Rechercher
Rechercher

Campus - Réseaux Scientifiques

Conférence internationale à la NDU pour penser l’économie durable

Accueillie les 11 et 12 juin, la Conférence internationale sur les économies durables et la croissance inclusive a répondu aux défis actuels tant libanais que mondiaux.

Conférence internationale à la NDU pour penser l’économie durable

Pour Viviane Naimy, fondatrice et présidente de l’ICSE, le premier objectif de la conférence « était de créer un forum international rigoureux » sur l’économie de la durabilité, un domaine en pleine croissance aujourd’hui. Photo NDU

Organisée en mode hybride par la faculté d’administration des affaires et d’économie (FBAE) de la NDU, en partenariat avec la Northeastern University de Boston, la première édition de la Conférence internationale sur les économies durables (ICSE) a réuni une centaine d’experts de renom, de décideurs publics et d’universitaires issus de 18 pays des quatre coins du monde dont le Liban. Pour Viviane Naimy, fondatrice et présidente de l’ICSE, le premier objectif de la conférence « était de créer un forum international rigoureux » sur l’économie de la durabilité, domaine en pleine croissance aujourd’hui. « Le deuxième était de bâtir une communauté durable de chercheurs, de praticiens et de décideurs publics capables de collaborer au-delà des frontières sur les défis économiques les plus urgents de notre époque », poursuit-elle. Bien au-delà, évoquant sa motivation première derrière l’organisation de cet événement, la doyenne de la FBAE vise à insuffler la responsabilité humaine et éthique dans l’esprit de ses étudiants, espérant « créer sur le long terme un impact sociétal. Je crois que c’est un petit point de départ, venant d’une petite faculté au Liban, mais qui peut commencer à provoquer un changement. D’ailleurs, le thème de la conférence a attiré des chercheurs venant de l’USEK, de la LAU et de l’UOB entre autres. Et le changement commence dès lors que d’autres universités joignent leur voix à la nôtre. C’est ainsi que l’on commence à construire une génération responsable et dotée d’une éthique », souligne-t-elle.

La cérémonie d’ouverture s’étant déroulée en présentiel à l’Auditorium Abou Khater de la NDU, l’ICSE 2026 a été marquée par la conférence inaugurale prodiguée en ligne par Sir Oliver Hart, lauréat du prix Nobel d’économie 2016 et titulaire de la chaire Lewis P. and Linda L. Geyser Professor à l’Université Harvard. « Nous voulions prouver qu’une institution libanaise peut se tenir au cœur de la recherche internationale, et non à sa marge », de même que « démontrer que le Liban, même dans les circonstances les plus difficiles, demeure un producteur de savoir et un lieu de rassemblement pour le dialogue mondial », affirme Viviane Naimy, avant de noter que l’ICSE constitue la conférence officielle de la revue scientifique The Journal of Sustainable Economies, cofondée par la NDU et la Northeastern University.

L’économie à travers le prisme humain

Par ailleurs, la présidente de l’ICSE souligne que les thèmes de la conférence reflètent les grands titres de l’actualité. « Nous avons été guidés par une question centrale : qu’est-ce que le monde a le plus urgemment besoin de comprendre aujourd’hui ? » Viviane Naimy explique ainsi que cette conférence répond à des sujets cruciaux au niveau mondial, tels que les critères ESG (environnemental, social et gouvernance) et les risques financiers, la gouvernance d’entreprise et la transparence, la transformation numérique et la croissance inclusive, la géopolitique et la guerre économique, ainsi que la finance verte. « On ne peut plus parler d’économie uniquement pour l’économie : il existe désormais une approche appelée économie pour l’humain, pour les personnes et les sociétés », assure-t-elle.

