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À La Une - Liban

La situation économique libanaise "pourrait encore empirer", prévient la Banque mondiale

Le directeur régional de la BM appelle Aoun à prendre d'urgence des mesures crédibles pour restaurer la confiance en l'économie libanaise. 

Le président libanais, Michel Aoun (au centre sur la photo), lors d'une réunion avec le directeur régional de la BM pour le Moyen-Orient, Saroj Kumar Jha, et le coordinateur spécial de l'ONU pour le Liban, Jan Kubis, le 6 novembre 2019. Photo Dalati et Nohra

La Banque mondiale (BM) a appelé mercredi à la formation rapide d'un nouveau gouvernement "répondant aux attentes des Libanais", et mis en garde contre une situation économique "très grave qui risque encore d'empirer". La BM prévoit également une récession "plus importante que prévue".

Ces déclarations de l'organisation internationale interviennent alors que le Liban est entré dans son 21e jour de révolte et connaît un certain immobilisme politique depuis la démission du gouvernement de Saad Hariri, le 29 octobre. 

"Le Liban est en grande difficulté économique, financière et sociale et la situation pourrait encore empirer", a souligné dans un communiqué le directeur régional de la BM pour le Moyen-Orient, Saroj Kumar Jha, à l'issue d'une réunion avec le président libanais, Michel Aoun. Il a souligné avoir, lors de son entretien avec le chef de l'Etat, "mis en avant le fait que des mesures crédibles doivent être prises d'urgence pour restaurer la confiance en l'économie et répondre aux attentes du peuple libanais". 


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"Augmentation de la pauvreté et du chômage"
Saroj Kumar Jha a encore estimé que "le Liban ne doit plus perdre de temps pour trouver une solution à certains problèmes", indiquant que "si la situation politique attire le plus d'attention, la situation économique comporte plus de risques". "Avec chaque jour qui passe, la situation devient de plus en plus délicate, ce qui fait de tout retour à la normale un grand défi", ajoute le texte. 

"La BM avait projeté une petite récession en 2019, avec une croissance négative de -0,2%, mais désormais nous nous attendons à une récession beaucoup plus importante, en raison des pressions économiques et financières sur le pays", a indiqué le directeur régional. Il a souligné que "la baisse de confiance dans l'économie libanaise cause une plus grande dollarisation des dépôts, ce qui nuit grandement aux bilans des banques et de la Banque centrale". Au niveau social, il a estimé que si la situation actuelle empirait, "le taux de pauvreté pourrait atteindre 50%" et le taux de chômage augmenter, notamment au niveau des jeunes.


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Un gouvernement qui répond aux attentes des Libanais
"Il faut urgemment mettre un terme à la crise économique émergente et restaurer la confiance dans l'économie", a martelé Saroj Kumar Jha, qui a exhorté le futur gouvernement à "intervenir pour protéger les classes pauvres et moyennes contre les effets négatifs d'ajustements économiques éventuels". Dans ce cadre, "la formation rapide d'un gouvernement répondant aux attentes des Libanais est l'étape la plus urgente à accomplir, bien que cela reste la première étape" d'une longue procédure, selon lui. Il a insisté sur l'importance d'"améliorer les perspectives de croissance du Liban via des investissements, des créations d'emplois, le redressement des inégalités sociales et la lutte contre la corruption". 

"La Banque mondiale est prête à coopérer avec la communauté internationale pour offrir tout le soutien possible à tout nouveau cabinet qui s'engage à faire preuve de bonne gouvernance et à créer de nouvelles opportunités pour tous les Libanais et surtout les jeunes et les femmes", ajoute le texte. 


17 dossiers de corruption 
De son côté, le président Aoun a indiqué au directeur régional de la Banque mondiale, que "des enquêtes sont en cours concernant des responsables actuels et anciens" accusés de corruption, assurant qu'"aucune exception ne sera faite" pour juger les personnes impliquées. Il a ajouté, selon des propos rapportés par le compte Twitter de la présidence, que 17 dossiers de corruption ont été ouverts par la justice et font l'objet d'enquêtes. Concernant le futur gouvernement, le chef de l’État a précisé qu'il sera formé de "ministres compétents qui ne sont pas suspectés de corruption".

Depuis le 17 octobre, le Liban connaît une contestation inédite ayant paralysé le pays avec la fermeture, durant les deux premières semaines, des banques, écoles et universités. Sous la pression de la rue, le Premier ministre Saad Hariri a démissionné le 29 octobre mais les concertations pour la formation d'un nouveau cabinet n'avancent pas depuis, exacerbant la colère des manifestants.

