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Moyen Orient et Monde

L’Arabie saoudite à Najaf, une avancée en territoire hostile?

Décryptage

Riyad veut jouer sur la division au sein du pôle chiite pour contrer l’influence de Téhéran en Irak.


18/04/2019

L’Arabie saoudite est passée à l’offensive en Irak. Le 4 avril courant, le royaume a annoncé avoir débloqué 1,5 milliard de dollars en faveur de l’Irak ainsi que l’ouverture de nouvelles représentations diplomatiques, notamment à Najaf, dans l’objectif à peine voilé de contrer l’influence iranienne dans ce pays voisin. Riyad veut ainsi ramener l’Irak dans le giron arabe. En témoigne la visite officielle, qui a débuté hier, du Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi à Riyad où il a été reçu par le roi Salmane, une dizaine de jours après sa visite à Téhéran.

L’Irak post-État islamique est pour l’instant relativement épargné par les bras de fer régionaux, ce qui lui permet de vouloir jouer à nouveau le rôle d’un véritable acteur capable de parler à toutes les parties. Mais les lignes de fracture sont bien là, notamment celle qui oppose les deux puissances extérieures dominantes en Irak, les États-Unis et l’Iran, et l’équilibre reste très fragile. Téhéran a accru son influence en Irak à la faveur de la lutte contre l’État islamique, dans laquelle des milices chiites qui lui sont directement affiliées ont joué un rôle central. L’Arabie saoudite semble, quant à elle, considérer que l’Irak est un terrain propice pour contrer l’Iran, alors que le pôle chiite qui domine le pays est divisé en plusieurs tendances en désaccord sur les relations que doivent entretenir Bagdad et Téhéran.

En décidant d’ouvrir dans les prochains mois un consulat dans la ville de Najaf, l’Arabie saoudite cherche clairement à entretenir cette division. Après avoir inauguré son nouveau consulat au sein de l’ambassade saoudienne de Bagdad, rouverte en 2016, le royaume wahhabite s’était engagé à ouvrir d’autres représentations diplomatiques dans le pays, notamment à Bassora, ville imbibée de pétrole dans le Sud-Est, mais aussi à Najaf, cœur du chiisme irakien.

Ce projet avait été décidé quelques jours après la visite du leader religieux chiite Moqtada Sadr en Arabie saoudite, en août 2017, où il avait notamment rencontré le prince héritier Mohammad ben Salmane (MBS), alors fraîchement nommé à ce poste, instaurant un nouveau chapitre dans le réchauffement des relations entre Bagdad et Riyad.

« Les États-Unis ont exercé de fortes pressions sur le roi Salmane et MBS en 2017 pour qu’ils entament une trajectoire diplomatique en Irak. Les Saoudiens et les Émiratis ont adhéré au projet, reconnaissant aux plus hauts niveaux qu’il était important de ne pas céder l’Irak à l’Iran », explique Michael Knights, spécialiste de l’Irak au sein du Washington Institue for Near East Policy, contacté par L’Orient-Le Jour.

« Pour les Saoudiens, l’idée est d’arracher l’Irak des mains de l’Iran sans directement menacer Bagdad de mesures de rétorsion, mais en montrant aux Irakiens les bons côtés d’une relation avec eux et les désavantages de poursuivre avec l’Iran, notamment en termes économiques et diplomatiques », confie à L’OLJ une source, ayant requis l’anonymat, au sein d’une organisation internationale basée en Irak. Le royaume wahhabite tient à jouer avec son voisin arabe la carte de l’apaisement et du développement des relations bilatérales en lui montrant tous les bienfaits d’une coopération avec lui. Cela passe par une politique de souplesse vis-à-vis du sort des chiites non iraniens et du tourisme religieux en Arabie saoudite, notamment dans le cadre du pèlerinage de La Mecque et de Médine.


(Lire aussi : Téhéran presse Bagdad de réclamer le départ des troupes américaines d’Irak)


« Sistani n’a aucune raison de refuser »
Le Sud irakien a beau être à majorité chiite, l’Arabie saoudite, qui se veut le leader du monde sunnite, ne semble pas toutefois avancer en terrain hostile. Le royaume s’appuie sur sa relation avec le leader chiite le moins aligné sur Téhéran, Moqtada Sadr, dont l’influence a grandement crû suite à sa victoire aux législatives de mai 2018. L’ayatollah Ali Sistani, dont Najaf est la « place forte » et qui a tenu à plusieurs reprises des discours incendiaires contre le traitement des chiites en Arabie saoudite et à Bahreïn, ne devrait pas non plus opposer son veto à la mise en place d’un consulat chez lui. « Ali Sistani n’a aucune raison de refuser l’ouverture du consulat de Najaf car il va servir en premier lieu les chiites d’Arabie saoudite et des pays de la côte est de la péninsule Arabique, notamment les étudiants religieux et les pèlerins », explique la source précitée, ajoutant que « le consulat de Najaf sera d’une importance sociale et économique particulière, en comparaison de celui de Bagdad qui se trouve dans la “green zone” qui est très peu accessible ».

