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Liban

Après la visite de Washington, Hariri interlocuteur privilégié des États-Unis

Éclairage
20/08/2019

La visite privée effectuée à Washington par le Premier ministre Saad Hariri s’est avérée fructueuse, grâce aux discussions qu’il a menées avec les responsables, notamment le secrétaire d’État US Mike Pompeo, d’abord dans le bureau de ce dernier puis dans le ranch de M. Hariri, près de la capitale américaine, où M. Pompeo a passé la journée du dimanche avec la famille du président du Conseil.

La situation après la visite de Saad Hariri n’est plus la même qu’avant, de l’avis de nombre d’observateurs. Le Premier ministre a pu constater une volonté ferme de la part des États-Unis de protéger la stabilité politique, sécuritaire et économique du Liban, et de poursuivre l’imposition des sanctions contre le Hezbollah et ceux qui coopèrent avec lui, indépendamment de l’identité ou de l’appartenance communautaire des personnes visées. L’administration Trump est déterminée à assécher les ressources du parti chiite, dans la mesure où elle reste persuadée qu’il s’agit du plan qui donne jusqu’à présent les meilleurs résultats aux moindres coûts.

Les responsables US ont, par ailleurs, assuré à M. Hariri qu’ils participeront aux projets envisagés par le processus CEDRE, notamment ceux qui sont relatifs au gaz, au pétrole et au plan sur l’électricité proposé par le Liban. Washington a assuré à M. Hariri qu’il était déterminé à réaliser la démarcation des frontières maritimes et terrestres avec Israël et à clore ce dossier controversé. De son côté, le gouvernement serait invité à accélérer sa mise en application des mesures en faveur du tracé, du contrôle des frontières avec la Syrie, de la fermeture des points de passages illégaux et de la mise à terme du trafic clandestin… pour en arriver enfin à la question des armes du Hezbollah.

Ils ont par ailleurs adressé un satisfecit au gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, et à sa politique de gestion des finances publiques et de maintien de la stabilité monétaire, soulignant également leur soutien continu à l’armée et la mise en œuvre des plans de soutien à la troupe, et louant le rôle joué par le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun. Les responsables US ont insisté dans ce cadre sur le maintien de l’investissement dans la sécurité du pays.


(Lire aussi : Aoun tranche et refuse de faire pression sur Bassil)



Washington a en outre rendu un hommage appuyé à l’action du gouvernement et au rôle du Premier ministre, qui a su gérer les affaires avec vision, calme, modération et patience, et permis ce faisant de sauver et protéger son gouvernement en dépit de la stagnation de l’après-Qabr Chmoun. Les responsables US ont aussi félicité le gouvernement pour le parachèvement du budget 2019 et la préparation du budget 2020 conformément à la vision de réforme adoptée dans le budget 2019 avec la réduction du déficit de 1 % afin que le gouvernement puisse disposer dans cinq ans d’un budget équilibré et sans déficit.

Concernant le volet politique de la visite, l’administration Trump considère Saad Hariri exclusivement comme son interlocuteur, les contacts avec le président de la République Michel Aoun et le chef de la diplomatie Gebran Bassil étant quasi rompus. Par conséquent, Washington compte sur M. Hariri, d’où le fait qu’il fasse l’objet d’une campagne de critiques de la part des forces politiques du 8 Mars acquises à l’axe irano-syrien et proches du Hezbollah, et ce en dépit des positions prises par le Premier ministre à l’égard du parti dans une tentative de calmer quelque peu l’ampleur de l’attaque américaine contre le parti chiite et les personnalités qui lui sont alliées, tant chrétiennes que musulmanes.

