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Droits humains

Les employées de maison dans la rue pour faire entendre leur voix

Des centaines d’employées de maison étrangères ont manifesté hier à Beyrouth pour dénoncer, notamment, le système de « kafala » (garantie) qui les rend tributaires de leur employeur. Exploitées pour la plupart, elles ont formé un cortège énorme à Sodeco Square et ont manifesté ensemble avec une énergie rayonnante.

Les employées de maison réclament d’être soumises à la loi sur le travail. Photo Malika Barbot

Un important rassemblement des employées de maison étrangères a été organisé, hier dimanche à 11 heures, à Sodeco pour protester contre leurs conditions de travail, notamment pour ce qui a trait au système de la « kafala » (garantie fournie par l’employeur).

Au départ, ces employées de maison ne seront qu’une petite cinquantaine sur place, mais très vite, la foule grandit au point de recouvrir complètement la rue. C’est à midi que la marche commence.

Des voitures passent, s’arrêtent parfois, arborent le drapeau du Cameroun ou de l’Éthiopie, et klaxonnent en guise de soutien. Malgré la situation intenable pour ces femmes, le sourire se voit sur tous les visages. Il n’y a pas de haine, ni même d’animosité. « Tout ce que nous voulons, c’est travailler, nous sommes pleines de bonne volonté », souligne Leya, une employée qui a quitté son pays, le Burkina Faso, il y a quelque années pour tenter d’aider sa famille. « Nous sommes frustrées face à cette situation », déclare-t-elle à L’Orient-Le Jour.

Dans le cortège, on danse, on chante et on brandit des pancartes aux slogans percutants : « Respect us ! » (respectez-nous !) ou bien « No right to quit = slavery » (pas le droit de partir = esclavage). On y fait du tambour, un maximum de bruit pour se faire entendre. L’ambiance est particulièrement familiale, bon enfant presque, comme si toutes ces femmes se connaissaient, se comprenaient. Des femmes, mais des hommes également sont sur place. Un nombre significatif. C’est le cas de Tayeb, un jeune Éthiopien qui veut soutenir ce mouvement et dénoncer le racisme. « Je suis là pour montrer que je veux les aider », affirme-t-il.

De nombreux thèmes sont évoqués, mais parmi eux, certains ressortent plus que d’autres, comme par exemple le droit de conserver son passeport ou la création d’un syndicat des travailleurs domestiques. Le cortège semble grandir et s’étendre au fur et à mesure qu’il se déplace. La police ferme la route au cas où les choses empireraient. Mais évidemment, la bonne humeur et la bienveillance des manifestants facilitent grandement l’action.

Des dizaines d’enfants courent, jouent avec des sifflets et donnent un aspect presque féerique au peloton. Des couleurs, certaines ressortent si on oublie celles arborées par les drapeaux : des tee-shirt noirs blancs, parfois jaunes, mais systématiquement gravés des mêmes slogans : « We are victims, not criminals ».

Une heure plus tard, le cortège se resserre, mais l’ambiance est toujours aussi bon enfant. On entend « Liberté, liberté ! » dans la foule et on peut reconnaître des airs chantés dans différentes langues. Dans la rue, les passants filment les manifestants, leur sourient. La manifestation semble bien partie et d’une bonne envergure. Elle se termine en musique dans le quartier de Dar el-Fatwa où plusieurs personnes prennent la parole devant la foule. Elles ont besoin de s’exprimer pour stigmatiser leurs conditions de travail et dénoncer le sentiment « d’appartenir » à un employeur sans pouvoir rien y faire. Au moins en ce 5 mai, elles avaient le droit de crier haut et fort leur désarroi.



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Un important rassemblement des employées de maison étrangères a été organisé, hier dimanche à 11 heures, à Sodeco pour protester contre leurs conditions de travail, notamment pour ce qui a trait au système de la « kafala » (garantie fournie par l’employeur).

Au départ, ces employées de maison ne seront qu’une petite cinquantaine sur place, mais très vite, la...

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une honte pour les Libanais ce système de Kafala

Bardawil dany

11 h 17, le 06 mai 2019

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Commentaires (1)

  • une honte pour les Libanais ce système de Kafala

    Bardawil dany

    11 h 17, le 06 mai 2019