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La Dernière

La femme est un homme comme les autres

Un peu plus
06/07/2019

On a beau être au XXIe siècle, force est de constater que l’égalité entre hommes et femmes n’existe toujours pas. Dans le monde certes, mais au Liban comme dans tout le Moyen-Orient encore moins. Les salaires ne sont pas égaux, les droits non plus. Inutile de dresser toute la liste de ces injustices actuelles, comme le droit de donner sa nationalité à ses enfants ; d’être leur tutrice légale ; de leur ouvrir un compte en banque ; d’avoir leur garde automatique en cas de divorce ; de recevoir une pension alimentaire décente ; d’avoir le droit d’hériter selon la loi de certaines confessions, etc.

Mais l’égalité pour les femmes, c’est aussi et surtout une question de quotidien. Dans le couple. Au sein du ménage. Dans la famille. Sur leur lieu de travail. Dans leur façon de s’habiller. Quand elles se promènent dans la rue. Quand elles sortent seules le soir. Dans leur volonté de ne pas avoir d’enfant. Dans leur droit d’avoir un amant. D’aimer qui elles veulent… Dans tous les aspects de leur vie.

Sauf qu’un grand nombre d’hommes libanais ne l’entendent pas de cette oreille. Si certains d’entre eux ont énormément de respect pour les femmes, d’aucuns ont oublié la notion de ce dit respect. Pourtant, il s’agit du b.a.-ba. Et pourtant ce b.a.-ba est inlassablement bafoué.

La femme reste une citoyenne de seconde zone. Un être inférieur qui au moindre dérapage se fera condamner. De n’importe quelle manière. Condamnée par sa famille, son mari, la société et bien sûr la justice. Ces condamnations, aussi mineures soient-elles, sont la preuve que l’égalité a encore un (très) long chemin à parcourir. Et honnêtement, ce n’est pas demain la veille qu’on verra, par exemple, notre Parlement composé de 50 % de femmes. Normal, nous ne sommes pas à la hauteur.

Mais là où le bât blesse, c’est dans notre vie de tous les jours. Le pays partant à la dérive et son peuple avec, il n’est plus surprenant de se faire insulter dans la rue. Par un chauffard qui juge probablement qu’une femme ne devrait pas conduire et qui lance des « charmouta  » à droite et à gauche. Les piétons aussi s’en donnent à cœur joie. « Yo2borné fakhdik » pour rester poli. Parce qu’il n’y a pas que la cuisse (que cet homme bien élevé pense être légère) qui pourrait l’enterrer. Toute l’anatomie (sexuelle) d’une femme y passe. Évidemment, ça ne s’arrête pas à un « Ya achta ». Ça va plus loin. Pincement de fesses, propositions indécentes, zyeutage. Impossible de marcher dans la rue sans sentir le poids du regard concupiscent de 90 % des mecs qu’on croise. Quelle que soit la tenue que l’on porte.

Inutile de mentionner ce qui se passe lorsqu’une femme a eu la mauvaise idée de porter un short, une jupe ou un décolleté plongeant… Puisque même un ministre a eu le culot de soutenir qu’en cas de viol, c’était la faute de la femme si elle portait une tenue « provocante ». On est très très loin du mouvement #freethenipple qui agite les réseaux sociaux en Occident. Loin de #metoo.

Chez elle aussi, la femme est souvent diminuée. Il suffit de visionner le screening de la pièce Shéhérazade in Baabda de Zeina Daccache pour constater que dans certains milieux plus défavorisés que d’autres, la femme est considérée comme une moins que rien. Qu’elle se fait humilier, se fait battre, voire tuer. Il ne faut donc pas s’étonner que si une femme vit seule, si elle s’est affranchie de sa famille ou de son époux, si elle a un amant (voire plusieurs), elle sera brûlée sur le bûcher des conventions sociales et sociétales et traitée de pute. Pute, elle le sera également pour ses collègues si elle est (trop) sexy, (trop) maquillée, (trop) jolie.

On aura beau avoir gagné quelques batailles, on ne pourra rien faire contre le manque d’éducation, contre la muflerie de ces connards que l’on croise en sortant de chez nous. On ne peut encore rien contre cette société patriarcale et machiste dans laquelle on vit. Dans cette société partie en vrille. Et lorsqu’on voit que le respect des femmes est devenu quasi inexistant, on sait que la guerre va être très longue. Il ne nous reste plus qu’à compter sur les générations futures. Quoi que.

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Hitti arlette

Madame Cassandre . Tout ce que racontez s'applique également aux pays les plus modernes et les plus développés . En France les femmes se battent jusqu'à ce jour pour la parité et l'égalité avec les hommes . Le chiffres des Françaises tabassées à mort par leurs conjoints est effroyable . Il faudra donc arrêter de dénigrer le Liban où la vie reste encore plus acceptable et plus humaine que dans bon nombre de pays qui s'enorgueillissent de leur modernité ,leurs développements technologiques et leur façon de vivre . Ces pays où la solitude ,à elle seule, reste le mal incurable que nous autres libanais n'avons presque jamais connue ou vécue ..

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

-CHRIS : CHRISTINE, PEUX-TU FAIRE PIPI DEBOUT ?

Le point

La traumatisme actuel des femmes, surtout au Moyen-Orient , est accentué par l'émancipation générale qui est en marche, et qui ne va pas assez vite, mais rien ne l'arrêtera n'en plus.

Assises entre "deux chaises" la posture n'est pas confortable. Une question de temps, patience !

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