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Téhéran dénonce la "vacuité" du discours américain après de nouvelles sanctions

Iran

Le porte-parole des Affaires étrangères iranien juge que la "politique américaine de pression maximale" contre l'Iran est "vouée à l'échec".

OLJ/AFP
08/06/2019

Les nouvelles sanctions américaines contre un grand groupe prétrochimique iranien sont la "preuve" de la "vacuité" du discours des Etats-Unis lorsque ceux-ci disent être prêts à discuter avec l'Iran, a déclaré samedi le porte-parole des Affaires étrangères iranien. 

"Il n'aura fallu qu'une semaine pour que les affirmations du président américain sur sa volonté de négocier avec l'Iran fassent la preuve de leur vacuité", a déclaré Abbas Moussavi dans un communiqué au lendemain de l'annonce par Washington de sanctions économiques contre la Persian Gulf Petrochemical Industries Company (PGPIC). Voyant dans ces sanctions un nouvel exemple de "terrorisme économique" des Etats-Unis vis-à-vis de son pays et de l'"hostilité" de Washington à l'égard de la République islamique, M. Moussavi a jugé que la "politique américaine de pression maximale" contre l'Iran était "vouée à l'échec".

Le Trésor américain a annoncé vendredi avoir imposé des sanctions à la PGPIC en raison "du soutien financier" que celle-ci apporterait aux Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran. Les nouvelles sanctions visent PGPIC, présentée par Washington comme "la plus grande holding pétrochimique" iranienne et 39 de ses filiales ou agents à l'étranger.


(Lire aussi : Pour Khamenei, la présidence de Trump signale le "déclin politique" des Etats-Unis)



Le président américain Donald Trump a retiré unilatéralement en mai 2018 son pays de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, ce qui a entraîné le rétablissement de dures sanctions économiques contre l'Iran. L'accord de Vienne est censé empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique, mais M. Trump estime qu'il ne fournit pas de garanties suffisantes et veut contraindre Téhéran, via sa politique de "pression maximale", à renégocier un accord plus contraignant. Téhéran répète que cela est hors de question et a menacé en mai les Etats encore parties à cet accord (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) de s'en affranchir progressivement si ceux-ci ne l'aident pas à trouver un moyen de contourner les sanctions américains, qui contribuent à asphyxier l'économie iranienne.

Estimant que les autorités de Téhéran "veulent parler" avec les Etats-Unis, M. Trump a déclaré jeudi en France que c'était "très bien". "Nous parlerons, mais une chose est sûre: ils ne peuvent pas avoir l'arme nucléaire", avait-il ajouté. Jusqu'à présent, Téhéran a conditionné tout éventuel dialogue avec les Etats-Unis à levée des sanctions et au retour des Etats-Unis dans le cadre de l'accord de Vienne.

Dans ce contexte, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, a affirmé dans un entretien publié samedi que l'Iran continue d'exporter son pétrole par le biais de "ventes non-officielles ou non-conventionnelles" en dépit des sanctions. "Nous avons des ventes non-officielles ou non-conventionnelles, qui sont toutes secrètes car, si elles étaient connues, les Etats-Unis les feraient cesser immédiatement", a déclaré M. Zanganeh dans cet entretien accordé à un média iranien et reproduit par Shana, l'agence du ministère du Pétrole. M. Zanganeh a refusé de donner le moindre détail sur les ventes de brut iranien, indiquant qu'il ne communiquerait aucun chiffre avant que "les sanctions soient levées".

M. Zanganeh a affirmé à plusieurs reprises que la volonté affichée par Washington de réduire "à zéro" les exportations de brut iranien était une chimère. Selon Shana, il a néanmoins jugé dans sa dernière interview, que les Etats-Unis avaient atteint une "maturité diabolique" en matière de sanctions.  "L'Iran se voit imposer actuellement les sanctions institutionnalisées les plus sévères de l'histoire", a-t-il dit.

Les sanctions américaines visant les achats de pétrole iranien sont entrées en vigueur en novembre 2018. Selon l'agence Bloomberg, les exportations de pétrole iraniennes sont passées de 1,5 million de barils par jour (bpj) en octobre 2018 à 750.000 bpj en avril, dernier mois avant l'entrée en vigueur de la fin des dérogations accordées par Washington.

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HABIBI FRANCAIS

Les americains ne cessent de se mordre les doigts pour avoir permis l accession au pouvoir des mollahs en 1979 au nom du rempart contre le communisme......les mollahs diaboliques sont resultes de pires ennemis que les communistes.!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL VEUT LES ETOUFFER POUR LES OBLIGER AU DIALOGUE. OU CETTE STRATEGIE VA DONNER DES RESULTATS OU ELLE NE VA RIEN DONNER. LES CHANCES SONT 50/50. MAIS C,EST MECONNAITRE LA MENTALITE IRANIENNE DES MOLLAHS. A MOINS QUE LE PEUPLE BOUGE !

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