Les principaux pôles politiques assistant à un dialogue économique sous l’égide de Michel Aoun à Baabda, le 22 juin 2017. Photo Dalati et Nohra
À la faveur de la feuille de route dressée lors de la réunion financière tenue le 9 août au palais de Baabda, et au vu des rapports publiés vendredi dernier par Fitch et Standard & Poor’s, deux des trois principales agences de notation américaines, le président de la République, Michel Aoun, a convoqué les chefs de tous les partis politiques et blocs parlementaires à une réunion élargie qui devrait, en principe, se tenir lundi à Baabda. Y seront naturellement présents le président de la Chambre, Nabih Berry, et le Premier ministre, Saad Hariri.
À en croire les informations ayant circulé récemment dans les médias, les participants à la table de dialogue du lundi discuteront longuement de la conjoncture économique et financière actuelle, ainsi que des mesures à prendre pour assainir les finances de l’État. Perçue sous cet angle, la réunion de Baabda semble être une opportunité dont devrait profiter le pouvoir en place pour assurer une couverture politique élargie à une série de mesures d’austérité jugées impopulaires que le cabinet Hariri serait amené à prendre dans la prochaine phase.
C’est d’ailleurs ce que le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, avait laissé entendre depuis le palais de Beiteddinne, samedi dernier. S’exprimant à l’issue de son premier entretien avec le chef de l’État après la rencontre tenue à Baabda le 9 août, le leader de Moukhtara avait annoncé que le président Aoun « entend convoquer tous les chefs de file à une table ronde pour qu’ils s’acquittent de leurs responsabilités », notamment sur les plans économique et financier.
Même son de cloche chez Eddy Maalouf, député aouniste du Metn. Contacté par L’Orient-Le Jour, il explique que le chef de l’État « est en plein droit de convoquer les protagonistes au palais de Baabda pour débattre des grands dossiers économiques afin de mettre toutes les formations politiques devant leurs responsabilités ». « Nous sommes conscients du fait qu’il appartient au pouvoir exécutif de prendre les mesures qu’il juge adéquates. Mais nous savons aussi que l’opposition pourrait torpiller ces décisions si elle les trouvait inopportunes. Il faut donc que toutes les factions politiques puissent dialoguer à ce sujet afin de garantir le bon fonctionnement des institutions et le redressement de l’économie nationale. »
Quoi qu’il en soit, l’écrasante majorité des blocs parlementaires seront présents. Il s’agit notamment du courant du Futur et du mouvement Amal, qui seront naturellement représentés par Saad Hariri et Nabih Berry respectivement.
Selon l’agence al-Markaziya citant des sources proches du Hezbollah, celui-ci prendra lui aussi part au dialogue économique. À l’heure où le flou continue d’entourer le nom du représentant du parti chiite, on s’attend à ce que Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah, soit désigné pour représenter sa formation autour de la table de dialogue.
Si Michel Aoun a choisi de convoquer les leaders des partis politiques, l’on est naturellement en droit de s’attendre à ce que Walid Joumblatt se rende personnellement à Baabda pour prendre part au débat économique, de même que le leader des Marada, Sleiman Frangié, et ce en dépit des rapports tendus entre le tandem Baabda-Courant patriotique libre, d’une part, et Bnechii, de l’autre. Mais, jusqu’à présent, ni les Marada ni le PSP ne se sont prononcés officiellement à ce sujet.
(Lire aussi : Les chantiers qui attendent le Liban, selon Fitch et S&P)
Les FL et les Kataëb
C’est surtout sur les Forces libanaises que les regards seront braqués en ce qui concerne leur décision de participer, ou non, à la table ronde prévue lundi. Et pour cause : la séance de dialogue intervient à l’heure où les rapports entre la présidence de la République, le CPL et Meerab passent par de sérieuses secousses. Elle se tiendra aussi au lendemain de la messe prévue dimanche à Meerab pour le repos de l’âme des « martyrs de la résistance chrétienne », à l’initiative des FL. L’occasion pour le chef de ce parti, Samir Geagea, de se prononcer au sujet de ses relations avec le pouvoir, en particulier le leader du CPL, Gebran Bassil.
En attendant, les milieux FL préfèrent ne pas trancher, au moins pour le moment. Joint par L’OLJ, le ministre des Affaires sociales, Richard Kouyoumjian, se contente de faire savoir que son parti examine actuellement la question, assurant que « les FL sont favorables à tout ce qui est à même de contribuer au redressement du pays ».
À son tour, le parti Kataëb, et en dépit de son positionnement de fer de lance de l’opposition, est convié à la rencontre élargie de Baabda. Il sera représenté par son chef, Samy Gemayel. Sur son compte Twitter, ce dernier avait annoncé hier avoir reçu un appel de la part de Nabih Berry qui l’a invité à la réunion.
Dans un entretien accordé à l’agence al-Markaziya, Alain Hakim, ancien ministre Kataëb de l’Économie, a déclaré que son parti profitera de sa présence au dialogue pour proposer quelques réformes jugées nécessaires, insistant sur l’importance de dégraisser le secteur public du surplus de fonctionnaires.
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