Nos Lecteurs ont la Parole

Les histoires drôles et les plaisanteries

Sylvain THOMAS
OLJ
14/06/2019

Peu de choses éclairent le caractère d’un individu aussi nettement que son sens de l’humour. C’est là un axiome connu depuis longtemps des gens cultivés. Il ressort de travaux de recherches très poussés qu’un esprit doté d’humour va généralement de pair avec une personnalité bien équilibrée. En revanche, les gens qui ne trouvent jamais drôles les bons mots, les dessins humoristiques ou les incidents comiques de la vie quotidienne sont souvent mal adaptés psychologiquement.

Certaines personnes sont incapables de saisir la drôlerie d’une histoire ou d’une caricature, ou bien elles l’interprètent de travers.

Par exemple, les névrosés trouvent fréquemment aux anecdotes humoristiques un sens tout différent de la pensée de l’auteur. Il n’est pas rare que les êtres renfermés soient imperméables à l’humour ou anormalement affectés par ses manifestations.

Un sens de l’humour très développé est un signe d’intelligence. Une série de tests effectués dans une université semble confirmer cette assertion : les sujets classés en tête dans les tests d’humour étaient pour la plupart également brillants dans les tests d’intelligence.

Ailleurs, on a remarqué aussi que ce ne sont pas les élèves les plus pondérés qui obtiennent les meilleures notes. Les étudiants doués d’un sens de l’humour très développé obtiennent des succès plus facilement que les autres.

Le rire n’est pas toujours une preuve d’humour. Le plus souvent, les individus qui ont tendance à rire très fort et très longtemps en entendant un bon mot n’ont pas un sens de l’humour très aiguisé. Secrètement conscients de cette lacune, ils s’efforcent de la dissimuler par des réactions exagérées.

Une plaisanterie quelconque ou une affreuse blague suscite chez eux la même réaction qu’un trait d’esprit vraiment drôle. On a noté aussi que les gens les plus spirituels sont peu portés à l’hilarité. Parce qu’ils savent goûter le véritable humour, ils se montrent difficiles et ne réagissent jamais de façon ostentatoire ou exagérée.

Qui n’aime pas faire une blague de temps à autre ? Rien d’anormal à cela. Cependant, les amateurs invétérés de blagues, qui ne peuvent résister à l’envie de faire un jeu de mots, sont souvent victimes de troubles graves de la personnalité. Le goût des blagues à double sens trahit notamment un conflit intérieur dont il est l’expression verbale.

D’éminents psychologues ont découvert qu’un bon moyen d’obtenir de précieuses indications sur le caractère d’un individu consiste à lui faire raconter sa petite histoire favorite. Un célèbre psychanalyste avait adopté cette « stratégie », affirmant qu’elle lui donnait invariablement la clé des conflits aigres du patient.

Selon lui, les histoires tournant les femmes en dérision ou relatant d’extravagantes conquêtes indiquent une crainte des femmes ou la peur d’une insuffisance physiologique.

L’histoire qu’on ne se rappelle jamais chez les personnes qui ne peuvent se souvenir des bonnes histoires (même de celles qu’elles apprécient le plus) sont généralement sujettes à des problèmes d’ordre personnel.

On s’est aperçu que les individus en proie à un conflit moral donné avaient tendance à étouffer inconsciemment le souvenir des plaisanteries touchant à ce sujet et qu’ils les oublient parfois en l’espace de quelques minutes. Un psychanalyste a noté que c’est là un phénomène apparenté à l’incapacité de se rappeler les rêves. Le même processus de censure par le subconscient agit dans les deux cas.

Au total, rien ne paraît mieux résumer les découvertes de la science dans ce domaine que cette plaisante formule : « Dis-moi si tu sais rire, je te dirai si tu sais vivre. »

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

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