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« Je vis en ce moment une expérience unique et riche en opportunités ! »

PARCOURS

Après avoir été classée première au concours international, Hanady Gebran intègre l’École polytechnique de l’Université Paris Saclay.

Carole AWIT | OLJ
11/05/2019

Si aujourd’hui Hanady Gebran réalise son rêve, c’est au prix de nombreux efforts déployés tout au long de son parcours scolaire et académique. Lycéenne brillante, la jeune fille a d’excellents résultats scolaires et décroche son baccalauréat libanais option sciences générales avec la mention très bien (19,75/20 en maths et 20/20 en physique). Passionnée par les mathématiques, la physique et l’informatique, elle manifeste, à partir du début de l’adolescence, le désir de poursuivre des études scientifiques afin de devenir ingénieure informatique et, pourquoi pas, enseigner un jour à l’université. Souhaitant opter pour le parcours génie informatique et communications, Hanady est acceptée, en 2016, à l’École supérieure d’ingénieurs de Beyrouth (ESIB) de l’USJ. L’étudiante admise en classe préparatoire bénéficie d’une bourse de mérite de l’USJ pour avoir été classée, pendant deux années, deuxième de sa promotion. « Après mon premier semestre à l’ESIB, explique Hanady, j’ai eu la possibilité de suivre des cours en classe mathématique spéciale concours qui dispense une formation de très haut niveau afin de préparer les concours des grandes écoles d’ingénieurs en France dans les meilleures conditions possibles. » À l’issue de ces deux années, elle présente le concours d’entrée à l’École polytechnique de l’Université Paris Saclay qu’elle intègre, à la rentrée 2018-2019, après avoir été classée première au concours international avec la moyenne de 17,38/20.

« Intégrer l’École polytechnique est un projet que je mûris depuis une dizaine d’années. Étant née un 14 juillet, jour de la fête nationale française, j’avais l’habitude de suivre à la télé, le jour de mon anniversaire, les célébrations. Grâce aux défilés militaires auxquels des étudiants de cette école participaient, j’ai appris l’existence de l’X (surnom de l’École polytechnique en France, NDLR) », confie, avec enthousiasme, l’étudiante âgée de 20 ans. Depuis, Hanady a cherché à se renseigner davantage sur cette école d’ingénierie qui dispense une formation scientifique pluridisciplinaire et de haut niveau pour répondre aux défis actuels et à venir de la société. « Ce qui la distingue des autres écoles, explique l’étudiante, c’est la formation humaine qu’elle dispense concrètement aux étudiants à travers le stage en première année, le regroupement des cours selon le sport qui permet de se développer au sein d’un groupe ainsi que les professeurs de grande renommée qui y enseignent. »


Saisir les opportunités
« Je vis en ce moment une expérience unique et riche en opportunités qui me permet de me préparer aux concours scientifiques, de suivre des cours qui ne sont pas proposés au Liban et de bénéficier d’un enseignement dispensé par des professeurs ayant notamment reçu le prix Nobel! » s’émerveille Hanady. Installée en France depuis août 2018, elle fera trois ans d’études à l’École polytechnique puis une quatrième année à l’étranger dans l’une des universités prestigieuses en partenariat avec l’école.

Même si ses cours n’ont débuté qu’en avril passé, la jeune Libanaise a eu des mois chargés, puisqu’elle a suivi, à partir du 26 août 2018, une formation militaire suivie d’un stage de formation humaine de 6 mois. « La raison derrière ce stage, précise-t-elle, est de nous responsabiliser très rapidement afin de nous préparer aux postes qui nous attendent. Depuis mi-septembre, j’effectue mon stage dans le centre pilote de la fondation La main à la pâte de Montreuil, qui cherche à améliorer la qualité de l’enseignement des sciences à l’école et au collège par le biais d’un laboratoire d’idées et de pratiques innovantes. J’ai eu la chance d’intervenir auprès de 780 élèves. »

Bénéficiant du soutien de sa sœur qui étudie elle aussi à Paris, Hanady Gebran affirme s’être très vite adaptée à la vie en France et dans sa capitale cosmopolite où, selon elle, les étudiants étrangers peuvent trouver leur place et se faire des amis. « La première semaine à Polytechnique a été une semaine d’intégration qui permet de développer l’esprit de groupe et l’entraide. De plus, l’école possède un service dédié aux étudiants étrangers qui sont bien suivis dans tout ce qui concerne les démarches administratives… »


Se former au niveau académique et personnel
Quelques mois après son arrivée en France, Hanady Gebran ne tarit pas d’éloges au sujet de son établissement : « Je suis très satisfaite de mon choix et je pense que l’École polytechnique mérite bien sa réputation. Le parcours qu’elle nous offre nous forme non seulement au niveau académique, mais aussi personnel. À présent, je comprends clairement l’intention de débuter par un stage civil avant de suivre les cours. » Pour ses études, Hanady Gebran est l’un des quatre étudiants étrangers admis dans le cycle ingénieur polytechnicien à bénéficier de la bourse de mérite Fulgence Bienvenüe, financée par la Fondation de l’École polytechnique dans le but de soutenir les élèves internationaux les plus talentueux de l’X. La jeune Libanaise souhaite orienter sa formation vers l’intelligence artificielle ; c’est donc ce parcours d’approfondissement qu’elle suivra en 3e année à l’École polytechnique. Sa quatrième année de formation, elle la suivra dans un autre pays, comme l’impose le cursus.

À tout juste vingt ans, la jeune Libanaise est fière de son parcours et souhaite encourager les bacheliers, et particulièrement les filles, à oser sortir des sentiers battus et à ne pas s’enfermer dans les stéréotypes en ce qui concerne le choix d’études. « Je ne corresponds pas du tout au profil type du polytechnicien, un homme français sportif sortant d’une prépa parisienne, mais j’y suis quand même! » lance-t-elle avec humour.

Aux jeunes Libanais qui souhaitent poursuivre leurs études à l’étranger, Hanady conseille, si possible, de ne pas voyager tout de suite après le bac : « Deux ans de préparation au Liban ou une licence vont vous permettre de gagner en maturité et de vaincre vos appréhensions. De plus, les universités libanaises ont des partenariats avec des universités à l’étranger qui sont souvent beaucoup plus prestigieuses que celles qu’on pourrait intégrer directement postbac. Ce temps de recherche et de réflexion vous permettra de savoir quelles sont les meilleures universités pour votre spécialisation. » Enfin, Hanady Gebran considère que les années d’études ne doivent pas décourager un jeune dans son choix de spécialisation, parce que, conclut-elle, « il s’agit d’un investissement pour toute la vie ».



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