"Israël est dans une grande pagaille avec ces élections", a déclaré, selon le Haaretz, Donald Trump à des journalistes le 2 juin 2019 AFP / Jim WATSON
Dimanche soir, soit trois jours après la dissolution de la Knesset suite à l’échec de Benjamin Netanyahu à former une nouvelle coalition, et l’annonce de nouvelles législatives en septembre, Donald Trump n’a pas caché, lors d’une rencontre avec des journalistes à la Maison Blanche, qu’il "n’était pas content", rapporte le Haaretz. Le président américain était interrogé sur des commentaires de son secrétaire d’État, Mike Pompeo, qui, selon le Washington Post, aurait dit craindre que le futur plan pour le Proche-Orient ne soit accueilli avec scepticisme et considéré comme "inapplicable".
"Israël est dans une grande pagaille avec ces élections. C’est sorti de nulle part il y a trois jours. C’est une grande pagaille. Ils doivent se ressaisir", a lancé M. Trump, visiblement irrité, rapporte le quotidien israélien. "Bibi a été élu, et là, subitement, ils doivent recommencer tout le processus électoral en septembre. Nous ne sommes pas contents de cela", a-t-il ajouté.
Lors des législatives d’avril, le président américain avait pesé, à plusieurs reprises et directement, en facteur de Banjamin Netanyahu.
Les aspects économiques du plan de Jared Kushner destiné à résoudre le conflit israélo-palestinien doivent être dévoilés les 25 et 26 juin lors d'une conférence organisée à Manama, à Bahreïn. Il a d'ores et déjà été rejeté par les Palestiniens, qui considèrent que Washington n'est pas un interlocuteur crédible à cause de son soutien sans faille à l’État hébreu.
Les doutes de Pompeo
Le plan "peut être rejeté", a d'ailleurs affirmé mardi Mike Pompeo, lors d'une rencontre privée avec la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, a rapporté, dimanche, le Washington Post. "Peut-être, à la fin, les gens diront +Ce n'est pas particulièrement original, cela ne marche pas particulièrement bien pour moi+, c'est-à-dire, +il a deux bonnes choses et neuf mauvaises+ non merci", a rapporté le journal, citant un enregistrement audio de la rencontre auquel il a eu accès. "Je comprends pourquoi les gens pensent qu'il s'agit d'un accord que seuls les Israéliens pourront aimer", a-t-il dit, selon le Washington Post. "Je comprends cette perception. J'espère juste qu'on laissera la place à l'écoute et qu'on la laissera s'installer un peu", a-t-il ajouté.
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Le gendre et conseiller du président américain, qui prépare depuis des mois son plan, avait indiqué vouloir attendre le résultat des élections israéliennes, en avril, puis la fin du ramadan, début juin, pour le présenter. Mais devant l'incapacité de Benjamin Netanyahu à former une coalition gouvernementale, le Parlement israélien a voté mercredi dernier pour sa propre dissolution et les électeurs seront à nouveau appelés aux urnes le 17 septembre.
"J'espère qu'à terme (les Palestiniens) seront capables de gouverner"
Les dernières déclarations de M. Kushner au site d’information Axios ne devraient pas faciliter les choses. Dans cet entretien, le gendre du président estime que les Palestiniens devraient avoir le "droit à l'autodétermination" mais ne semblaient pas prêts à se gouverner eux-mêmes. Interrogé sur l'éventualité que les Palestiniens puissent se gouverner sans immixtion gouvernementale ou militaire israélienne, M. Kushner répond, en effet, que "c'est placer la barre haut". "Quand on n'a pas une structure gouvernementale et un niveau de sécurité appropriés et que les gens (les Israéliens) vivent dans la peur du terrorisme, cela nuit aux Palestiniens", a-t-il dit. "J'espère qu'à terme ils seront capables de gouverner", ajoute-t-il encore.
M. Kushner met aussi en doute l'éventualité d'un État palestinien indépendant échappant à toute ingérence israélienne. Interrogé sur l'absence totale de confiance des Palestiniens à son égard, il répond ne pas être "là pour qu'on (lui) fasse confiance".
M. Kushner a déjà dit que le plan ne ferait pas référence à la solution dite à deux États, c'est-à-dire la création d'un État palestinien coexistant avec Israël. Cette solution fait référence pour l'ONU et est endossée par la direction palestinienne internationalement reconnue.


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18 h 05, le 03 juin 2019