C’est pourquoi M. Hariri a déclaré aux journalistes qu’il n’avait pas été en mesure de changer la position américaine à l’encontre du Hezbollah et qu’il n’avait pas été lui-même convaincu par la leur. « J’ai insisté sur la stabilité, l’unité et le fait que les mesures prises par les Américains ne devraient avoir aucune répercussion sur la situation », a-t-il noté. Cependant, ce qui était remarquable dans la position de M. Hariri est la référence à son alliance avec le président de la Chambre et chef du mouvement Amal Nabih Berry, le chef du Parti socialiste progressiste druze Walid Joumblatt et le président des Forces libanaises Samir Geagea. Il a insisté dans ce cadre sur le fait que porter atteinte à n’importe laquelle de ces personnalités serait s’en prendre à chacune d’elles personnellement. Et cela s’est effectivement matérialisé après l’incident de Bassatine et les postures adoptées par chacun de MM. Hariri, Berry et Geagea.


(Lire aussi : Le danger d’un renforcement des sanctions est bien présent)



De nouvelles donnes pourraient apparaître le mois prochain, avec l’arrivée de David Schenker, secrétaire d’État adjoint aux Affaires du Proche-Orient, pour résoudre le différend frontalier maritime et terrestre entre Israël et le Liban avant la mise en œuvre de la deuxième phase du projet gazier et le début de l’exploration offshore en octobre, avec le lancement de la deuxième phase de l’appel d’offres international pour l’exploration. Des compagnies américaines devraient d’ailleurs y participer.

Les démarches US coïncideraient enfin avec des mesures que pourrait prendre la France avec l’arrivée à Beyrouth de l’émissaire du président français Emmanuel Macron, l’ambassadeur Pierre Duquesne, pour accompagner la mise en œuvre début septembre des décisions de la conférence de Paris et la formation d’un comité exécutif dirigé par la France et formé des représentants des pays donateurs pour superviser l’application des résolutions de la conférence en adoptant des normes de transparence intégrales et internationales.


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Eleni Caridopoulou

Avanti comme on dit en Italieno

Pierre Hadjigeorgiou

S'il y a volonté politique, Hariri et ses alliés peuvent faire fléchir le Hezbollah. Cela serait déjà arrivé si Joumblatt et Hariri n'avaient pas fléchi alors. Même Berry commence a s’éloigner du parti de Dieu car il a, lui comme ses amis, d’énormes investissements aux USA. Pensez vous s'il les risquera pour les yeux d'un mollah! De facto, Hassan Nasrallah se retrouve avec plus de 60% des Libanais contre ses élucubrations politiques qui ne conduisent qu'a des catastrophes. Si d’ici les prochaines élections le pays n'a pas implosé, il est presque garantie que le CPL et le Hezbollah perdrons la majeure partie de leurs députés et il ne seront plus en mesure de jouer les troubles fêtes encore longtemps sauf s'il décide la guerre et alors ce sera sa fin ... La patience est la mère des vertus!

Salim Dahdah

Est-ce-que la diplomatie du P.M. sera plus efficace et plus solide que celle du Ministre des A.E. G.Bassil?
Réussira-t-elle, grâce au bol d'oxygène américain et au soutien du nouveau front politique apparu au lendemain de la crise du Chouf, à réhabiliter la Souveraineté Nationale, otage jusque là de l'Iran et de son bras militaire au Liban: le Hezbollah...?
Il faut en tout cas l'espérer dans l'intérêt de tous et surtout de celui du 8 mars, qui semble traverser des périodes de grandes secousses voire même un début de désintégration, et qui sera bientôt à la recherche d'une référence exclusivement nationale...!

HABIBI FRANCAIS

Saad Hariri le visage de la stabilite du Liban ...chaque jour,il demontre qu il est le digne successeur de son pere....tous les libanais de bien devraient le soutenir ,quelquesoit leur religion .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL RESTE A HARIRI DE SAVOIR S,Y PRENDRE POUR S,IMPOSER CONTRE LES MANIGANCES GENDRISSIMO-BEAUPERIENNES.

BOSS QUI BOSSE

Hahahaha... faudrait arrêter de lui monter la ségue à notre P.M

C'est marrant cette façon de vouloir du neuf avec du l'usé . Lol...

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