De gauche à droite : Ruba Msheik (Huwaei), la Dr Marie Rita Hojeij (mentor, USEK), les lauréats : Mariam Zeaïter, Yuri Yaacoub, Mounir Rizkallah. Photo Huawei
Les défis confiés à l’équipe nationale ont mis à l’épreuve la capacité à appliquer les concepts du cloud à des scénarios réels, à gérer les ressources et à fournir des solutions optimisées sous pression.
À la 10e finale mondiale du concours Huawei ICT (Huawei ICT Competition Global Finals) qui s’est tenue à Shenzhen, en Chine, début juin, l’équipe nationale libanaise formée de trois étudiants en ingénierie concourant dans la catégorie Cloud & AI a remporté le grand prix pour le Moyen-Orient et a obtenu la 2e place mondiale parmi 131 équipes, sélectionnées entre plus de 210 000 participants. Il s’agit de Mariam Zeaïter, Yuri Yaacoub et Mounir Rizkallah.
Mounir Rizkallah, étudiant en 3e année de génie mécatronique à l’Université américaine des Sciences et Technologies (AUST), confie ne jamais s’être attendu à se qualifier pour participer à la compétition mondiale et gagner.
Le jeune homme âgé de 21 ans, passionné par la robotique, l’automatisation et l’intelligence artificielle, explique le processus de sélection : « La Huawei ICT Competition est une compétition technologique internationale de premier plan, organisée chaque année par le géant de la technologie Huawei. Elle s’adresse spécifiquement aux étudiants des collèges et universités du monde entier. »
Expliquant les étapes à suivre pour participer à la finale mondiale, il précise : « Lors d’une étape préliminaire, les candidats sont sélectionnés individuellement à la suite d’examens théoriques en ligne, évaluant les fondamentaux des TIC, les réseaux, le cloud computing et les compétences en résolution de problèmes. »
C’est ainsi que les trois meilleurs étudiants ont formé l’équipe nationale officielle libanaise pour passer un examen pratique en laboratoire de 6 heures. « Nous avons remporté le grand prix au niveau régional », se réjouit Mounir.
Une fois qualifiés pour les finales mondiales du concours Huawei ICT, Mariam Zeaïter, Yuri Yaacoub et Mounir Rizkallah ont effectué en Chine un examen pratique intensif de 8 heures en laboratoire, face aux meilleures équipes du monde entier.
Déploiement, configuration et optimisation d’infrastructures cloud
Les défis confiés à l’équipe ont mis à l’épreuve la capacité à appliquer les concepts du cloud à des scénarios réels, à gérer les ressources et à fournir des solutions optimisées sous pression. « On nous a confié une série de tâches comprenant le déploiement, la configuration et l’optimisation d’infrastructures cloud, ainsi que la résolution de problèmes liés à l’IA, que nous devions accomplir de manière efficace et précise dans des délais très stricts », souligne le futur ingénieur.
Pour lui, la complexité n’était pas seulement liée au chronomètre. Il confie que l’un de ses plus grands défis a été de sortir de sa zone de confort académique. « En tant qu’étudiant en génie mécatronique, je travaillais dans un domaine légèrement éloigné de ma spécialisation principale. Cela a exigé un effort supplémentaire considérable pour assimiler rapidement les concepts du cloud et de l’IA. »
À cette charge technique s’est ajouté un contexte local particulièrement lourd. « La situation difficile et l’instabilité au Liban durant la période de préparation ont généré une pression et une incertitude accrues, rendant le fait de rester concentré et de se préparer efficacement d’autant plus méritant. »
Il revient sur les moments forts de la compétition. « Deux moments ont été profondément marquants et riches en émotions : notre victoire du grand prix lors de l’étape régionale, qui nous a ouvert les portes de la Chine, et bien sûr l’annonce de notre deuxième place mondiale lors de la grande finale à Shenzhen. »
Pour le jeune étudiant, cette compétition restera « une expérience inoubliable » qui aura permis à l’équipe « de grandir tant sur le plan technique que personnel, d’interagir avec des étudiants hautement qualifiés du monde entier et d’évoluer au sein d’un environnement académique véritablement international et compétitif ».
Mounir Rizkallah souhaite que son parcours serve d’inspiration à ses collègues. « Restez confiants, surtout dans les moments difficiles. Malgré les défis immenses auxquels notre pays fait face, il est toujours possible de décrocher les sommets grâce à la persévérance, au travail d’équipe et à la foi en un avenir meilleur. Chaque effort fourni aujourd’hui ouvre les portes des opportunités de demain. Ne perdez jamais espoir et continuez d’aller de l’avant », lance-t-il à ses pairs.
De son côté, Mariam Zeaïter, étudiante de 22 ans en quatrième année de génie mécatronique à l’AUST, précise : « Mes coéquipiers ont fait preuve d’un sens de responsabilité exemplaire et possédaient des compétences exceptionnelles en résolution de problèmes sous pression. »
Surmonter les difficultés
L’équipe a rencontré des difficultés pratiques pendant la préparation. Les jeunes étudiants n’ont pas pu accéder à l’instance de Huawei à l’avance. Mariam Zeaïter précise que cela a contribué à limiter les entraînements pratiques. « Cependant, nous avons su nous adapter rapidement le jour J et travailler main dans la main pour trouver les solutions aux tâches demandées », ajoute-t-elle.
La jeune femme insiste sur l’importance de la technologie et exhorte les jeunes à ne jamais abandonner après un échec et à continuer à donner le meilleur d’eux-mêmes pour atteindre leurs objectifs.
Pour sa part, Yuri Yaacoub, âgé de 23 ans et diplômé en génie informatique de l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK), explique à quel point la compétition Huawei ICT est unique en son genre, en particulier la catégorie Cloud et IA : « Cette compétition offre un aperçu concret de la manière dont les grandes entreprises fonctionnent techniquement et gèrent leurs opérations quotidiennes. Les examens se basent en effet sur des scénarios du monde réel, ce que l’on voit rarement dans les programmes universitaires classiques. »
Le principal défi pour Yuri Yaacoub était de réussir à couvrir l’ensemble du contenu d’apprentissage suggéré par Huawei pour le concours. Les finales régionales et mondiales sont imprévisibles, et les questions peuvent porter sur n’importe lequel des sujets définis à l’avance. Yuri, fort de ce moment où son équipe et lui ont remporté le grand prix lors de la finale régionale, encourage les jeunes à foncer et à prendre des risques : « Le monde change à une vitesse extrême. N’ayez pas peur de vous lancer et d’apprendre des concepts ou des matières qui sortent du programme universitaire. Participez à des concours, en particulier à des compétitions internationales : vous n’avez rien à perdre ! »


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