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Etats-Unis

Pompeo est plus que jamais l'homme fort de la politique étrangère de Trump

Le chef de la diplomatie US a refusé le poste stratégique de "National Security Advisor", qu'il aurait cumulé avec sa casquette de secrétaire d'Etat, soulignant qu'il préfère "avoir quelqu'un avec lui" pour coordonner la politique étrangère.

Le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, lors d'une conférence de presse, à Washington, le 13 décembre 2019. Photo AFP / MANDEL NGAN

L'annonce du limogeage surprise de John Bolton est encore toute fraîche, ce mardi, quand Mike Pompeo fait son apparition devant les caméras à la Maison Blanche. Et il ne peut réprimer un petit sourire satisfait. Le chef de la diplomatie américaine sait que le départ du conseiller à la sécurité nationale ne fait que renforcer son influence au sein de l'équipe chargée de mettre en oeuvre la politique étrangère de Donald Trump, dont il est désormais l'unique chef d'orchestre. Il en profite pour enfoncer le conseiller déchu, en soulignant ses propres "désaccords" avec lui. Et pour se poser, par contraste, en ministre modèle, en insistant sur le droit du président à s'entourer "de gens en qui il a confiance".

"C'est une victoire pour Pompeo", constate Thomas Wright, expert du cercle de réflexion Brookings Institution. "Il ne s'entendait pas avec Bolton et voulait qu'il parte." Résultat, l'ex-directeur de la CIA promu à la tête du département d'Etat au printemps 2018 est le dernier pilier de l'équipe diplomatique à résister aux remaniements incessants de l'ère Trump. Et son aura auprès du président septuagénaire, qui a dit un jour qu'il était le seul membre de son gouvernement avec qui il ne s'était jamais disputé, ne cesse de grandir.

Une impression confirmée deux jours plus tard. Alors que la rumeur enfle à Washington, le président des Etats-Unis reconnaît jeudi devant la presse avoir "discuté" avec Mike Pompeo de la possibilité de le nommer au poste stratégique de "National Security Advisor" tout en conservant sa casquette de secrétaire d'Etat. Une hypothèse vite abandonnée, dit le milliardaire républicain, notamment à la demande de l'intéressé qui préfère "avoir quelqu'un avec lui" pour coordonner la politique étrangère. Mais le seul fait que Donald Trump ait sérieusement envisagé d'offrir à Mike Pompeo ce cumul que seul Henry Kissinger, figure incontournable de la diplomatie américaine, a réalisé jusqu'ici en dit long sur la place prise par l'ex-élu du Kansas.



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Influence paradoxale 
"Il est fantastique", s'enthousiasme le locataire de la Maison Blanche, "je m'entends très bien avec lui, nous avons très souvent les mêmes opinions, parfois de petits désaccords".

C'est toute la force de Mike Pompeo. Mais aussi la limite d'une influence très paradoxale. "Il est influent car il ne fait pas trop la promotion de ses propres convictions", explique Thomas Wright à l'AFP. "Il avance ses pions, mais il sait quand il doit lâcher l'affaire, dès qu'il sent que Trump prend une autre direction." Selon lui, ce "faucon" conservateur qui s'est fait connaître par ses positions intransigeantes à l'encontre des ennemis des Etats-Unis a dû ainsi avaler de nombreuses couleuvres, en cherchant par exemple à organiser une rencontre avec les dirigeants iraniens, ou en défendant l'invitation des talibans par Donald Trump à Camp David.



(Lire aussi : Mike Pompeo n'exclut pas de se présenter à la Maison Blanche un jour)



De fait, l'ancien militaire de 55 ans maîtrise ses prises de parole, pour ne pas faire d'ombre au président et éviter toute divergence visible avec la parole de la Maison Blanche.

Contrairement à ses prédécesseurs, il ne s'autorise jamais à parler en "off" aux journalistes qui l'accompagnent, pour dire le fond de sa pensée sans que ses propos puissent lui être attribués. En toute circonstance, il reste sur ses gardes et ne dispense que le discours officiel. A tel point que son côté obséquieux risquait de faire tache sur le CV de celui à qui l'on prête l'intention de se présenter au Sénat en 2020, depuis son fief du Kansas, et surtout de briguer la Maison Blanche quatre ans plus tard.

Depuis peu, il a commencé à distiller l'idée qu'il n'acquiesce pas benoîtement face à tout ce que décide le président Trump. "Si nous ne sommes pas d'accord, mon devoir est de lui faire état de mes désaccords, ce que je fais très fréquemment", a-t-il dit dans une récente interview. "Mais quand il prend une décision et qu'elle est légale, mon rôle est de la mettre en oeuvre avec toute mon énergie et mon pouvoir."



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