X

Campus

Ma thèse en 180 secondes : Hiba Douja Chehadé dans les starting-blocks avant la grande finale

TÉMOIGNAGE

La jeune chercheuse en neurosciences va devoir exposer son travail devant un public international et les internautes du monde entier.

Carole AWIT | OLJ
17/08/2019

Hiba Douja Chehadé a commencé à s’intéresser de près aux mystères du corps humain vers la fin de son adolescence. Souhaitant comprendre le fonctionnement des êtres vivants et répondre aux défis de la recherche, la jeune fille a opté, une fois son bac en poche, pour des études de biochimie. « Au cours de ma deuxième année de licence, j’ai développé une grande passion pour le système nerveux, et cela m’a amenée à choisir, sans hésitation, d’en faire ma spécialisation », précise-t-elle.

Après une licence en biochimie et un master en neurosciences de l’USEK, obtenus respectivement en 2013 et 2015, la jeune femme décide de se consacrer à la recherche. Depuis 2016, elle est doctorante à temps plein à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, bénéficiant d’une bourse du CNRS-L. La thèse qu’elle prépare, sous la direction du professeur Joseph Maarrawi au laboratoire de recherche en neurosciences de l’USJ, porte sur les effets de la stimulation de l’insula, une partie du cortex cérébral, sur l’activité du thalamus nociceptif. « Je travaille, explique-t-elle, sur deux régions du cerveau qui jouent un rôle majeur dans la transmission du message douloureux. Je cherche à mieux comprendre comment ces deux régions interagissent afin de proposer éventuellement un nouveau traitement pour les douleurs neuropathiques, persistantes et cuisantes, causées par des accidents ou des maladies qui touchent le système nerveux. » À travers le développement de son sujet, Hiba souhaite pouvoir contribuer à trouver des solutions pour traiter un problème de santé mondial tout en participant à l’avancée et au rayonnement de la recherche au Liban. « Préparer une thèse est bien loin d’être simple. Il faut lire des centaines de papiers pour en tirer trois ou quatre informations qui me permettront de progresser dans mon travail de recherche. De plus, les expérimentations ne fonctionnent pas tous les jours. Il m’a fallu apprendre à ne pas baisser les bras et à ne pas perdre de vue mon objectif », confie la jeune doctorante.



(Lire aussi : Triplé féminin pour la finale nationale de « Ma thèse en 180 secondes »)



Relever des défis
La chercheuse de 26 ans est prête à relever des défis pour pouvoir partager sa passion pour les neurosciences et évoquer l’intérêt de son sujet de thèse devant le grand public. Elle décide alors de se porter candidate pour la finale nationale du concours « Ma thèse en 180 secondes » (MT180) organisée au Liban, pour la 3e année consécutive, par l’AUF Moyen-Orient et le CNRS-L en collaboration avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et l’Observatoire national pour la femme dans la recherche (DAWReK’n). « Au départ, cela me semblait quasi impossible de pouvoir exposer, en 3 minutes seulement, mon travail de thèse à un public divers, pas nécessairement tourné vers les sciences », confie la doctorante qui a dû se préparer avant de se lancer dans cet exercice délicat. Grâce à des séances de formation offertes par l’AUF et le CNRS-L, la jeune femme raconte avoir appris à formuler ses idées d’une manière concise et ludique, à gérer son stress et à s’exprimer plus aisément devant un auditoire. Sa volonté de se dépasser lui permet de se démarquer des 11 autres candidats et de monter sur la première marche du podium suite à sa participation à la compétition le 27 juin à la Bibliothèque nationale du Liban.



(Pour mémoire : Lorsque Rosabelle Chédid explique sa thèse aux internautes du monde entier)



Une visibilité internationale
La victoire de Hiba Douja Chehadé au concours MT180 lui offrira une visibilité internationale, ce qui ne manque pas de réjouir la jeune femme qui s’apprête à vivre dans quelques semaines, au Sénégal, une aventure riche en échanges et en apprentissages. Elle va en effet exposer son travail de recherche devant un public international et les internautes du monde entier en participant à la 6e édition de la finale internationale MT180 qui se déroulera le 26 septembre à Dakar. Il s’agit encore une fois d’un défi de taille pour la jeune chercheuse qui ne se repose pas sur ses lauriers. Pour mettre toutes les chances de son côté, Hiba a repris son entraînement en vue de perfectionner sa prestation lors du concours d’éloquence et de vulgarisation scientifique où elle sera en compétition avec 17 lauréats francophones. « Je tiens à remercier Mlle Mireille el-Rayess de l’AUF, qui continue à me suivre et à m’encourager, M. Rabih el-Khoder pour m’avoir formée à la prise de parole en public, et la docteure Tamara el-Zein du CNRS-L pour ses conseils sur la vulgarisation scientifique. Grâce à eux, j’appréhende moins la finale internationale, mais je ne vous cache pas que je suis impressionnée par cet événement grandiose », précise la jeune femme.

Même si elle veille à s’accorder des pauses et des moments de détente, la jeune chercheuse a le souci de respecter son calendrier de travail en vue de pouvoir soutenir sa thèse en juillet 2020. « Ensuite, je projette de me lancer dans des études postdoctorales. Je voudrais enseigner et continuer à faire de la recherche. Je pense m’établir quelque temps à l’étranger pour enrichir mes connaissances et gagner plus d’expérience », note, enthousiaste, Hiba Douja Chehadé.



Pour mémoire

« Ma thèse en 180 secondes » : la relève scientifique au cœur de la finale


À la une

Retour à la page "Campus"

Dernières infos

Les signatures du jour

L’édito de Élie FAYAD

La soixante-treizième heure

Décryptage de Scarlett HADDAD

Le gouvernement se réunit aujourd’hui, mais la crise de confiance est trop profonde

Commentaire de Anthony SAMRANI

Le réveil d’une nation

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants