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Liban

Découvrir l’Anti-Liban jusqu’au pied du mont Hermon

Que faire ce week-end

Une fois le Chouf dépassé, les sentiers de l’ONG Lebanon Moutain Trail vous emmènent dans l’Anti-Liban, jusqu’au pied du mont Hermon. Les randonnées du sud de la Békaa, entre Aytanit et Rachaya, offrent aux marcheurs l’opportunité de découvrir un autre Liban, souvent méconnu.

07/09/2018

Pour aller à la découverte de cet autre Liban, il faut commencer par laisser derrière soi le col de Maasser el-Chouf pour passer dans la région agricole de la Békaa-Sud. La première étape est le petit village d’Aytanit, où les marcheurs peuvent partir à la découverte des petites ruelles et s’arrêter à la fontaine d’eau de source. L’emblème de l’ONG Lebanon Moutain Trail – ou LMT – marque la piste, en blanc et pourpre. « Ces deux sections sont des fenêtres sur des villages oubliés », explique Salam Khalifé, randonneuse et membre du conseil d’administration de LMT. Les sentiers 23 et 24 de l’association relient Aytanit à Rachaya, traversant ainsi les plaines et collines agricoles arides du Sud.

« Dans cette région, d’importants problèmes de sécurité nuisent au tourisme. Il faut des autorisations pour aller dans certaines zones. » Mehdi al-Fayeq est le guide local de ces sections, au service de Lebanon Moutain Trail depuis 1996. Pour subvenir aux besoins de sa femme et de ses deux enfants, il cumule son activité de guide avec celles de berger, d’agriculteur et de surveillant dans une école. Originaire de Rachaya, sa femme et lui-même louent leur maison aux randonneurs. Mais ces derniers temps, la région est désertée par les touristes adeptes de la marche, au grand dam des commerces locaux.

À partir d’Aytanit, les randonneurs descendent en direction de Majdal Balhis, après avoir traversé le barrage du grand lac bleu Qaraoun.

Le chemin entraîne ensuite les plus déterminés sur des kilomètres de collines à travers les champs et les vignes, jusqu’à Majdal, après Arid el-Rassi. À l’intérieur du village, qui surplombe la plaine et offre une vue imprenable sur la vallée, un tell abrite des chambres funéraires romaines. Ce sont les résidents, qui ont construit leurs maisons traditionnelles à toit plat autour, qui entretiennent l’endroit pour les touristes.

« Tu as l’impression que le mont Hermon te suit pendant ta randonnée », s’émerveille Salam Khalifé. Tout autour, oliviers et vignes poussent sur les sols calcaires et arides, sous le regard bienveillant des montagnes. Le chemin devient ensuite moins distinct et les randonneurs peuvent s’aventurer dans les terres agricoles de Marj el-Baragith, avant d’atteindre les vignobles de Hafoufa, puis une forêt de chêne, en direction de Kawkaba Bou Arab. En montant à Shkei Fadeh, un ancien tombeau druze du XVIIe siècle, lieu de pèlerinage de la région, permet aux marcheurs de se reposer sous deux vieux chênes centenaires.


Au pied du mont Hermon, un autre Liban s’étend

« Les sentiers rapprochent les gens. Entre guides, nous sommes tous amis et nous nous rendons visite parfois les uns aux autres, explique Mehdi al-Fayeq. Les chemins envoient un message de paix aux communautés, de tolérance, et donnent l’opportunité à des régions reculées et oubliées de revivre. » La veille, le guide et sa famille ont accueilli deux randonneurs. Salam Khalifé et l’association les ont aidés à développer leur maison d’hôte, en ajoutant des lits et une salle de bains. « LMT a placé de nouveau des villages sur la carte du Liban, indique Mehdi. C’est une opportunité pour les communautés, nos traditions, notre cuisine, la nature, l’histoire et les lieux oubliés. »

À chaque saison, l’association met en avant les produits locaux comme le lait de chèvre, les haricots verts, les lentilles, le blé, le taboulé, les concombres au yaourt… Dans sa maison d’hôte, Amal, la femme du guide, prépare des confitures pour l’été et sert des plats de saison aux marcheurs.

Salam Khalifé explique que les communautés retrouvent, par le biais des sentiers, « une fierté, un sentiment d’appartenance, qui sert ensuite à protéger la nature et les chemins des désastres écologiques ». Pour la randonneuse, Lebanon Moutain Trail fait plus qu’organiser des sentiers et des randonnées : « Nous réalisons un travail de fond, main dans la main avec les villageois, pour dynamiser leur économie. » Selon l’ONG, quelque 235 marcheurs mensuels injectent jusqu’à 100 000 dollars dans l’économie locale. « Les sentiers produisent plus d’emplois, les Libanais reviennent dans les montagnes et valorisent les productions des villages », selon Salam Khalifé.

La randonnée se termine dans les rues pavées de Rachaya, entre son souk historique et sa citadelle. C’est là que Béchara el-Khoury, Riad el-Solh, Salim Takla, Camille Chamoun, Adel Osseiran et Abdel Hamid Karamé furent brièvement détenus en novembre 1943 par les forces du mandat français, quelques jours avant la proclamation de l’indépendance du Liban.

Après une nuit de repos dans la maison d’hôte de Mehdi, il est possible de grimper à quelques kilomètres à l’est de Rachaya pour découvrir un temple et des ruines romaines abandonnées dans les montagnes. Une vue impressionnante sur la vallée et sur le mont Hermon y attend les aventuriers. Bonne marche !


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DES VUES PANORAMIQUES D,UNE REGION ENCORE VIERGE !

Stes David

C'est la region la plus belle du Liban, peut-etre parce qu'elle a n'a pas subi tant de constructions/tourisme que la reste ... En fait le tourisme c'est aussi negatif car si tout le monde va la-bas, ca risque aussi de perdre son aspect. Mais dans mon souvenir un plat dans un restaurant a Rachaya al Foukhar (qui si je ne me trompes pas est un autre village que Rachaya) m'a impressione beaucoup car 1) le repas petit et simple etait tres bon, le mieux que j'ai eu au Liban, mieux que les sites touristiques et 2) sur la terrasse de ce petit restaurant de Rachaya al Foukhar on avait une vue impressionante sur le Mont Hermon avec de la neige. Les photos dans cet article c'est d'une autre saison plus sec, mais en hiver printemps c'est tres joli avec la neige ...

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