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À La Une - Liban

Le journaliste Mohammad Saleh libéré, Athènes s'excuse

Les autorités grecques vont faciliter le retour du Libanais à Beyrouth, via l'aéroport international d'Athènes.

Sit-in pour la libération de Mohammad Saleh, le 23 septembre 2019, à Saïda. Photo Ani.

Le journaliste Mohammad Saleh, arrêté jeudi dernier par les autorités grecques pour son implication présumée dans le détournement d’un avion de la TWA en 1985 et d’un enlèvement, deux ans plus tard, a été libéré lundi soir, a annoncé mardi le ministère libanais des Affaires étrangères. L'homme de 65 ans avait été appréhendé sur l'île de Mykonos en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis contre lui par l'Allemagne.

Dans un communiqué, le ministère a indiqué avoir été notifié par le chef de police des îles grecques des Cyclades que les autorités grecques ont été informées par les autorités allemandes que Mohammad Saleh n'était pas la personne que ces dernières recherchent. M. Saleh a donc été libéré lundi à 22h45, selon le texte.

Mohammad Saleh (65 ans), ancien journaliste du quotidien as-Safir, a été victime d’une erreur d’homonymie, selon ses avocats.  Il avait comparu devant la justice grecque et était maintenu en détention dans l’attente de son extradition vers l’Allemagne. Dès l'arrestation du ressortissant libanais, un enquêteur allemand s'était rendu sur l'île de Syros, où était détenu l'individu, pour mener un interrogatoire complet notamment sur son arbre généalogique, selon la police grecque. Dimanche, un enquêteur arabophone de la police antiterroriste grecque a mené un second interrogatoire qui n'a également pas été concluant.


"Terrible malchance"
Selon une source qui suit de près ce dossier, les preuves apportées par Hassan Chamseddine, son avocat libanais, et transmises à l’avocate grecque du prévenu, ont été jugées "suffisamment convaincantes" par les autorités grecques ainsi que par les autorités judiciaires allemandes, qui demandaient son extradition. L'enquête de la police grecque, menée en collaboration avec les autorités allemandes, n'a pas permis d'identifier l'homme appréhendé comme étant le pirate de l'air recherché. Lundi après-midi, "les autorités allemandes ont informé qu'elles ne demanderaient pas l'extradition puisque l'identification n'a pas été possible", a confirmé la police grecque dans un communiqué.

La personne recherchée qui porte le même nom, Mohammad Ali Saleh, est née en 1964, alors que le journaliste arrêté est né en 1954. Les mères des deux hommes portent exactement le même nom, une "terrible malchance", selon son avocat. Selon ce dernier, la fiche d’état civil du journaliste transmise aux autorités judiciaires grecques a aidé à démêler l’imbroglio. "Sur la fiche d’état civil, les noms des frères du journaliste n’étaient pas les mêmes que les noms des proches de l’homme recherché par l’Allemagne". Autre preuve avancée par ses avocats : le portfolio fourni des articles rédigés par le journaliste, qui était le chef du bureau du quotidien as-Safir à Saïda entre les années 85 et 88.


Excuses
Selon le ministère libanais des Affaires étrangères, le chef de la police des Cyclades a indiqué que les autorités grecques ont présenté des excuses officielles au journaliste, précisant que le problème venait du mandat d'arrêt allemand, sans occulter la responsabilité des autorités grecques. Mohammad Saleh sera conduit à un hôtel de l'île de Siros et son séjour se poursuivra au frais de l’État grec, toujours selon la diplomatie libanaise. Le journaliste pourra récupérer son passeport dès mercredi. Les autorités grecques vont faciliter le retour de M. Saleh à Beyrouth, via l'aéroport international d'Athènes, ajoute ce texte. Il ne pourra pas quitter mardi l'île de Siros en raison d'une grève des marins. Le ministère ajoute qu'il suit avec les autorités grecques les mesures prises pour assurer le rapatriement de Mohammad Saleh.

L’ordre libanais des rédacteurs a salué la libération du journaliste dont plusieurs collègues avaient organisé hier à Saïda un mouvement de protestation pour réclamer "sa libération immédiate et des compensations pour le préjudice moral infligé du fait de son arrestation sur des motifs infondés".

Le 14 juin 1985, un avion TWA 847 avait été détourné après son décollage d'Athènes. Parti du Caire, il se rendait initialement à San Diego, avec des escales à Athènes, Rome, Boston et Los Angeles. Pendant 17 jours, le pilote John Testrake avait été contraint de sillonner la Méditerranée avec 153 passagers et membres de l'équipage, de Beyrouth à Alger, puis dans l'autre sens à nouveau. L'appareil avait atterri à trois reprises à Beyrouth avant d'être finalement autorisé à s'y poser définitivement. Le 15 juin 1985, à l'occasion du premier arrêt dans la capitale libanaise, un passager de 23 ans, plongeur de la Marine américaine, avait été torturé avant d'être abattu. Son corps avait été jeté sur le tarmac.



Pour mémoire

Il y a trente ans, le détournement du vol 847 de la TWA

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Un pirate de l'air libanais condamné à mort par contumace 



Le journaliste Mohammad Saleh, arrêté jeudi dernier par les autorités grecques pour son implication présumée dans le détournement d’un avion de la TWA en 1985 et d’un enlèvement, deux ans plus tard, a été libéré lundi soir, a annoncé mardi le ministère libanais des Affaires étrangères. L'homme de 65 ans avait été appréhendé sur l'île de Mykonos en vertu d'un mandat...

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Et ceux qui ont pensé mal, ils pourraient s'excuser aussi.

FRIK-A-FRAK

00 h 51, le 25 septembre 2019

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Commentaires (1)

  • Et ceux qui ont pensé mal, ils pourraient s'excuser aussi.

    FRIK-A-FRAK

    00 h 51, le 25 septembre 2019

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