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Culture - Polémique

« Interdiction de rendre hommage à Ziad » : Reema Rahbani déclenche le débat

À l'approche du premier anniversaire de la disparition du musicien, sa sœur rejette tout hommage public, dénonçant une trahison de sa volonté, de ses convictions et de son œuvre.

« Interdiction de rendre hommage à Ziad » : Reema Rahbani déclenche le débat

Ziad Rahbani sur la scène du Festival international de Beiteddine, au palais de Beiteddine, le 12 juillet 2018. Photo AFP/Marwan Tahtah

À moins de trois semaines du premier anniversaire de la disparition de Ziad Rahbani, le 26 juillet, sa sœur Reema Rahbani a ravivé les tensions autour de l’héritage du compositeur en publiant un long communiqué sur Facebook, largement relayé et commenté. Dans ce texte au ton particulièrement virulent, la fille de Feyrouz et de Assi Rahbani rejette toute initiative visant à rendre hommage au musicien, provoquant une vive polémique sur les réseaux sociaux.

« Interdiction de tout hommage à Ziad », écrit-elle d’emblée. Une position qu’elle dit fonder non sur une volonté de s’approprier sa mémoire, mais sur le respect de ce qu’elle présente comme les dernières volontés de son frère. « Ce n’est pas parce que je veux accaparer Ziad. C’est simplement ce qui est juste. Et s’il y a une chose à faire dans cette vie, c’est suivre le bon chemin avec honnêteté et fidélité. C’était aussi le souhait de Ziad. Si vous voulez réellement respecter celui que vous prétendez honorer, commencez par respecter sa volonté. »

Reema Rahbani s’en prend ensuite aux concerts, festivals et autres manifestations organisés en mémoire du compositeur, dénonçant des réinterprétations qui, selon elle, « défigurent », « dénaturent » ou s’approprient son œuvre. « Ziad ne peut pas être honoré en défigurant sa musique, en la déformant ou en en disposant librement », écrit-elle. Elle rappelle que son frère faisait preuve d’une exigence extrême envers son travail, allant jusqu’à détruire lui-même certaines compositions lorsqu’il estimait qu’elles n’étaient pas à la hauteur. « Imaginez ce qu’il dirait aujourd’hui en entendant ce que certains font de sa musique », interroge-t-elle.


Son texte prend également une dimension politique lorsqu’elle évoque les convictions communistes de son frère. Elle le décrit comme « un communiste authentique », fidèle à ses principes dans ses actes autant que dans ses idées. C'est au nom de cette fidélité qu'elle juge inacceptable que certains hommages soient organisés à des prix élevés. « Comment peut-on rendre hommage à un homme pareil avec des billets à 60, 80 ou 100 dollars ? » s’indigne-t-elle. Elle rappelle que Ziad Rahbani négociait personnellement le prix des places et allait jusqu'à réduire sa propre rémunération pour que les spectacles restent accessibles au plus grand nombre.

Reema Rahbani réserve également ses critiques à ceux qui prennent aujourd’hui la parole pour raconter Ziad Rahbani. Selon elle, beaucoup « ne l’ont jamais compris » et cherchent avant tout à se mettre en scène. « Ziad n’a besoin de personne pour parler de lui. Son œuvre parle pour lui », écrit-elle, reprenant une formule que Feyrouz avait utilisée autrefois à propos de Assi Rahbani. Elle affirme que les jeunes générations comprennent aujourd'hui bien mieux l’artiste que « ceux qui prétendent lui rendre hommage ».


Estimant que Ziad Rahbani appartient déjà au cœur des Libanais, elle affirme qu’il n’a besoin ni d’être présenté ni d’être célébré. « Ce n’est pas Ziad qui a besoin de vous. C’est vous qui avez besoin de Ziad », écrit-elle encore, avant d’ajouter que « l’amour du public lui appartient déjà », rappelant les scènes d’émotion qui ont accompagné ses funérailles, notamment dans la rue Hamra, où, selon elle, « les gens l’ont pleuré en silence, loin des caméras ».

Pour la fille de Feyrouz, le seul hommage acceptable consiste à diffuser « les œuvres originales dans leur version originale, et dans le silence ». Elle n’admet d’autres initiatives que celles qui pourraient être organisées par des élèves et des étudiants « dans leurs écoles et leurs universités, et rien d’autre ».

La publication a immédiatement suscité des réactions contrastées. De nombreux internautes ont salué une démarche qu’ils jugent fidèle à l’intégrité artistique et aux convictions de Ziad Rahbani. D’autres, au contraire, ont accusé Reema Rahbani de vouloir exercer un contrôle exclusif sur son héritage, une critique qui lui est régulièrement adressée concernant la gestion des archives et de l’image de Feyrouz.

Au-delà de la polémique, cette nouvelle prise de position relance un débat récurrent : celui de la transmission de l’œuvre des Rahbani, des droits moraux de ses ayants droit et de la frontière, toujours délicate, entre la protection d’un héritage artistique et son appropriation.

À moins de trois semaines du premier anniversaire de la disparition de Ziad Rahbani, le 26 juillet, sa sœur Reema Rahbani a ravivé les tensions autour de l’héritage du compositeur en publiant un long communiqué sur Facebook, largement relayé et commenté. Dans ce texte au ton particulièrement virulent, la fille de Feyrouz et de Assi Rahbani rejette toute initiative visant à rendre hommage au musicien, provoquant une vive polémique sur les réseaux sociaux.« Interdiction de tout hommage à Ziad », écrit-elle d’emblée. Une position qu’elle dit fonder non sur une volonté de s’approprier sa mémoire, mais sur le respect de ce qu’elle présente comme les dernières volontés de son frère. « Ce n’est pas parce que je veux accaparer Ziad. C’est simplement ce qui est juste. Et s’il y a une chose à faire dans...
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