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La Turquie déterminée à détruire le "corridor terroriste" dans le nord de la Syrie

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"Au printemps prochain, nous serons en mesure de commencer à utiliser activement les (S-400)", déclare le chef de l'Etat turc. 

OLJ/Agences
26/07/2019

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé vendredi que la Turquie est déterminée à détruire le "corridor terroriste" situé à l'est de l'Euphrate, en Syrie, quel que soit le résultat des négociations menées avec les Etats-Unis concernant l'établissement d'une zone de sécurité dans cette région. 

"Quel que soit l'aboutissement des discussions avec les Etats-Unis sur la création d'une zone de sécurité à la frontière syrienne, nous sommes déterminés à détruire le corridor terroriste à l'est de l'Euphrate", a déclaré M. Erdogan. "Ceux qui font confiance aux puissances étrangères dans la région se feront enterrer, a-t-il lancé lors d'une réunion avec les membres de son parti, selon l'AFP. "Nous trouverons une solution définitive au terrorisme", a-t-il ajouté.
Une telle opération militaire serait la troisième que lancerait la Turquie en trois ans dans le nord de la Syrie.

Après l'annonce par Donald Trump, à la fin de l'année dernière, du retrait des forces américaines présentes dans le nord de la Syrie, Ankara et Washington étaient convenus de créer une zone, le long de la frontière syro-turque, que devraient évacuer les miliciens kurdes syriens des YPG (Unités de protection du peuple). Ankara considère les YPG comme une organisation terroriste et comme le prolongement en Syrie du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), qui mène une insurrection depuis 1984 contre le pouvoir turc dans le sud-est de la Turquie. Or, les YPG ont été le principal allié de Washington sur le terrain en Syrie dans les affrontements contre les djihadistes du groupe Etat islamique.



"Ingérence américaine destructrice"
Une délégation américaine, conduite par l'émissaire spécial de Washington pour la Syrie, James Jeffrey, a soumis cette semaine des propositions qui n'ont pas convaincu les autorités turques, a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. Mercredi, M. Cavusoglu a indiqué que les propositions faites par les Etats-Unis n'étaient pas "satisfaisantes", soulignant que la Turquie "perdait patience". 

A Washington, le Pentagone a réaffirmé que la coordination et les consultations entre Etats-Unis et Turquie étaient la seule façon de résoudre les questions de sécurité.

De leur côté, les autorités à Damas ont dénoncé la tenue des pourparlers entre les Etats-Unis et la Turquie sur la création d'une "zone de sécurité" en Syrie, y voyant une "ingérence américaine destructrice". "La Syrie réitère son rejet catégorique de toute entente américano-turque, qui représente une agression flagrante de la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie", a indiqué une source aux Affaires étrangères citée par l'agence officielle Sana, en condamnant "la poursuite de l'ingérence américaine destructrice".


(Lire aussi : Ankara promet de riposter après la mort d’un diplomate turc au Kurdistan irakien)


Les S-400 opérationnels dès avril 2020
Les déclarations de M. Erdogan interviennent alors que les relations entre Ankara et Washington traversent une passe difficile, notamment après la décision des Turcs d'acheter des missiles russes S-400, incompatibles avec les systèmes de défense de l'OTAN.

Au sujet des missiles, le président turc a déclaré vendredi que son pays pourrait commencer à utiliser les systèmes anti-aériens russes S-400, dont la livraison a démarré mi-juillet, dès avril 2020. "Au printemps prochain, si Dieu le veut en avril 2020, nous serons en mesure de commencer à utiliser activement les (S-400)", a déclaré le chef de l'Etat turc lors d'un discours télévisé. 

Ankara a acheté les systèmes russes malgré les protestations de Washington, qui estime notamment que les S-400 ne sont pas compatibles avec les dispositifs de l'OTAN, dont la Turquie est membre.

Les Etats-Unis ont par ailleurs annoncé la semaine dernière l'exclusion de la Turquie du programme d'avions furtifs F-35, estimant que celui-ci ne peut coexister avec les S-400. Washington juge que l'achat de ces systèmes de défense russes par Ankara met en danger les secrets technologiques du F-35, dont la Turquie veut aussi se doter.

"Vous ne nous donnez pas les F-35 ? Très bien, excusez-moi, mais dans ce cas nous prendrons des mesures à ce sujet et nous tournerons vers d'autres", a averti M. Erdogan, soulignant qu'aucune "menace ou sanction" n'empêchera la Turquie "d'assurer sa sécurité". Il a par ailleurs souligné avoir rappelé à son homologue américain Donald Trump, lors d'une rencontre en marge du G20 à Osaka le mois dernier, que la Turquie a un contrat pour acheter des appareils Boeing nouvelle génération. "Nous sommes de bons clients", a-t-il affirmé. "Mais si cela continue ainsi, que nous le voulions ou non, nous serons obligés d'y réfléchir à nouveau", a-t-il ajouté.



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Sarkis Serge Tateossian

IL y avait des rumeurs sur sa santé ...finalement Erdogan s'en sort bien, juste avec une arthrose aux deux pouces ...il est incapable de les ouvrir.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES FANFARONNADES DE L,APPRENTI MINI SULTAN ERDO.

Sarkis Serge Tateossian

EFFENDI ERDOGAN DIT :

"Au printemps prochain, nous serons en mesure de commencer à utiliser activement les (S-400)", déclare le chef de l'Etat turc
(il sait acheter du bon matériel)

Quel que soit l'aboutissement des discussions avec les Etats-Unis sur la création d'une zone de sécurité à la frontière syrienne, nous sommes déterminés à détruire le corridor terroriste
(Déterminé à détruire des alliées de l'Amérique)

Une telle opération militaire serait la troisième que lancerait la Turquie en trois ans dans le nord de la Syrie.
(La Syrie, arabe ou pas, il s'y sent chez lui ..., il est ottoman envahisseur)

"Vous ne nous donnez pas les F-35 ? Très bien, excusez-moi, mais dans ce cas nous prendrons des mesures à ce sujet et nous tournerons vers d'autres"
(il montre que le chantage c'est sa ruse essentielle)

IL JOUE DANS LA COUR DES GRANDS ....TANT QU'IL EST ENCORE DEBOUT....LE TEMPS PRESSE ET LES (LIRA) TURCS FONDENT COMME LA NEIGE....

La réponse américaine va être sanglante.
Poutine se marre dans son coin, il a raison.




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