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Liban

Dernière ligne droite pour le tracé des frontières maritimes et terrestres entre Israël et le Liban ?

Liban-Israël

Satterfield devrait apporter aujourd’hui une réponse israélienne aux propositions libanaises.

13/06/2019

Avancée à petits pas pour la médiation menée par le secrétaire d’État adjoint américain David Satterfield entre le Liban et Israël, au sujet du contentieux frontalier bloquant l’exploration des hydrocarbures en Méditerranée. Présent hier à Beyrouth, M. Satterfield s’est entretenu avec plusieurs responsables libanais au sujet de leur volonté de mener en concomitance un tracé des frontières maritimes et terrestres, ainsi qu’au sujet de la durée à prévoir pour les pourparlers entre les deux pays. Le diplomate US, qui effectue depuis quelques semaines des navettes entre les deux pays, devrait apporter aujourd’hui une réponse israélienne aux propositions libanaises.

L’émissaire américain a rencontré hier le Premier ministre Saad Hariri, le chef du législatif Nabih Berry, et la ministre de l’Énergie Nada Boustani. Il était accompagné de l’ambassadrice des États-Unis au Liban, Elizabeth Richard. Au Grand Sérail, le responsable américain a évoqué « les développements dans le cadre de sa mission » avec M. Hariri, sans plus de détails, selon un communiqué du bureau de ce dernier. Selon la chaîne LBCI, il aurait indiqué à M. Hariri qu’il n’était pas encore arrivé aux résultats escomptés. « Réunion positive avec le secrétaire d’État adjoint américain David Satterfield qui m’a informée que l’administration américaine encourage les compagnies à investir dans le secteur des hydrocarbures au Liban », a pour sa part écrit Mme Boustani sur Twitter.

M. Satterfield a ensuite été reçu à Aïn el-Tiné par le président du Parlement. Les discussions « ont atteint un stade crucial et l’important à ce niveau est la préservation de l’intégralité des droits libanais », rapporte un communiqué du bureau de M. Berry. Des sources proches du président du Parlement ont déclaré à L’Orient-Le Jour que le Liban a pu obtenir que le tracé des frontières terrestres et maritimes avec Israël soit effectué en concomitance, mais que la question de la durée des pourparlers entre les deux pays restait à déterminer. Les Israéliens demandent que ces négociations soient établies sur six mois, alors que le Liban préfère ne pas se limiter à une date pour donner aux discussions le temps qu’elles méritent.

M. Satterfield espère pouvoir lancer les pourparlers sur le tracé des frontières entre le Liban et Israël avant la fin de sa mission dans le cadre de ce dossier. Nommé depuis peu ambassadeur de son pays à Ankara, il devrait prendre rapidement ses fonctions pour être sur place en vue de la visite du président américain en Turquie prévue au début du mois de juillet. David Schenker, récemment nommé secrétaire d’État adjoint aux Affaires du Proche-Orient, est évoqué comme possible successeur. David Satterfield s’est par ailleurs réuni avec le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, ainsi qu’avec le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, à Yarzé.



(Lire aussi : Frontières maritimes, un dossier en suspens malgré la visite de Satterfieldle décryptage de Scarlett Haddad)



Un stade crucial
Les discussions de M. Satterfield avec les responsables libanais « ont atteint un stade crucial », souligne notre correspondante Hoda Chedid, qui ajoute que la position du Liban n’a pas changé, notamment concernant son refus de séparer la question des frontières maritimes et terrestres. Toujours selon notre correspondante, les points aujourd’hui acquis sont : le principe de négociation entre les deux pays, la participation de l’ONU à ces pourparlers et la médiation US. Restent quelques détails à régler concernant le principe de non-séparation dans les discussions entre les frontières maritimes et terrestres.

Interrogé par L’OLJ, l’analyste Sami Nader semble moins sûr de la volonté libanaise de traiter en même temps des frontières maritimes et terrestres et remet en question les informations qui circulent à ce sujet. « Il n’est pas clair si le Liban veut continuer à évoquer la concomitance de ces dossiers. Le Hezbollah a lancé cette idée, mais il s’est rétracté car la délimitation des frontières terrestres suppose un débat avec la Syrie sur les fermes de Chebaa », estime l’expert.

« Le Liban a intérêt à travailler avec les Américains, en dépit de la surenchère due au conflit américano-iranien, souligne M. Nader. Les Américains n’ont pas eu de portion du marché des hydrocarbures en Israël à cause du monopole d’une société israélienne », ajoute l’expert, ce qui expliquerait l’intérêt des États-Unis pour les hydrocarbures libanais. « Un des sujets portés par M. Satterfield au Liban concerne les sociétés américaines qui pourraient exploiter le secteur ici. Il pourrait s’agir d’un investissement à visée géopolitique dans la région. Les pipelines de l’est de la Méditerranée pourraient être les seules à échapper au contrôle russe », explique-t-il.

Pour notre chroniqueur politique Philippe Abi-Akl, il existe un risque que les négociations avec Israël soient ralenties à cause des dernières déclarations du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, qui a menacé dans un discours en début de mois de construire une usine de missiles balistiques de précision au Liban.

M. Abi Akl évoque par ailleurs une volonté syrienne de tracer les frontières maritimes avec le Liban, sous une médiation russe. Selon lui, la Syrie essaierait d’éviter un tracé des frontières terrestres avec le Liban en détournant l’attention de la communauté internationale vers un supposé litige au niveau des frontières maritimes.



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Irene Said

Le Liban et Israël, savent-ils ce que c'est:
une ligne droite ???
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

FAUT NEGOCIER DIRECTEMENT POUR EVITER LES ZIGZAGS DES INTERMEDIAIRES. MEME CHOSE AVEC LA SYRIE.

Yves Prevost

Et la frontière avec la Syrie, c'est pour la St Glinglin?

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