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Liban

Le Hezbollah bat le rappel de ses alliés chrétiens

Partis

Après sa longue rencontre avec Gebran Bassil, Hassan Nasrallah s’entretient avec Sleiman Frangié.

Yara ABI AKL | OLJ
16/10/2019

C’est principalement sur ses alliés chrétiens traditionnels que le Hezbollah semble compter pour faire face à la prochaine phase qui, en principe, devrait témoigner de nouvelles sanctions contre le parti chiite, plus que jamais dans le besoin d’une couverture officielle libanaise.

Cette nouvelle dynamique politique, le Hezbollah semble l’avoir initiée lors de la longue rencontre entre le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et le leader du Courant patriotique libre, Gebran Bassil. Hier, le numéro un du parti chiite s’est entretenu avec le chef des Marada, Sleiman Frangié, autre grand allié du parti connu pour ses très bons rapports avec le régime syrien de Bachar el-Assad.

Aussi bien par leur timing que par les messages politiques qu’ils portent, ces deux entretiens vont au-delà de simples rencontres entre alliés. D’autant que les deux dirigeants maronites concernés sont perçus, l’un comme aspirant à intégrer le club des présidentiables, et l’autre comme faisant déjà partie de celui-ci.

Pour ce qui est de leur timing, les deux entretiens interviennent à l’heure où l’administration Trump continue de serrer l’étau sur l’Iran et ses satellites régionaux, notamment le Hezbollah. Un tableau sur lequel certains observateurs greffent le retrait américain de Syrie, peu avant le début de l’offensive turque. Un élément dont les alliés de l’axe de la Moumanaa devraient profiter pour enregistrer des gains politiques sur la scène locale.

C’est sous cet angle qu’un observateur politique contacté par L’Orient-Le Jour explique l’escalade verbale pour laquelle a opté Gebran Bassil, lors de la commémoration du 13 octobre 1990, allant jusqu’à faire part de sa détermination à se rendre en Syrie sous prétexte de mettre sur le tapis la question du retour des réfugiés et suscitant par la même occasion une crise politique qui n’a pas tardé à secouer le cabinet Hariri.

Selon le même observateur, Hassan Nasrallah voudrait profiter du large groupe parlementaire du CPL et des onze ministres qui gravitent dans l’orbite du président de la République Michel Aoun et du parti qu’il a fondé, mais aussi et surtout de la volonté du Premier ministre Saad Hariri et du chef de la diplomatie de préserver leur partenariat. À la faveur de cette logique, le parti chiite semble vouloir mettre à profit « le feu orange » de M. Hariri à Gebran Bassil, pour poursuivre son forcing dans le sens d’une normalisation des rapports libano-syriens. Il faisait ainsi allusion au communiqué soigneusement dosé publié lundi par le bureau de presse du Premier ministre, et dans lequel il avait fait savoir que « si le chef du CPL veut se rendre en Syrie pour discuter du retour des réfugiés syriens, c’est son affaire (…) ».

Quant à Gebran Bassil, il serait, selon le même observateur, en train de faire des calculs présidentiels (quoique prématurés) et chercherait ainsi à consolider son alliance avec le Hezbollah pour s’assurer de son soutien lors de la présidentielle de 2022.

À une question portant sur la rencontre entre Hassan Nasrallah et Sleiman Frangié, l’observateur répond en estimant qu’il s’agit d’une façon pour les deux hommes d’affirmer la solidité de leur traditionnelle alliance, envers et contre tout.


(Lire aussi : Naïm Kassem : Le Hezbollah n'a pas encore décidé de descendre dans la rue)

Priorité à l’économie…

Quoi qu’il en soit, les milieux Hezbollah s’efforcent de cerner les rencontres avec MM. Bassil et Frangié à la dimension strictement économique. Ces milieux indiquent à L’OLJ que les deux entretiens en question s’inscrivent dans le prolongement des contacts que le Hezbollah mène actuellement avec tous les protagonistes (y compris le courant du Futur et le Parti socialiste progressiste) pour faire face à la grave crise économique dont souffre le pays, dans la mesure où cela figure à la tête des priorités du parti.

