaille en raison d'une faute administrative. Des excuses ont été faites pour cette faute et j'ai accepté ma punition en toute...

commentaires (10)

Le niveau des libertés d'un pays révèle la nature du pouvoir. Les nôtres se réduisent comme peau de chagrin ce qui signifie que le pouvoir -corrompu depuis trente ans- se transforme par dessus le marché (s'est transformé) en dictature, un jour qui sait, théocratique.

Paul-René Safa

11 h 14, le 08 décembre 2019

Tous les commentaires

Commentaires (10)

  • Le niveau des libertés d'un pays révèle la nature du pouvoir. Les nôtres se réduisent comme peau de chagrin ce qui signifie que le pouvoir -corrompu depuis trente ans- se transforme par dessus le marché (s'est transformé) en dictature, un jour qui sait, théocratique.

    Paul-René Safa

    11 h 14, le 08 décembre 2019

  • J'apprends que Gebran Bassil s'est installé à Baabda pendant que ses propriétés foncières ne se comptent plus car elles augmentent tous les jours. C'est à vomir ! PS ; Être à vomir c'est l'image d'une personne dont l'altitude politique est tellement dégoûtante qu'elle donne envie de vomir. (Le dictionnaire). Merci et Bravo Dima Sadek, vous êtes la fierté des Libanais.

    Honneur et Patrie

    12 h 31, le 26 novembre 2019

  • Que voulez-vous, Dima Sadek, notre Liban glisse de plus en plus vers une province iranienne, avec ses méthodes de "gouvernance", disons plutôt de dictature liberticide. Il y en a plein chez nous qui se pâment d'admiration devant ses actions faites, aussi, au nom d'un "dieu" chiite. Dima, restez courageuse et gardez votre personnalité, qui fait verdir de jalousie et d'envie ceux qui n'en ont justement pas du tout ! Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 16, le 26 novembre 2019

  • Alors que Dima Sadek (que je ne connais pas) dénonce la campagne de harcèlement dont elle est victime en tant que journaliste vous ne trouvez rien de mieux à faire que d’y contribuer. Il serait souhaitable que les modérateurs de l’Orient-Le-Jour veillent à ce que cette Tribune libre soit utilisée pour favoriser le débat d’idées et non pas pour des attaques personnelles qui n’apportent rien aux autres lecteurs.

    SFEIR Jihane

    09 h 14, le 26 novembre 2019

  • Trop de saleté partout et de tous les côtés , on ne sait plus où donner de la tête

    Chucri Abboud

    09 h 11, le 26 novembre 2019

  • SON EMPLOYEUR LA VOULAIT : SOIS BELLE ET TAIS-TOI !

    CENSURE GRAND PROBLEME POUR REABONNEMENT + SOUTIEN

    09 h 06, le 26 novembre 2019

  • Et surtout sa relation avec Roy qui lui donnais ttes les informations.......

    Nicolas nicolas

    08 h 37, le 26 novembre 2019

  • Dima Sadek les horizons de liberté sont assez larges . Bonne chance et qui sait si la MTV sera encore chanceuse cette fois-ci pour vous inviter à la rejoindre. .

    Antoine Sabbagha

    08 h 27, le 26 novembre 2019

  • Dommage pour la lbc

    Bunny Keriakos

    05 h 58, le 26 novembre 2019

  • Son portable volé l'a été par ses ex employeurs, faut le croire. Pourquoi a t elle alors accusé un élément du hezb libanais de la résistance de l'avoir fait? Elle mérite sa mise à l'écart .

    FRIK-A-FRAK

    02 h 03, le 26 novembre 2019

Retour en haut