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"Ils nous demandent de rentrer au Liban, mais n'assurent pas ensuite!"

Reportage

Routes coupées, Libanais et Libanaises en colère... En dehors du centre-ville de Beyrouth, la mobilisation se poursuit aussi, au troisième jour de la contestation populaire.

19/10/2019

Au troisième jour du mouvement populaire de contestation au Liban, si un nouveau rassemblement se formait dans le centre ville de Beyrouth, épicentre de la mobilisation, dans les régions, à travers le Liban, la mobilisation contre la classe politique accusée de corruption ne faiblit pas non plus. Et de nombreuses routes restent coupées.

Vendredi soir, le Premier ministre Saad Hariri, confronté à des appels à la démission de son gouvernement, a défendu les réformes qu'il tente de faire adopter pour redresser une économie exsangue. Il a accusé des membres de la coalition d'entraver ses efforts et donné à celle-ci 72 heures pour se prononcer clairement en faveur des réformes.


Paroles de manifestants, à travers le Liban:


Katherine Wehbe Abdallah, 83 ans. A Sin el-Fil

Elle est allée manifester hier à Dora. Après 44 ans passés en Australie, elle est revenue cette année vivre avec les siens. Elle rentrait chez elle à Sin el-Fil, en alpaguant les gens pour les encourager à descendre dans la rue.

"La situation est tellement mauvaise que je pense repartir. La banque ne me laisse même pas retirer ma retraite australienne en dollars. C’est quoi ces dirigeants qui veulent qu’on rentre au pays mais qui n’assurent pas ensuite ?" dit-elle.


Hanaa, 23 ans, à Jal el-Dib. Il fait partie de ceux qui bloquent la route, au niveau de Jal el-Dib. Assis sur une chaise, il boit et propose des vodka-orange, en ce samedi matin.

"Nous sommes là depuis 9h du matin. J'ai été parmi les premiers à bloquer la route de Jal el-Dib. Tu as vu ma voiture? Je l'ai achetée à crédit. Je la paie depuis six ans. Et là, je n'ai plus de quoi payer les traites des quatre dernières années."

Beaucoup de membres des Kataëb sont parmi les manifestants. Depuis le début de la crise, le parti Kataëb appelle à la démission du gouvernement.


Georges, 35 ans, avocat, à Zalka

"Ils sont plus nombreux place Riad Solh, dans le centre-vile de Beyrouth. Mais il est important que nous soyons mobilisés partout dans le Liban. Et de grâce, que les télévisions arrêtent de donner la parole à des hommes politiques".


Nicolas, commerçant à Ballouneh :

"Au début du mouvement, les gens du quartier soutenaient les manifestants. Mais quand ils ont commencé à brûler des pneus, à demander à des Syriens leurs papiers d'identité, à ne pas laisser passer des gens ayant des problèmes de santé, le soutien a baissé. Une fois encore, les partis politiques se mêlent de la partie dans un mouvement populaire".


au niveau de Zouk Mosbeh. Photo Philippe HAGE BOUTROS


Sur la route principale de Bickfaya, au niveau de la bifurcation conduisant a Bayada, plusieurs voitures bloquent la route. Des haut-parleurs diffusent des chants patriotiques.

Devant la portière grande ouverte d’un des véhicules, des jeunes gens sont déterminés à rester mobilisés.

"Nous ne sommes pas assez nombreux. Nous sillonnons le Metn pour chercher des renforts", lance l'un d'eux.

"Ca fait deux heures que nous bloquons la route", dit un homme âgé d'une trentaine d'années, alors qu'il est près de 15h en ce samedi. "Ici, nous sommes très calmes. Nous ne brûlons pas de pneus, nous laissons passer l'armée et les ambulances", assure-t-il. "Mais nous n'en pouvons plus de la situation. Nous voulons un approvisionnement décent en eau, en électricité, nous voulons la sécurité sociale, des opportunités de travail, des infrastructures dignes de ce nom, une solution à la crise des déchets", poursuit-il.

Quand on l'interroge sur le discours, vendredi soir, de Saad Hariri, qui, confronté à des appels à la démission de son gouvernement, a défendu les réformes qu'il tente de faire adopter pour redresser une économie exsangue, a accusé des membres de la coalition d'entraver ses efforts et a donné à celle-ci 72 heures pour se prononcer clairement en faveur des réformes, il répond : "Parfait, nous serons toujours dans la rue dans 72 heures. A ce moment-là, nous déciderons de la suite des événements".


Najar Tafech, 25 ans.
"J'ai 25 ans, mais avec la situation que nous visons depuis des années, j'ai l'impression d'en avoir 50. J'ai fini mes études en audiovisuel, mais je ne trouve pas de travail dans on domaine. Je travaille dans un domaine qui n'a rien à voir avec mes études, et encaisse un salaire d'un million de livres (600 USD). Je ne peux pas m'acheter une voiture, je ne peux pas obtenir de crédit à la banque. Quant à envisager l'achat du'n petit appartement... impossible".


Patrick younes, 30 ans du Metn.
"Je travaille depuis 13 ans dans une société internationale au Liban et malgré ça, je ne peux pas acheter un appartement. On nous impose des taxes dont le montant n'est a priori pas élevé mais elles constituent quand même peut-être près de 20 pour cent de nos revenus”.



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Chucri Abboud

Qu'attendent les autorités pour décréter L'ETAT D'URGENCE et ouvrir toutes les routes ? Ça commence vraiment à déraper ...
Manifestations sur la route de l'aéroport : un mort dans une rixe qui dégénère en coups de feu !
L'armée devrait investir le réseau routier !

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