D’ailleurs un communiqué publié par le département médias du Hezbollah indique que la rencontre entre Hassan Nasrallah et le chef des Marada (tenue en présence du ministre des Travaux publics, Youssef Fenianos, et de Hussein Khalil, bras droit du secrétaire général du parti chiite) s’est articulée autour de la grave conjoncture économique et la lutte contre le gaspillage et la corruption.

Il n’en reste pas moins que les deux grands alliés locaux de la Syrie ont exercé un forcing dans le sens de la normalisation entre Beyrouth et Damas. « Les participants (à la réunion) ont réitéré leur position connue, quant à la nécessité de ramener à la normale les relations entre le Liban et la Syrie. Et de réaffirmer la nécessité d’engager un dialogue direct avec le gouvernement syrien, notamment en ce qui concerne l’exportation de la production libanaise en Irak (par l’intermédiaire du point de passage de Boukamal) et du retour des réfugiés (…) », peut-on lire dans le texte.

Même son de cloche chez le secrétaire général adjoint du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem. « Il est très important que le gouvernement libanais prenne la courageuse décision de rétablir les relations politiques avec Damas, et ce dans l’intérêt du pays », a-t-il affirmé dans une déclaration hier.

Le cheikh Kassem a saisi l’occasion pour assurer que sa formation « n’a jusqu’à présent pas décidé de manifester » et qu’elle assure un suivi des dossiers économiques à partir de ses convictions qu’elle exprime en Conseil des ministres. « Personne ne peut dire à notre place si nous descendrons ou non dans la rue », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Nous ne portons atteinte à personne. Nous œuvrons dans l’intérêt du pays et de ses citoyens. » Une façon de démentir des informations rapportées par certains médias, pourtant considérés comme gravitant dans l’orbite du parti chiite, et selon lesquelles le Hezbollah s’apprêterait à manifester en signe d’opposition à la politique des banques au Liban.



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Wlek Sanferlou

Examens de passage bassil et frangié. On passe à l'oral.
L'écrit importe peu et savoir ou non écrire nest pas obligatoire puisque "el bassem" est de rigueur.

Eleni Caridopoulou

Bachar el Assad et les Ayattollah veulent le Liban honte Mr.Frangie quand à l'autre le Hezbollah n'est pas Libanais vendus aux Ayattollah on peut rien dire

Honneur et Patrie

"Frangié connu pour ses très bons rapports avec le régime syrien de Bachar el-Assad."
En vérité, il y a certains rapports amicaux entre Sleiman Frangié, petit-fils, et Bachar el-Assad depuis 1957 quand Sleiman Frangieh, grand-père, après la tuerie de Miziara, s'était enfui en Syrie et se lie d'amitié avec Hafez el-Assad.
Quant aux rapports entre Gebran Bassil et la Syrie, ce n'est que par opportunisme.

Pierre Hadjigeorgiou

Nous assistons a un film dramatique qui se déroule sous nos yeux intitulé: "La danse des Traîtres"...

Toni Pantaloni

Deux aspirants a la présidence retissent leurs liens avec le hezb non libanais de la main mise.

Move on, nothing to see here, du deja vu avec le vieux general.

Pauvre pays.

Thawra-LB

Alliance des médiocres. Un qui ne représente plus que lui meme, ouvertement pro-syrien et la definition de l’incompetence (ministère des travaux public controlé depuis des décennies avec des résultats au ras des pâquerettes ensuite sa dis vouloir diminuer le gaspillage)

Et l’autre non pas pro-iranien mais iranien tout cour. Qui prone la religion comme moyen d’attaquer les problèmes du 21eme siècle.

De grands hommes.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE RAPPEL DES VENDUS !

ON DIT QUOI ?

LE hezb libanais de la résistance a des alliés partout dans la société libanais.

Par contre je me ferai plus de souci pour les alliés locaux des américains du clown trump-pete, avec ce qu'on voit ce que cette alliance a donné après utilisation.

Il y'a alliance de papier carton kraft et alliance de kleenex . Serviettes et torchons .

Irene Said

L'un est ouvertement et sans aucune honte pro-Syrie, le second aussi, en plus d'être d'obédience 100% iranienne.

Notre pauvre et faible Liban, lui, n'est qu'un pion docile et pratique pour servir leurs projets non-libanais !
Irène Saïd

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