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Combats violents au sud de Tripoli, crainte d'une "longue" guerre

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"Des pays alimentent ce conflit sanglant et les Nations unies doivent y mettre un terme", lance l'émissaire de l'ONU pour la Libye Ghassan Salamé devant le Conseil de sécurité.

Des combattants des forces du Gouvernement d'union nationale (GNA) près de Tripoli, le 21 mai 2019. REUTERS/Goran Tomasevic

OLJ/AFP
21/05/2019

Les combats ont gagné en intensité mardi au sud de la capitale libyenne, au moment où l'émissaire de l'ONU pour la Libye Ghassan Salamé mettait en garde devant le Conseil de sécurité contre "le début d'une guerre longue et sanglante".

Plus de six semaines après le début de leur assaut sur Tripoli, le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est du pays et son autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) font toujours face à la résistance des forces du Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et basé dans la capitale. Cette bataille "pourrait conduire à la division permanente du pays", a averti Ghassan Salamé. "La Libye est sur le point de tomber dans une guerre civile", a-t-il ajouté. Il a par ailleurs exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU à stopper le flot d'armes arrivant dans le pays, tandis que les canons tonnaient au sud de la capitale libyenne.

Des tirs à l'artillerie lourde ont été entendus depuis le centre de Tripoli. Il s'agit des affrontements les plus violents depuis le début du mois de jeûne musulman du ramadan, le 6 mai. 
Des affrontements ont eu lieu notamment dans le quartier de Salaheddine, en banlieue sud où les forces pro-GNA ont gagné du terrain, selon leur porte-parole Moustafa al-Mejii.



(Lire aussi : Mauvais présage en Libye, les armes continuent d’affluer)




Positions figées
Des journalistes de l'AFP qui ont pu avoir accès au front mardi ont constaté une avancée de deux à trois kilomètres des forces du GNA dans ce quartier résidentiel.

Depuis le début de l'assaut des forces du maréchal Haftar le 4 avril, les combats ont fait 510 morts et 2.467 blessés, selon un bilan communiqué lundi par l'Organisation mondiale de la Santé.
Selon l'ONU, plus de 75.000 personnes ont aussi été obligées de fuir et plus de 100.000 autres sont prises au piège des combats aux abords de Tripoli. Et les appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu ont été ignorés jusqu'ici par les deux camps. 

Selon des diplomates, lors de discussions mardi à huis clos après la réunion publique du Conseil de sécurité, l'idée à l'origine française de séparer aux abords de Tripoli les belligérants en établissant un "couloir" a été évoquée.  Dans ce cadre, chaque partie serait amenée "à reculer" et la ligne de délimitation créée serait garantie par un mécanisme international à définir, a précisé un diplomate.

Début mai, le président français Emmanuel Macron avait proposé une "délimitation de la ligne de cessez-le-feu, sous supervision internationale", lors d'une rencontre à Paris avec le chef du GNA, Fayez al-Sarraj.  Mais M. Sarraj a affirmé à plusieurs reprises qu'il n'y aurait pas de cessez-le-feu tant que les troupes de Haftar ne se retirent pas vers leurs positions d'avant l'offensive, dans le sud et l'est du pays.  

Aujourd'hui, les positions militaires des deux camps sont quasiment figées notamment en banlieue-sud, même si les pro-GNA ont desserré un peu l'étreinte de l'ANL avec une contre-attaque lancée le 20 avril. Depuis, plusieurs livraisons d'armements aux deux camps ont été signalées en dépit de l'embargo sur les armes décrété par l'ONU pour ce pays depuis 2011. Le maréchal Haftar est notamment soutenu par les Emirats arabes unis et l'Egypte alors que la Turquie et le Qatar appuient le GNA.

Face au conflit, le positionnement des Occidentaux, Etats-Unis en tête, et de la Russie reste ambigu. Si tous les membres du Conseil de sécurité ont publiquement soutenu Ghassan Salamé, la réunion à huis clos n'a pas permis d'y voir beaucoup plus clair sur qui appuie qui, selon un diplomate ayant assisté aux discussions.


"Farce cynique"  

Côté américain, un entretien téléphonique à la mi-avril entre le président Donald Trump et Khalifa Haftar a provoqué des spéculations sur le camp choisi par Washington. Côté russe, Moscou a affiché son soutien au maréchal Haftar. 

En séance publique, Ghassan Salamé a vivement déploré que des armements arrivent en masse en Libye. Sans les citer nommément, il a souligné que "des pays alimentaient ce conflit sanglant". "Les Nations unies doivent y mettre un terme", a-t-il exhorté. "Sans un mécanisme robuste pour le faire appliquer, l'embargo sur les armes en Libye va devenir une farce cynique", a-t-il insisté.
Il y a quelques semaines, l'émissaire de l'ONU avait critiqué les approches divergentes de la communauté internationale qui n'a pas réussi en avril à s'entendre sur une résolution britannique réclamant un cessez-le-feu. "Toutes les parties doivent rejoindre la médiation de l'ONU", a affirmé l'ambassadeur américain Jonathan Cohen.


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