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Des ONG accusent le Liban d'avoir "sommairement expulsé" 16 Syriens

Liban

Selon un rapport sécuritaire officiel publié dans la journée, 301 ressortissants syriens entrés illégalement sur le territoire libanais ont été expulsés entre le 7 et le 20 mai.

OLJ/AFP
24/05/2019

Le Liban a refoulé au moins 16 Syriens, dont des réfugiés enregistrés dans le pays, à leur arrivée à l'aéroport international de Beyrouth le mois dernier, en les forçant à signer des "formulaires de rapatriement volontaire", ont accusé vendredi cinq organisations de défense des droits de l'Homme, dont Human Rights Watch.

Selon le communiqué des cinq organisations, au moins 16 Syriens ont été "sommairement expulsés" et rapatriés de force le 26 avril après être arrivés à l'aéroport de Beyrouth. Au moins cinq d'entre eux étaient enregistrés comme réfugiés auprès de l'ONU, soulignent Human Rights Watch (HRW), le Centre libanais pour les Droits de l'Homme (CLDH), Legal Agenda, Frontiers Rights et Access Center for Human Rights dans un communiqué conjoint.

La plupart ont été renvoyés au Liban, après avoir été interdits d'entrer à Chypre par la Turquie, selon le texte.

"Les autorités libanaises ne devraient expulser personne vers la Syrie avant de leur donner une occasion d'exposer leur cas et s'assurer qu'ils ne risquent la persécution ou la torture", a affirmé Lama Fakih, directrice du bureau Moyen-Orient de HRW. Ces nouvelles expulsions porteraient à 30 le nombre de Syriens expulsés cette année de l'aéroport de Beyrouth par la Sûreté générale libanaise, selon le communiqué.

Des personnes expulsées ont raconté avoir subi des "pressions" de la part d'officiers de la Sûreté générale à Beyrouth pour signer des documents disant qu'ils retournaient "volontairement" en Syrie, d'après les ONG.

Avec une population de quatre millions d'habitants, le Liban accueille 1,5 million de Syriens, dont près d'un million inscrits comme réfugiés auprès de l'ONU.



(Lire aussi : Aoun : Le Liban cesserait d'exister si tous les réfugiés y restaient)



Les autorités libanaises assurent ne forcer personne au retour. Selon la Sûreté générale, plus de 170.000 réfugiés syriens sont rentrés dans leur pays entre décembre 2017 et mars 2019 dans le cadre d'opérations de "retour volontaire" organisées par la Sûreté générale en coordination avec le régime syrien.

Plus tôt dans la journée, les services de renseignement de la Sûreté générale libanaise ont perquisitionné et mis sous scellés plusieurs commerces tenus dans le caza de Jbeil de manière illégale par des ressortissants syriens et des étrangers. Quinze personnes, des Syriens et des étrangers dont les nationalités n'ont pas été précisées, ont également été arrêtés pour être entrés de manière illégale au Liban.

Selon un rapport sécuritaire officiel publié dans la journée, 301 ressortissants syriens entrés illégalement sur le territoire libanais ont été expulsés par l'armée et les forces de sécurité du pays entre le 7 et le 20 mai. La presse locale libanaise a indiqué à ce sujet vendredi que le Conseil supérieur de Défense, dont les décisions ne sont pas rendues publiques, a chargé la Sureté générale d'expulser tout syrien rentré clandestinement au Liban.

Selon les chiffres du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU, le Liban accueille un peu plus de 970.000 réfugiés syriens, officiellement inscrits sur les registres onusiens. Les trois quarts de ces réfugiés vivent sous le seuil de la pauvreté. Alors que leur retour en Syrie fait désormais partie du discours de toutes les formations politiques, ces dernières s'écharpent sur la nécessité de coopérer ou pas avec le régime de Bachar el-Assad pour assurer ce retour. La communauté internationale, elle, appelle à un règlement politique du conflit avant d'assurer le retour des réfugiés.

La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 370.000 morts, et a poussé à la fuite des millions de personnes.



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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ATTENDRE UN REGLEMENT POLITIQUE EN SYRIE CA POURRAIT PRENDRE TROP DE TEMPS. ENTRETEMPS IL FAUT QUE LES REFUGIES SYRIENS SOIENT RAPATRIES. LE MALHEUR C,EST QUE LE REGIME SYRIEN NE LES VEUT PAS ET LES REFUGIES ONT PEUR DE RETOURNER SANS GARANTIES INTERNATIONALES. ET LES INTERNATIONAUX NE LES VEULENT PAS CHEZ EUX. PAUVRE LIBAN PRIS ENTRE DEUX FEUX.

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