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À La Une - conflit

Arrestations, pots-de-vin : le rapport d'une ONG sur les retours dans la Syrie du régime

Environ six personnes sur dix interrogées par l'Association syrienne pour la dignité du citoyen "envisagent sérieusement de quitter les zones du régime si elles en ont l'opportunité". 

Un bus affrété par le régime syrien dans le cadre d'une opération de rapatriement de réfugiés, à son entrée en Syrie en provenance du Liban, en août 2018. Photo d'archives AFP / Andrey BORODULIN

Réfugiés et déplacés qui reviennent dans les régions de Syrie tenues par le régime de Bachar el-Assad sont confrontés aux arrestations arbitraires, à la corruption endémique ainsi qu'à des services en déliquescence, souligne une ONG dans un rapport publié mercredi. Les Syriens dans "les territoires du régime vivent dans la peur et se sentent extrêmement vulnérables", relève l'Association syrienne pour la dignité du citoyen (SACD), dans son rapport dévoilé lors d'une conférence de presse à Istanbul.

Environ six personnes sur dix interrogées pour l'étude publiée par cette organisation "envisagent sérieusement de quitter les zones du régime si elles en ont l'opportunité", tandis que les deux-tiers disent "vivre dans la crainte permanente d'une arrestation ou de harcèlement" de la part des services de sécurité et des milices prorégime.

Après avoir multiplié les victoires face aux rebelles et aux jihadistes, le régime de Bachar el-Assad incite les plus de cinq millions de réfugiés vivant en exil à revenir en Syrie.

L'association a interrogé 165 personnes dans les environs de Damas, mais aussi dans la province d'Alep (nord), celle de Homs (centre), ou encore Deraa (sud), dont des réfugiés ou des déplacés qui se sont réinstallés dans les secteurs sous contrôle du régime. Le rapport fait état d'"arrestations arbitraires" mais aussi de cas de "conscription forcée", "monnaie courante chez les forces d'Assad".

"Je mets au défi quiconque de donner le nom d'une seule personne arrêtée parmi celles rentrées en Syrie", a martelé début octobre le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem. "Nous n'arrêtons personne. Nous les encourageons à rentrer en toute sécurité", a dit M. Mouallem.

(Pour mémoire : La Syrie accuse les pays-hôtes des réfugiés "d'entraver leur retour" à des fins politiques)


"Extorsions" 
L'ONG évoque aussi la "corruption" et "les extorsions par le régime et les milices".
Rentrée sous contrôle du régime après plusieurs années en secteur rebelle, Oum Mohammed, 45 ans et originaire d'Alep, "a été arrêtée alors qu'elle essayait d'obtenir une carte d'identité", dit le rapport. "Elle a passé 50 jours en prison et a été contrainte de céder sa maison et une partie de sa propriété" à une milice prorégime.

La majorité des personnes interrogées ont exprimé un "sentiment d'insatisfaction totale" concernant les services de base comme l'eau ou l'électricité et 66% déplorent des services de santé "en dessous de la moyenne ou inacceptables".

Plus de 198.000 réfugiés sont rentrés en Syrie entre 2016 et août 2019, d'après le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), qui a mis en garde contre tout retour forcé dans le pays en guerre.

Le rapport de la SACD intervient une semaine après le lancement, le 9 octobre, d'une offensive par Ankara contre une milice kurde dans le Nord-Est syrien, visant notamment à créer une "zone de sécurité" le long de sa frontière pour y rapatrier une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens installés en Turquie.
Quelque 13 millions de Syriens ont été déplacés et ou se sont réfugiés dans d'autres pays. La Syrie comptait quelque 23 millions d'habitants avant le conflit déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie et qui a fait plus de 370.000 morts.