Ainsi, avec comme fil conducteur la durabilité en tant que stratégie, les chercheurs ont tenté d’apporter des propositions concrètes en présentant, au cours des 12 sessions thématiques en ligne, 47 articles évalués par des pairs. « Ce qui m’a le plus marquée, ce n’est pas seulement la profondeur intellectuelle des propositions, mais leur ancrage humain. Il ne s’agissait pas d’exercices théoriques, mais de réponses à des problèmes réels, formulées par des chercheurs conscients que derrière chaque donnée se trouve une personne », affirme Viviane Naimy. À titre d’exemple, en matière de gouvernance d’entreprise, la doyenne de la FBAE évoque la proposition de Sir Oliver Hart de créer « des assemblées d’investisseurs composées de citoyens tirés au sort, chargés de délibérer sur la manière dont leurs investissements devraient être utilisés afin de promouvoir des pratiques éthiques au sein des entreprises ». De même, au niveau de la transformation numérique, elle avance que, selon des données issues du Liban et de la Turquie, « la maturité digitale, combinée à un engagement ESG et à une innovation stratégique, améliore significativement la performance des entreprises. Les entreprises libanaises, résilientes, créatives et fortement adaptatives ont démontré une capacité remarquable à survivre, voire à se développer, grâce à la numérisation en période de crise ». Par contre, au niveau de la finance verte, alors que « les recherches présentées à l’ICSE montrent que le cas économique des énergies vertes » est plus que convaincant et que « durabilité et rentabilité ne sont pas opposées », le Liban, « un pays doté de soleil, de vent et de ressources naturelles exceptionnelles, a été laissé dans l’obscurité – littéralement – non pas parce que les alternatives vertes n’existent pas, mais parce que la volonté politique d’y investir a fait défaut ».

Des talents libanais fragilisés par les crises

D’ailleurs, si plusieurs résultats exposés répondent à la situation du Liban, et si les diplômés et les économistes libanais possèdent le savoir-faire et les compétences nécessaires, Viviane Naimy déplore l’absence de décision politique permettant de mettre en œuvre les recherches de « volonté institutionnelle de mettre en œuvre ce que les économistes et chercheurs affirment depuis des années » et « d’un leadership responsable capable de transformer le savoir en action ». « Le Liban a toujours produit des esprits exceptionnels, mais les infrastructures nécessaires pour retenir, soutenir et valoriser ce talent ont été systématiquement fragilisées par les crises. L’ICSE 2026 constitue un acte concret de reconstruction de ces infrastructures ».

En parallèle, positionner le Liban au cœur de cet événement international constitue pour la nouvelle génération de chercheurs libanais une preuve « que leurs travaux peuvent être publiés, présentés et reconnus au plus haut niveau international, sans quitter son pays ». Au-delà de la conférence, les 47 articles présentés pourraient être soumis à des revues scientifiques et donner lieu à des collaborations et à des citations. « Plusieurs articles primés sont déjà destinés à être soumis à des revues de premier plan. Le Journal of Sustainable Economies, que l’ICSE 2026 a considérablement renforcé, est en bonne voie pour une indexation dans Scopus au cours de la prochaine année académique, ce qui constituera une étape majeure pour l’ensemble de la communauté », se réjouit Viviane Naimy.

Espérant pouvoir organiser l’édition 2027 de l’ICSE entièrement en présentiel sur le campus de la NDU, si la situation sécuritaire au Liban le permet, la présidente et fondatrice de cette conférence souhaite qu’à long terme, l’ICSE devienne une référence dans la recherche sur les économies durables, « le lieu où les meilleures recherches sur la construction d’un monde plus juste, plus vert et plus résilient sont présentées, débattues et traduites en politiques publiques. Le Liban mérite de porter cette conversation ». « Et la NDU est prête à la mener », assure-t-elle.

Organisée en mode hybride par la faculté d’administration des affaires et d’économie (FBAE) de la NDU, en partenariat avec la Northeastern University de Boston, la première édition de la Conférence internationale sur les économies durables (ICSE) a réuni une centaine d’experts de renom, de décideurs publics et d’universitaires issus de 18 pays des quatre coins du monde dont le Liban. Pour Viviane Naimy, fondatrice et présidente de l’ICSE, le premier objectif de la conférence « était de créer un forum international rigoureux » sur l’économie de la durabilité, domaine en pleine croissance aujourd’hui. « Le deuxième était de bâtir une communauté durable de chercheurs, de praticiens et de décideurs publics capables de collaborer au-delà des frontières sur les défis économiques les plus...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut