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Daraj al-Yassouiyeh : l’art, l’artisanat et la religion « à la libanaise »

ÉVÉNEMENT

Jeudi 9 mai avait lieu au Campus du Liban-Nord de l’Université Saint-Joseph (CLN) une soirée intitulée « À la libanaise », organisée par le Service de la vie étudiante (SVE) de l’université jésuite autour du vivre-ensemble et du dialogue interreligieux.

18/05/2019

Le dialogue entre chrétiens, musulmans, athées et agnostiques est-il possible aujourd’hui au Liban ? Pour les étudiants de l’USJ, la réponse est claire : oui. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils se sont réunis tout au long de l’année afin d’organiser le jeudi 9 mai un débat entre les différentes communautés, dans le cadre du Daraj al-Yassouiyeh, organisé tous les ans.

Aux abords de Tripoli, dans le Koura, où se trouve le campus nord de l’USJ, les étudiants sont particulièrement mélangés : chrétiens orthodoxes, catholiques et maronites, musulmans chiites et sunnites, druzes et athées partagent les mêmes salles de cours et mangent ensemble à la cafétéria. Néanmoins, la discussion à propos des confessions ou idées de chacun peut parfois s’avérer compliquée à mettre en place, et c’est justement pour cette raison qu’un cadre leur a été nécessaire pour s’exprimer librement. « Ce débat consistait à mettre ensemble des jeunes de croyances diverses et variées pour qu’ils discutent de leurs différences. Il y avait une alaouite, une sunnite, deux athées, deux chiites et deux chrétiens. L’idée était de leur permettre de parler de ce qui les oppose sans se taper dessus. On a l’habitude d’impliquer un jugement de qualité dès qu’on parle de différence : on croit que ce qui est autre est soit mieux, soit moins bien. Or la différence n’est rien d’autre qu’une différence. C’est même d’ailleurs une richesse », rappelle le père Jad Chebly, aumônier général de l’USJ. Ce dernier, pour qui les religions « nous appellent à respecter l’humain, quel qu’il soit », a travaillé en collaboration avec le Service de la vie étudiante (SVE) sous la coordination de Gloria Abdo et avec les jeunes du Nord pour réfléchir au sujet qui allait être débattu. Une idée a semblé prendre le pas sur les autres, reflétant sa dimension fondamentale dans la vie humaine : la liberté. Liberté de croyance, liberté de mouvement, de pensée, autant de manifestations du sujet qui ont semblé toucher le député de Denniyé Sami Fatfat. Le plus jeune député libanais a en effet joué le rôle de modérateur au cours de ce débat particulièrement animé. Une des thématiques importantes a été la question de l’affirmation d’une appartenance religieuse dans un monde pluriel, et tous les participants se sont accordés pour dire que ce n’était pas là chose simple. À l’instar du port du voile chez les musulmans, dont il est ressorti qu’il est symbole d’accomplissement religieux au sein des musulmans, mais aussi marque visible d’un rapport particulier à la religion. Tandis que le député Fatfat a insisté sur l’importance du respect de l’autre dans sa croyance et ses pratiques. « Se mettre à la place de l’autre dans le débat nous permettrait de mieux le comprendre et de modérer la virulence de nos propos », a-t-il dit en guise de conclusion.


« C’est l’art qui nous rassemble »

Marie-Christine Tayah, animatrice à la vie culturelle du SVE, s’est attelée toute l’année à mettre en place des sessions de développement personnel avec les étudiants du CLN pour aboutir à cette soirée « à la libanaise ». Une soirée mémorable au cours de laquelle, en plus du débat interreligieux, ont été exposées des photos prises par les étudiants et où des produits issus de l’artisanat local ont été mis en vente, sur fond de musique orientale et de danse. Le 13 avril, date tristement célèbre du début de la guerre civile libanaise, les étudiants du CLN s’étaient rendus à Tripoli appareil photo en main pour capter les merveilles cachées de cette ville. Leurs photos exposées lors de cette soirée sont « sublimes : les étudiants ont essayé de voir ce qu’il y a de beau dans le quotidien et y sont véritablement parvenus », s’enthousiasme Marie-Christine Tayah. « Ces étudiants, chrétiens et musulmans de la région, nous ont fait la visite de cette ville qu’ils connaissent bien. Leur regard était tourné vers les artisans : couturiers, pâtissiers, vendeurs de café à la sauvette, cuisiniers de rue… »

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