Le logo de la compagnie pétrolière saoudienne Aramco lors de la conférence sur l’énergie CERAWeek 2026, à Houston, au Texas, aux États-Unis, le 24 mars 2026. Photo d'archives Danielle Villasana / Reuters
Saudi Aramco a repris la semaine dernière le chargement de pétrole depuis l’intérieur du détroit d’Ormuz et plusieurs pétroliers attendent encore d’être chargés. Le géant énergétique public propose des cargaisons ponctuelles de brut lourd, selon des données maritimes concordantes et des sources commerciales.
Le premier exportateur mondial de pétrole a proposé à plusieurs raffineurs asiatiques des cargaisons de brut Arab Medium et Arab Heavy, qui doivent être chargées au moyen de transferts de navire à navire (STS) au large de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis. Cette décision intervient après plusieurs semaines d’interruption des ventes à la suite d’attaques contre sa flotte de pétroliers dans le détroit d’Ormuz, après l'escalade du conflit entre les États-Unis et l’Iran le mois dernier.
La reprise des exportations saoudiennes pourrait contribuer à atténuer la pénurie de bruts lourds, qui produisent davantage de fuel résiduel pouvant servir de carburant pour les navires ou être transformé dans les raffineries afin d’obtenir des carburants de meilleure qualité, comme l’essence et le diesel. Trois très grands pétroliers (VLCC) — Malaysia Prosperity, Algeria Prosperity et Singapore Prosperity — ont chacun chargé 2 millions de barils de brut aux terminaux de Juaymah et Ras Tanoura entre le 12 et le 16 août.
Les données des sociétés de suivi maritime Vortexa et Kpler montrent qu’il s’agissait des premiers chargements dans ces ports depuis trois semaines. Il n’était pas immédiatement possible de déterminer quelles qualités de brut étaient transportées par les pétroliers. Six autres VLCC pourraient charger du pétrole saoudien depuis l’intérieur du détroit plus tard au cours du mois, selon des données provisoires de Kpler.
Des négociants ont indiqué que Saudi Aramco pourrait également utiliser des pétroliers saoudiens pour traverser le détroit d’Ormuz, en plus des navires de Sinokor. Sept VLCC appartenant à l’opérateur saoudien Bahri se trouvaient au large des Émirats arabes unis et d’Oman, tandis que deux autres faisaient route vers Fujaïrah, selon des données maritimes de LSEG publiées mardi.
Exportations depuis Sidi Kerir
Les exportations de pétrole saoudien restent toutefois limitées, le producteur étant confronté au blocus imposé par les houthis yéménites en mer Rouge, vers laquelle la compagnie Aramco avait réorienté ses exportations via le port de Yanbu plus tôt pendant la guerre avec l’Iran.
Le producteur a proposé des cargaisons supplémentaires de brut au départ du port méditerranéen égyptien de Sidi Kerir comme solution de remplacement, mais les volumes ne représentent qu’une fraction des 4 millions de barils par jour exportés depuis Yanbu avant le blocus. Les coûts supplémentaires de transport et l’allongement des trajets découragent également les acheteurs.
Environ 670 000 barils par jour de brut du Moyen-Orient devraient être chargés au port de Sidi Kerir à destination de l’Asie au cour du mois, selon les données de Kpler, contre aucun au cours des trois mois précédents.
« Cela montre que l’offre au départ de Sidi Kerir à destination de l’Asie ne fonctionne probablement pas, car ses clients asiatiques, du moins les Chinois, ne sont pas satisfaits de la longueur des trajets et du coût élevé du fret », a déclaré Emma Li, analyste du marché chinois chez Vortexa.
Les passages par le détroit d’Ormuz augmentent légèrement par rapport au week-end, mais restent inférieurs à dix
Le nombre de navires ayant franchi le détroit d’Ormuz est resté inférieur à dix lundi, malgré une légère hausse par rapport au week-end, selon des données préliminaires de navigation publiées mardi, alors que les négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran sont dans l’impasse.
Six navires de transport de marchandises ont traversé le détroit lundi : trois quittaient le Golfe et trois y entraient, selon les données de suivi maritime de Kpler, contre une moyenne de 11 navires sur les dix derniers jours. Trois navires avaient franchi le détroit samedi et deux dimanche.
Aucun très grand pétrolier (VLCC) ni méthanier transportant du gaz naturel liquéfié (GNL) n’a emprunté le détroit. Certains navires pourraient toutefois traverser le détroit avec leurs transpondeurs désactivés et ne sont donc pas pris en compte dans ce décompte.
Au niveau du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, de l’autre côté de la péninsule Arabique, 19 navires de transport de marchandises ont transité lundi, selon les données de Kpler, contre une moyenne mobile de 26 sur dix jours et 33 passages dimanche. Sur ces 19 navires, cinq entraient en mer Rouge et 14 en sortaient.
Parmi les 14 navires sortants figurait le VLCC Norns, chargé de 2 millions de barils de pétrole, selon les données. Parmi les navires entrants figuraient deux pétroliers, l’Admiral et le Portofino, ce dernier transportant du diesel destiné aux marchés situés à l’ouest de Suez.


