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Macron évoque un risque de "dislocation" de l'Europe

Européennes Les sondages donnent la liste défendue par le président français au-coude-à-coude, voire derrière celle du Rassemblement national (extrême droite) de Marine Le Pen.
OLJ/AFP
21/05/2019

"Risque existentiel" de dislocation de l'Europe : le président français Emmanuel Macron multiplie les alertes, dans un entretien à la presse régionale publié mardi, et justifie ainsi sa présence en première ligne dans la campagne pour les européennes, vertement critiquée par les oppositions.

A cinq jours du scrutin de dimanche où les sondages donnent la liste qu'il défend au-coude-à-coude, voire derrière celle du Rassemblement national (extrême droite) de Marine Le Pen, le chef de l'État reçoit en outre à déjeuner des intellectuels européens signataires en janvier d'une tribune "L'Europe est en péril", appelant à se mobiliser contre la "vague" populiste.

Le président de 41 ans, élu en 2017 et qui a toujours affirmé des positions pro-européennes et l'ambition de "refonder" l'UE, explique pourquoi il ne peut pas "être un spectateur, mais un acteur de cette élection", dans un entretien publié par une quarantaine de quotidiens régionaux. Pour lui, ce scrutin "est la plus important depuis 1979 parce que l'Union est face à un risque existentiel". "Si, en tant que chef de l'État, je laisse se disloquer l'Europe qui a construit la paix, qui a apporté de la prospérité, j'aurai une responsabilité devant l'histoire", estime-t-il.



(Lire aussi : Les populistes sous pression à J-3 des européennes)



Au rang des propositions, il souhaite "une convention fondatrice européenne après les élections" mêlant dirigeants et citoyens, pour "définir la stratégie de l'Europe pour les cinq années à venir, y compris les changements de traités" qui pourraient en résulter.
Interrogé sur les questions écologiques, il souhaite également "une taxation commune du kérosène en Europe".

Le président français avait appelé lundi, avec le Premier ministre socialiste portugais Antonio Costa, à "bâtir une grande coalition des progressistes" face à "ceux qui veulent détruire l'Europe par le nationalisme".






"Hold-up plébiscitaire"
Son implication dans la campagne - allant jusqu'à figurer seul sur une affiche de campagne de son parti - a été dénoncée par les oppositions de tous bords.

"Emmanuel Macron détourne la fonction présidentielle et en abuse pour se comporter en véritable chef de clan", a écrit dans un tweet la tête de liste du Rassemblement National, Jordan Bardella, en ajoutant : "C'est un comportement anti-républicain et +en même temps+ profondément déloyal".
Un responsable du parti Les Républicains (opposition de droite), Guillaume Larrivé, s'est insurgé contre une "tentative de hold-up plébiscitaire : tout est organisé comme si cette élection devait être considérée comme un référendum pour ou anti-Macron, pour ou anti-Le Pen".
Pour Manon Aubry de La France Insoumise (gauche radicale), Emmanuel Macron "se pose un peu comme c'est moi ou le chaos, mais en réalité on a lui et le chaos", car il est "en partie responsable" des "politiques libérales" européennes.


(Lire aussi : Macron assume la "confrontation féconde" avec Merkel, "pour bâtir un compromis")



Arriver derrière le Rassemblement National réduirait en tout cas la marge de manœuvre du président, affaibli par six mois de contestation de la politique gouvernementale par les "gilets jaunes". "Je ne me pose pas dans un tel cas de figure", balaie Emmanuel Macron.

Dans le camp présidentiel, l'alerte rouge est néanmoins déclenchée. Le Premier ministre Édouard Philippe s'est livré, comme le reste de la majorité, à un tir de barrage contre le RN, accusé d'être le cheval de Troie des plans de Trump et Poutine pour affaiblir l'Europe. En ligne de mire: Steve Bannon, l'ex-stratège du président américain Donald Trump, qui a enchaîné les interviews avec les médias français pour encenser Marine Le Pen.

Emmanuel Macron affirme voir "pour la première fois une connivence entre les nationalistes et des intérêts étrangers" pour démanteler l'Europe, qualifiant Steve Bannon de "lobbyiste proche du pouvoir américain". Il s'en prend également aux "Russes et quelques autres" qui "n'ont jamais été à ce point intrusifs pour financer, aider les partis extrêmes".






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