« Je suis sûr que des acteurs tels que Moqtada Sadr garantiront la sécurité du consulat. De son côté, Ali Sistani a tendance à s’adresser à tous les Irakiens et évite un prisme sectaire », confirme Michael Knights. « Un grand nombre de chiites saoudiens et bahreïnis suivent Najaf et Sistani, qui critique le royaume saoudien et Bahreïn. C’est une ouverture intéressante proposée par Riyad », poursuit-il.

La ville de Najaf abrite le tombeau de Ali ben Abi Taleb, appelé aussi « l’imam Ali », quatrième calife de l’islam et figure sacrée du chiisme. Elle possède la plus grande école religieuse chiite (hawza) à égalité avec celle de la ville iranienne de Qom. Elle est par conséquent un lieu de pèlerinage incontesté pour les chiites d’Irak, mais aussi pour ceux du Golfe et de la région. « À travers cet engagement, Riyad cherche à (…) élever l’importance religieuse de Najaf au niveau de celle de la ville iranienne de Qom », décrypte un rapport de l’International Crisis Group publié en mai 2018.


(Pour mémoire : Riyad débloque des fonds pour l’Irak et ouvre un consulat à Bagdad)


La tâche la plus facile
Téhéran devrait voir d’un très mauvais œil cette avancée saoudienne en territoire chiite, alors que la République islamique pouvait espérer gagner du terrain à Najaf dans la perspective de la succession de l’ayatollah Sistani, qui ne suit pas les principes du Vilayet e-Faqih. L’Irak est une pièce maîtresse dans la stratégie régionale de la République islamique, ainsi qu’un partenaire commercial important et désormais plus que nécessaire pour l’Iran, écrasé sous le poids des sanctions américaines. « L’Iran a clairement indiqué qu’il était prêt à se battre de toutes les manières possibles pour préserver son influence en Irak. Ses réponses seront donc redoublées d’efforts politiques et diplomatiques pour contrer l’influence saoudienne dans le pays. Mais tant que la bataille n’a pas de dimension militaire, cela tend à favoriser l’Arabie saoudite », explique à L’OLJ Hussein Ibish, spécialiste du Golfe à l’Institut des États arabes du Golfe à Washington. « En d’autres termes, l’Arabie saoudite a la tâche la plus facile, alors que l’Iran doit défendre une influence extérieure qu’il serait difficile à tout pays de maintenir, en particulier compte tenu des sanctions et des autres pressions auxquelles Téhéran est actuellement confronté », conclut-il.



Pour mémoire
Après l'EI, l'Irak de retour sur la scène diplomatique, à ses risques et périls


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ON DIT QUOI ?

On a fortement le désir d'avoir besoin d'un charcutier chez nous , mais pas n'importe lequel.

ELLE a encore frappé, la sottise .

Bery tus

On à fortement besoin d un MBS chez nous

Chucri Abboud

Difficile de comprendre cet amour américin pour MBS

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE MBS LA JOUE FRANCHE ET INTELLIGEMMENT EN IRAQ FACE A L,IRAN.

Tina Chamoun

« Si vous voyez les étendards noirs, attachez-vous à la terre, ne bougez ni vos mains, ni vos pieds. Puis apparaît un peuple faible qui ne paie pas de mine, au cœur dur comme fer, ce sont les gens de l’État, qui ne tiennent pas parole et ne respectent pas les promesses. Ils appellent à la vérité, sans en être dignes. Leurs prénoms sont des alias, et leurs noms sont relatifs aux noms de villages. Leurs sentiments sont mous comme ceux des femmes, jusqu’à ce qu’ils se disputent entre eux. Ensuite Dieu accorde la vérité à qui Il veut.» Imam Ali.
Des paroles en or; il avait vu la montée de l'islamisme et sa dangerosité.

ON DIT QUOI ?

Celui qui a écrit cet article connaît très mal les chiites .

On ne parle pas des chiites en faisant des allusions à une pensee de vie à l'occidental.

Ce qu'il vient d'écrire c'est juste une promotion pour les bensaouds , c'est sans intérêts sur le réel.

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