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Moyen Orient et Monde

Israël seul (pour l’instant) à répondre militairement à l’Iran

Conflit

Des frappes israéliennes, hier matin, en Syrie ont fait 10 morts, dont des Iraniens et des combattants du Hezbollah ; Téhéran semble vouloir tester les lignes rouges de ses voisins.


03/06/2019

Trois frappes israéliennes en moins d’une semaine. L'Etat hébreu a mené des frappes sur une base aérienne de Homs, ont rapporté, dans la nuit de dimanche à lundi, des médias d'Etat syriens. Selon Sana, ces frappes, qui ont touché un entrepôt de munitions sur la base baptisée T-4, ont fait un mort. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) évoque un bilan de 5 morts. Selon le Haaretz, cette base, déjà visée par des frappes israéliennes par le passé, abrite des forces russes et iraniennes ainsi que des membres du Hezbollah.

Quelques heures plus tôt, dimanche matin, l’État hébreu avait déjà mené une série de frappes aériennes en Syrie, faisant une dizaine de morts. Israël ripostait à des tirs de roquettes, dans la soirée de samedi, en direction du mont Hermon, sur le plateau du Golan.

Les médias officiels syriens ont confirmé des tirs de missiles israéliens près de la capitale Damas mais aussi dans la province de Quneitra (Sud-Ouest), frontalière du plateau du Golan dont la majeure partie est occupée et annexée par Israël depuis 1981. L’OSDH a par ailleurs rapporté que les frappes ont visé des installations iraniennes et du Hezbollah, soutiens du régime de Bachar el-Assad. L’ONG a également précisé que le bilan de ces frappes est de dix morts, dont trois soldats de l’armée syrienne et « sept combattants alliés de nationalité étrangère », dont des Iraniens et des combattants du Hezbollah.

Côté israélien, un porte-parole de l’armée a affirmé que les roquettes tirées depuis la Syrie n’ont pas fait de victimes en Israël, sans être en mesure de confirmer qui était à l’origine des roquettes tirées et les cibles visées. Toutefois, le quotidien israélien Haaretz a noté hier qu’aucun combat ou affrontement n’avait eu lieu dans la région, concluant que ces roquettes lancées de Syrie visaient ainsi ponctuellement le territoire israélien.


(Lire aussi : Nasrallah menace les États-Unis de construire une usine de missiles balistiques de précision au Liban)


Tester les limites
« Nous ne tolérerons pas les tirs sur notre territoire et nous nous opposerons avec force à toute agression contre nous. C’est une politique cohérente que je mène et que je continuerai de mener pour la sécurité d’Israël », a twitté hier le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Il est devenu quasi coutumier, depuis 2017, que l’État hébreu frappe les positions iraniennes en Syrie. L’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne Gadi Eisenkot avait annoncé en janvier dernier dans une interview qu’Israël avait mené plusieurs « milliers » de frappes sur le territoire syrien, rompant ainsi avec la politique de l’État hébreu consistant à ne jamais revendiquer directement ses attaques en Syrie. Mais celles d’hier interviennent dans un contexte particulier de tensions entre la République islamique, les États-Unis et leurs alliés arabes dans la région, notamment depuis l’arrivée des renforts militaires américains dans la région du Golfe début mai.Entre le sabotage de navires émirati, saoudien et norvégien le 12 mai près du littoral des Émirats, les attaques de drones lancées par les milices houthies depuis le Yémen contre un oléoduc en Arabie saoudite deux jours plus tard, une roquette tombée à Bagdad dans la « zone verte », où se trouve l’ambassade américaine, le 19, et maintenant des roquettes en direction du Golan, l’Iran semble vouloir utiliser ses supplétifs et ses « soutiens » pour tester les limites de ses voisins, en effectuant des manœuvres que l’on pourrait qualifier de « démonstration », voyant lesquels d’entre eux se contiennent et lesquels passent à l’action. Pour le moment, seul Israël a opté pour la deuxième solution.


(Lire aussi : Les Etats-Unis prêts à parler à l'Iran "sans conditions préalables", selon Pompeo)


« Explosion »
De leur côté, les pays arabes, rassemblés en trois sommets en Arabie saoudite, ont ouvertement dénoncé les ingérences de l’Iran, mais n’ont pas « répondu » aux actions de nuisance qu’ils imputent à la République islamique.

Mais à force, Téhéran ne risque-t-il pas de provoquer l’embrasement qu’il dit vouloir éviter ? « Les services de renseignements israéliens ont récemment averti que le groupe terroriste Hezbollah basé au Liban pourrait être à l’origine d’incidents susceptibles d’entraîner une escalade sur le plateau du Golan dans le cadre des efforts de Téhéran pour lutter contre les sanctions américaines et les frappes israéliennes contre les forces iraniennes en Syrie », écrivait hier Haaretz. « Ce à quoi nous avons assisté pourrait inexorablement conduire à un conflit israélo-syrien d’une grande ampleur qui pourrait à son tour déclencher un conflit israélo-libanais et un échange beaucoup plus violent entre l’Iran et l’État hébreu », explique, quant à lui, Aaron David Miller, vice-président au centre Wilson à Washington et ancien conseiller auprès de six secrétaires d’État américains, interrogé par L’Orient-Le Jour. Mais « ni les Israéliens, ni les Iraniens, ni même le Hezbollah ne veut d’une “explosion” qui embraserait toute la région et dépasserait les zones d’action de 2006, lors de la guerre israélo-libanaise », ajoute-t-il. Ceci dit, note l’expert, le Golan pourrait bien être la zone de départ d’un éventuel conflit entre les deux parties, cette région étant déjà sous tensions entre l’État hébreu et le Hezbollah.


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