Pour mémoire
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commentaires (4)

Nous avons subi au Liban sur notre sol, par ce même président syrien et son père les deux bouchers, les pires atrocités qu'on puisse infligé à un peuple. Mais nous avons réussi à les chasser ne serait ce que physiquement. Ceci dit nous n'avons pas gagné au change puisque nous sommes sous domination iranienne maintenant.. Jusqu'à aujourd'hui, des jeunes gens libanais manquent toujours à l'appel et aucun des présidents ou responsable politique n'a réussi à obtenir une réponse sur Leur sort et ce malgré les très bonnes relations qu'entretient l'ex ministre des affaires étrangères Gebran avec le boucher & co pour qui ça aurait dû être sa priorité. Au lieu de ca il gesticule et s'adonne à d'autres tâches qui ne le regarde en aucune façon et ce pour éviter de fâcher le boucher actuel de la Syrie et ses alliés de peur qui lui bloque l'accès au fauteuil présidentiel de son imagination. Voilà pourquoi il y a une révolution au Liban. Nous choisirons notre président nous mêmes.

Sissi zayyat

19 h 17, le 03 décembre 2019

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Commentaires (4)

  • Nous avons subi au Liban sur notre sol, par ce même président syrien et son père les deux bouchers, les pires atrocités qu'on puisse infligé à un peuple. Mais nous avons réussi à les chasser ne serait ce que physiquement. Ceci dit nous n'avons pas gagné au change puisque nous sommes sous domination iranienne maintenant.. Jusqu'à aujourd'hui, des jeunes gens libanais manquent toujours à l'appel et aucun des présidents ou responsable politique n'a réussi à obtenir une réponse sur Leur sort et ce malgré les très bonnes relations qu'entretient l'ex ministre des affaires étrangères Gebran avec le boucher & co pour qui ça aurait dû être sa priorité. Au lieu de ca il gesticule et s'adonne à d'autres tâches qui ne le regarde en aucune façon et ce pour éviter de fâcher le boucher actuel de la Syrie et ses alliés de peur qui lui bloque l'accès au fauteuil présidentiel de son imagination. Voilà pourquoi il y a une révolution au Liban. Nous choisirons notre président nous mêmes.

    Sissi zayyat

    19 h 17, le 03 décembre 2019

  • Nous avons subi au Liban par le même président syrien et son père les deux bouchers les pires atrocités. Mais nous avons réussi à les chasser ne serait ce que physiquement. Jusqu'à maintenant des jeunes gens manquent à l'appel et aucun des présidents ou responsable politique n'a réussi à obtenir une réponse sur le sort de nos jeunes malgré les très bonnes relations de notre ex ministre des affaires étrangères pour qui ca devait être la priorité. Mais il a d'autre préoccupation et n'ose pas fâcher le boucher actuel de peur qui lui refuse le fauteuil présidentiel de son imagination.

    Sissi zayyat

    18 h 45, le 03 décembre 2019

  • POURQUOI ALLER TROP LOIN. REGARDEZ CHEZ NOUS. LES POTS DE VIN ET LA CORRUPTION DEPUIS AVANT LA GUERRE CIVILE, DURANT CETTE GUERRE ET AUJOURD,HUI RIEN N,A CHANGE ! MEME CHOSE !

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 47, le 16 octobre 2019

  • Les milices, une plaie dans un pays en paix... Ou en après guerre immédiate... Le Liban, durant et immédiatement après la guerre civile n'en est pas demeure indemne. Je connais au moins un cas ou un bien "occupe par une milice, ou un individu se disant un important membre de milice" a du être "racheté par son propriétaire d'avant la guerre civile Il reste toujours "une période d'instabilité" avant que tout ne rentre dans l'ordre après une guerre civile La reprise en mains du pays par "un état de droit" après eradication des " milices " peut prendre beaucoup de temps...et de "bonne volonté" Syriens émigres ou déplaces...patience... " États Sponsors" ...ils faudrait qu'ils s'attellent a la remise en marche de l'Etat de Droit...et garantissent la justice Vœu pieux...malheureusement

    Chammas frederico

    18 h 25, le 16 octobre 2019

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