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À La Une - France

La France prépare son hommage d'adieu à Jacques Chirac

Le Liban décrète une journée de deuil national lundi.

Des Français font la queue au Palais de l'Elysée, le 27 septembre 2019, pour rendre hommage à l'ancien orésident Jacques Chirac, décédé la veille à l'age de 86 ans. Photo AFP / DOMINIQUE FAGET

La France se prépare à rendre un hommage intense à Jacques Chirac, au lendemain de la mort, à 86 ans, du chef d'Etat, qui ne fut jamais plus populaire qu'après la fin de sa très longue carrière politique, couronnée par douze années à l'Elysée.

Afin d'honorer la mémoire de l'ancien chef de l'Etat, acteur majeur de la vie politique française durant quatre décennies, une cérémonie populaire aura lieu dimanche en début d'après-midi au monument parisien des Invalides. "Tous ceux qui l'ont aimé pourront venir" se recueillir auprès du cercueil, a indiqué à l'AFP son gendre Frédéric Salat-Baroux.

L'ancien président sera ensuite inhumé, vraisemblablement le lendemain, dans un cadre strictement privé au cimetière du Montparnasse aux côtés de sa fille Laurence, décédée en avril 2016, a-t-il ajouté, conformément au souhait de son épouse Bernadette.

Une journée de deuil national a été décrétée lundi et un service se tiendra en l'église Saint-Sulpice à Paris, en présence d'Emmanuel Macron. Parmi les nombreuses personnalités étrangères attendues, le président allemand Frank-Walter Steinmeier, celui de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le Premier ministre belge Charles Michel ont annoncé leur présence. Une minute de silence sera observée lundi dans les administrations et les écoles.

En ouvrant le conseil des ministres vendredi, le chef de l'Etat a une nouvelle fois "souligné l'énergie et l'humanité" de Jacques Chirac. L'ex-président "entre dans l'Histoire et manquera à chacun d'entre nous", avait affirmé M. Macron jeudi soir lors d'une allocution télévisée remémorant l'action de son prédécesseur.

Plus de 1.700 personnes sont venues au palais présidentiel de l'Elysée pour signer les livres d'or installés depuis jeudi soir dans le vestibule, devant une grande photo du disparu, et qui resteront accessibles jusqu'à dimanche, pour dire "adieu au président +sympa+", selon les mots vendredi du quotidien Le Parisien. Des registres ont également été ouverts dans des ambassades de France à l'étranger.

De son côté la Fédération de football a annoncé une minute de recueillement avant tous les matches en France, ce week-end. Zinedine Zidane, ex-meneur des Bleus lors de leur victoire au Mondial en 1998, a salué "le président de tous les sportifs".


(Lire aussi : Chirac, ce « Libanais »..., le commentaire d'Elie Fayad)


"Pas vraiment transformé la France"

L'ex-chef de l'Etat, malade depuis de longues années, s'est éteint "très paisiblement, sans souffrir" et entouré des siens jeudi matin à son domicile, rue de Tournon dans le centre de Paris. Avec lui disparaît l'une des grandes figures de la droite française dont la longévité politique, entre brillants succès et échecs cuisants, a démontré une exceptionnelle capacité de rebond.

"Jacques Chirac, c'est plus un style qu'un bilan", a estimé le politologue Pascal Perrineau, qui rappelait le jugement de l'un de ses anciens ministres, Philippe Séguin, disant qu'il était "un Don Juan de la politique, qui préfère la conquête du pouvoir à son exercice". Un avis partagé par l'historien Jean Garrigues: "C'est sa personnalité qui lui a donné sa popularité, mais il n'a pas pris beaucoup de décisions quand il était président. On ne peut pas dire qu'il ait véritablement transformé la France".

Des évolutions parfois sinueuses de sa ligne politique restent toutefois quelques constantes: le rejet intransigeant de l'extrême droite, le souci de la cohésion nationale, une approche gaulliste du rôle international de la France, vue comme une puissance d'équilibre devant parler à tous.

Les dirigeants du monde entier ont réagi rapidement, certains évoquant avec émotion leur amitié pour celui qui a présidé la France de 1995 à 2007. La chancelière allemande Angela Merkel a salué "un formidable partenaire et ami". Le président chinois Xi Jinping a évoqué un "vieil ami de la Chine". Le Liban a décrété une journée de deuil national lundi.


(Lire aussi : Homme de cœur, homme d’État, l'édito de Issa GORAIEB)


"Notre maison brûle"

La présidence de Jacques Chirac restera marquée par son "non" en 2003 à la guerre d'Irak, la fin de la conscription militaire, la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français dans les crimes nazis et le cri d'alarme face à la dégradation de l'environnement ("notre maison brûle", lors du Sommet de la Terre de 2002).

En 2007, affaibli par un accident vasculaire cérébral qui l'a frappé deux ans plus tôt, il doit voir triompher son ancien ministre et rival Nicolas Sarkozy. "Pertes de mémoire", "absences", surdité: Jacques Chirac apparaîtra ensuite de plus en plus rarement en public.

Particulièrement populaire depuis qu'il avait quitté le pouvoir, Jacques Chirac avait essuyé de cuisants échecs, comme en 1997, quand sa dissolution de l'Assemblée nationale, qui devait lui permettre de conforter sa majorité, avait finalement provoqué une humiliante déroute de la droite en France.

Il avait aussi été rattrapé par les juges après son retrait de la politique et avait été, en 2011, le premier ancien chef de l'État français condamné au pénal, à deux ans d'emprisonnement avec sursis, pour une affaire d'emplois fictifs à la mairie de Paris.

Jacques Chirac vivait à Paris avec son épouse Bernadette. Il avait deux filles, Laurence, anorexique depuis sa jeunesse, décédée en avril 2016, et Claude, qui fut sa conseillère en communication.


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commentaires (1)

Le Liban peut honorer ce président français, mais j'espère pas les autres après lui.

FRIK-A-FRAK

19 h 38, le 27 septembre 2019

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Commentaires (1)

  • Le Liban peut honorer ce président français, mais j'espère pas les autres après lui.

    FRIK-A-FRAK

    19 h 38, le 27 septembre 2019

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