Mardi, un mois après avoir adressé un ultimatum aux dirigeants libanais, l'agence de notation Moody’s avait dégradé la notation souveraine du Liban de "Caa1" à "Caa2", tout en renouvelant la période de mise sous surveillance du pays. C’est la deuxième fois cette année que Moody’s dégrade la note du pays, après un premier abaissement en janvier. L’agence de notation financière américaine, l’une des trois principales avec Fitch et Standard & Poor’s (S&P), avait justifié sa décision en invoquant la possibilité "accrue" que le pays procède à un "rééchelonnement de la dette ou toute autre opération de gestion de passif qui constitue un défaut", selon sa définition.

Le Liban croule sous une dette de 86 milliards de dollars, soit 150% du PIB, l'un des ratios les plus élevés mondialement.


Pour mémoire
Réouverture des banques : beaucoup de pression mais pas de panique


La Banque mondiale (BM) a appelé mercredi à la formation rapide d'un nouveau gouvernement "répondant aux attentes des Libanais", et mis en garde contre une situation économique "très grave qui risque encore d'empirer". La BM prévoit également une récession "plus importante que prévue".Ces déclarations de l'organisation internationale interviennent alors que le Liban est entré dans son...

commentaires (9)

Et à bon entendeur salut . Mais avant la situation économique nos responsables veulent savoir avant tout le sexe ds anges . Triste pays .

Antoine Sabbagha

19 h 04, le 06 novembre 2019

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Commentaires (9)

  • Et à bon entendeur salut . Mais avant la situation économique nos responsables veulent savoir avant tout le sexe ds anges . Triste pays .

    Antoine Sabbagha

    19 h 04, le 06 novembre 2019

  • Ouf! Heureusement qu'on a la photo où tous sourient aux mauvaises nouvelles. Ça nous donne la satisfaction d'avoir confirmer, sans aucun doute qu'ils ont tous perdu le nord!!!

    Wlek Sanferlou

    18 h 49, le 06 novembre 2019

  • LA BANQUE MONDIALE EMET SUR UNE ONDE POSITIVE ET NOS ABRUTIS RECEPTIONNENT SUR DES ONDES NEGATIVES.

    L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION

    17 h 44, le 06 novembre 2019

  • Le pays est au fond du gouffre...et il arrive quand'même à sourire...comme si tout allait pour le mieux ! Et c'est cette personne qui prétend encore être le chef de notre Etat ??? Irène Saïd

    Irene Said

    17 h 27, le 06 novembre 2019

  • En tout cas ces messieurs-dame ont l'air de prendre ça avec le sourire...

    Gros Gnon

    17 h 11, le 06 novembre 2019

  • MESURES D’URGENCE 1. Adopter le Dollar US comme monnaie officielle du pays pour ne pas être confrontés à des futures dévaluations et pour forcer les gouvernements à avoir des budgets équilibrés., 2. Fermer les banques pendant une semaine pour leur permettre d’ajuster leurs comptes conformément aux décisions suivantes. 3. Rééchelonner la dette publique et convertir en dollars (à un taux de change à fixer ) la dette libellée en livres libanaises. Réduire les taux d’intérêts appliqués sur l’ancienne dette aux taux du marché de la dette américaine. 4. Convertir en dollars les éléments du passif et de l’actif des banques qui étaient anciennement libellés en Livres Libanaises au cours de change appliqué par le trésor public. 5. La portion supérieure à USD 50.000,00 des dépôts bancaires sera convertie en dépôts à terme selon des pourcentages à déterminer (exemple 10% à 3 mois, 20% à 1 an, 20% à 3 ans et 50% à 10 ans). Ces dépôts, à la demande des déposants, pourront faire l’objet de certificats négociables. Les intérêts créditeurs sur les dépôts et les intérêts débiteurs sur les crédits bancaires seront réduits en conséquence. 6. Les livres libanaises seront graduellement retirées de la circulation. 7. Changer le statut de la Banque du Liban pour en faire une banque destinée uniquement à tenir les comptes du secteur public.

    Moussalli Georges

    16 h 46, le 06 novembre 2019

  • Le peuple a faim, il n’a pas de pain. Mais qu’il mange du biscuit! Dernières paroles d’une certaine reine de France...

    PPZZ58

    15 h 50, le 06 novembre 2019

  • MALHEUREUSEMENT LE OLJ CONTINUE À NOUS INFORMER CE QU'IL A DIT BERRI ET X ET Y ET SUR LES MÊME TOCARDS. C'EST URGENT D'INVITER ET ÉCOUTER LES GROSSES TÊTES EN CE MOMENT COMMME ISSAM KHALIFÉ POUR SAUVER LE PAYS. SURTOUT QU'ON AVAIT PAS BEAUCOUP DE POIDS LOURD COMME CE MONSIEUR BOURRÉ DE CULTURE, INTÈGRE ET COURAGEUX. SVP.

    Gebran Eid

    15 h 47, le 06 novembre 2019

  • CETTE BIBLIOTHÈQUE ET CETTE TABLE...VRAIMENT...ON DIRAIT QU'ON EST CHEZ UN NOUVEAU RICHE.

    Gebran Eid

    15 h 13, le 06 novembre 2019

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