Liban

La délicate position du Liban aux rencontres de La Mecque

Décryptage
23/05/2019

Tous les regards diplomatiques sont actuellement tournés vers La Mecque où trois sommets doivent se tenir presque simultanément le 31 mai et le 1er juin. Le sommet de l’Organisation de la conférence islamique et deux sommets extraordinaires que Riyad a convoqués, l’un pour les pays du Golfe et l’autre pour tous les pays arabes, afin d’examiner les menaces iraniennes dans la région et les moyens d’y faire face.

Selon des sources diplomatiques arabes au Liban, il s’agit en quelque sorte pour l’Arabie saoudite de mobiliser autour d’elle tous les pays de la région face à ce qu’elle appelle la menace iranienne. À quelques jours de la fête du Fitr et à quelques semaines de la conférence de Bahreïn qui doit se tenir à la fin du mois de juin et qui est organisée par les États-Unis pour étudier les possibilités d’aider économiquement les Palestiniens et les Israéliens, en prélude au fameux plan de paix américain pour la région, les trois sommets devraient aligner leurs résolutions finales sur la position saoudienne, elle-même en harmonie avec celle des États-Unis.

En principe, le Liban a annoncé sa participation au sommet arabe extraordinaire et c’est le Premier ministre Saad Hariri qui devrait présider la délégation, puisque la rencontre se tient à La Mecque. Mais beaucoup de questions se posent sur la position qu’adoptera le Liban, alors qu’il est en principe divisé sur les dossiers régionaux et qu’il est fort probable qu’il sera question, dans les discussions, « de la menace » que représente le Hezbollah pour certains pays de la région.

Les milieux proches du Sérail précisent que la délégation officielle libanaise (dont la composition n’a pas encore été annoncée, mais qui pourrait regrouper, outre le Premier ministre, le ministre de l’Information) devrait s’en tenir à la politique « de distanciation » à l’égard des conflits entre les pays arabes et régionaux, figurant dans la déclaration ministérielle. Autrement dit, elle condamne vivement les agressions contre les installations pétrolières saoudiennes et contre des bateaux au large de Fujeirah (Émirats arabes unis), mais il n’est pas question pour le Liban de faire partie d’une action militaire concrète contre l’Iran, tout comme il avait refusé d’intégrer la coalition internationale menée par les Américains en Syrie et le projet d’OTAN arabe. Selon les milieux proches du Sérail, la position du Liban est assez délicate, surtout en cette période de tensions régionales, au cours de laquelle on demande de plus en plus aux pays concernés d’adopter des positions claires. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le Qatar, par exemple, n’a pas encore reçu d’invitation pour participer aux réunions de La Mecque.

Toujours selon les mêmes milieux, le Liban essaiera de se montrer le plus conciliant possible, tout en prônant le dialogue pour éviter une guerre qui serait destructrice pour tout le monde.

Le Liban qui, traditionnellement, misait sur une compréhension de la part des pays arabes de sa situation particulière (la présence et le poids du Hezbollah, mais aussi les menaces israéliennes constantes sur sa terre et ses ressources), sait qu’actuellement l’Arabie, les Émirats et Bahreïn en particulier ne sont plus sensibles à ce genre d’argumentation. Ce qui devrait le pousser à être plus clair dans ses positions. Mais en même temps, le Liban n’est pas isolé dans sa volonté de conciliation. L’Irak et le sultanat d’Oman sont dans cette orientation. Ils ont même pris des initiatives concrètes dans ce sens, alors que le Koweït a lui aussi prôné « la neutralité positive » dans le dossier du conflit avec l’Iran. Le Parlement koweïtien a adopté une résolution en ce sens, alors que l’émir Sabah al-Ahmad al-Jaber al-Sabah a, dans une déclaration, souhaité que « le calme et la raison » dictent le comportement de tous dans les développements qui se déroulent dans la région. Il a ajouté que la diplomatie koweïtienne est axée sur la volonté de construire des ponts pour la paix et la coopération entre les États et les peuples du monde pour créer des intérêts communs, loin de l’intervention dans les affaires internes des autres et dans un souci de préserver le bon voisinage.

De son côté, l’Irak ne souhaite pas adopter des positions en flèche contre l’Iran, en dépit des pressions exercées sur ses dirigeants, notamment de la part de l’administration américaine qui a envoyé récemment à Bagdad le secrétaire d’État adjoint au Trésor Marshall Billingslea que les Libanais connaissent déjà. Malgré cela, le Premier ministre irakien a déclaré qu’il souhaite envoyer des émissaires en Iran et aux États-Unis dans une tentative de médiation, alors que le sultanat d’Oman a envoyé, lui, des émissaires à Riyad et à Téhéran, dans une démarche visant à désamorcer la crise.

Les quelques jours qui séparent la région des rendez-vous de La Mecque seront donc décisifs. Le Liban essaie de coordonner sa position avec les pays qui, comme lui, estiment que la priorité est d’éviter toute confrontation, dans l’intérêt de toutes les parties.

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Le Faucon Pèlerin

La conférence islamique de La Mecque du 31 mai prochain à laquelle le Liban est convié, représenté par le Premier ministre Saad Hariri n'est pas un problème embarrassant pour notre pays libre et souverain. Il suffit à notre Premier ministre de déclarer urbi et orbi que le Liban s'applique la Déclaration de Baabda initiée par l'ancien Président Michel Sleiman le 11/6/2012, reconnue par l'ONU et par la Ligue arabe. Elle stipule de garder le Liban à l'écart des conflits ainsi que des axes régionaux et internationaux et ce, envers et contre tous.

Hitti arlette

Bravo chère Scarlett !! Comme d'habitude,tu résumes en peu de mots la situation délicate dans la région sans toutefois lésiner sur les détails sans lesquels l'article perdrait de son envergure .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

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