Spécial Orientation professionnelle / Édition 4

La chirurgie robotique, un nouveau domaine qui révolutionne le monde médical

Le recours aux robots en chirurgie est un domaine en pleine expansion qui ouvre de nouvelles perspectives de sous-spécialisation et d’emplois dans le monde médical. Nombre de centres hospitaliers ont décidé de franchir le pas sur ce plan, et de ce fait, le nombre d’emplois liés à la robotique est en constante augmentation. Le Liban n’est pas en reste et a fait récemment son entrée dans ce secteur.

02/04/2019

La robotique d’assistance médicale concerne les domaines de la chirurgie, de la thérapie, de l’exploration, du diagnostic ou de l’apprentissage dans des spécialisations telles que l’orthopédie, la neurochirurgie, la chirurgie digestive...

La première téléchirurgie a été réalisée en 2001 lorsque les équipes de recherche de l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif (Ircad) ont opéré une patiente de 68 ans à Strasbourg depuis New York. Cette prouesse technologique ouvrira la voie à de nombreuses autres avancées : ablation de la vésicule biliaire sans incision, chirurgie de l’œsophage par les voies naturelles, chirurgie du foie guidée par la réalité augmentée... Si la robotisation gagne chaque jour du terrain dans les blocs opératoires, pas question de remplacer le chirurgien pour autant. Les machines restent des aides opérationnelles. L’objectif est de faciliter les gestes les plus courants en garantissant une totale sécurité pour le patient.

Les robots utilisés en chirurgie servent à rendre possibles des opérations jusque-là inenvisageables ou bien à faciliter des opérations complexes. Nous assistons ainsi à une véritable révolution de la robotique de services. Fondé par le Pr Jacques Marescaux — spécialisé dans la téléchirurgie à distance et la lutte contre les cancers de l’appareil digestif —, l’Ircad est reconnu comme le leader mondial dans le domaine de la robotique chirurgicale. Il réunit des laboratoires de recherche en cancérologie digestive, une unité d’anesthésie expérimentale et des unités de recherche et développement en informatique et robotique, qui développent des outils de diagnostic, de planification et simulation visant à améliorer et sécuriser le geste chirurgical.

Avec à son actif plus de 2 400 publications et communications scientifiques internationales, l’Ircad est reconnu à travers le monde comme centre de référence en chirurgie mini-invasive. Ce centre a acquis une renommée internationale facilement attestée par le nombre de chirurgiens s’inscrivant aux cours : 3 500 praticiens venant de tous les continents s’y forment chaque année, grâce à la disponibilité et au talent d’une équipe internationale de 800 experts.

« L’Ircad vise à favoriser l’intégration, dans une même salle d’opération, de technologies informatisées permettant d’augmenter la sécurité, l’efficacité et la précision du geste chirurgical », explique le professeur Jacques Marescaux. « Cette révolution technique favorise ainsi l’amélioration des performances du chirurgien, de la visibilité lors de l’opération à la précision de sa main.

Concernant le poignet du chirurgien, les bras du robot Da Vinci (le plus vendu au monde) jouissent d’une plus large flexibilité (leur capacité de rotation peut atteindre 360°) et d’une plus grande stabilité. Une robotique dans les spécialisations de chirurgie digestive, gynécologique, urologique ou thoracique permet au chirurgien de supprimer le tremblement des mains, d’avoir des gestes plus sûrs et elle sonne l’alarme quand il faut s’arrêter, se repositionner ou réadapter la stratégie. Commandé à distance, ce robot polyvalent confère également davantage d’autonomie au médecin », ajoute le professeur.

En même temps que le médecin dirige la caméra du robot avec ses pieds, tandis que ses yeux sont rivés sur l’image 3D à l’écran, ses deux mains manipulent pince et ciseaux électriques. « Doté de plusieurs bras, le robot peut également faire office d’assistant et tenir des objets, tels qu’un bistouri. Sans compter que certains modèles sont équipés d’instruments à commande vocale. Par ailleurs, la thématique forte de l’Ircad est de développer des techniques chirurgicales de moins en moins invasives : un nouveau concept de chirurgie, évitant les cicatrices cutanées et musculaires, et réduisant les douleurs post- opératoires », signale le Pr Marescaux.


Les avantages pour les praticiens et les patients
« La robotique permet une vision en 3D de l’intérieur du patient. On obtient ainsi grâce à ces robots une plus grande précision et une finesse dans l’opération effectuée », poursuit le professeur. « Les bénéfices sont donc multiples : confort du travail pour les chirurgiens qui gèrent leur console, et de ce fait moins de fatigue et une meilleure vision de l’opération. Cependant, ce sont les patients qui sont les principaux bénéficiaires de cette nouvelle technologie. En effet, on constate une diminution des douleurs post-opératoires, des risques d’infection et de saignement, ainsi qu’une réduction de la lourdeur des opérations et du temps d’hospitalisation des malades », souligne-t-il.


Le marché de la robotique crée des opportunités pour l’e-santé
Le coût des robots reste un obstacle majeur et prive un bon nombre d’établissements hospitaliers, tant français que libanais, de cette nouvelle technologie. Les établissements français sont tout de même de plus en plus équipés de ces machines, ce qui dynamise ce marché qui n’est encore qu’à ses débuts. Le nombre d’emplois liés à la robotique est en constante augmentation, et de nouvelles compétences sont convoitées.

Par ailleurs, l’Ircad, dont le siège est à Strasbourg (France), a choisi le Liban comme siège du Moyen-Orient afin d’ouvrir un nouveau centre « jumeau » régional à l’Hôpital français universitaire du Levant. Le Liban sera ainsi le cinquième centre mondial de formation robotique après la France, Taïwan, São Paulo et Rio. Le marché du travail libanais connaîtra dès lors une pleine expansion et un essor remarquable dans le domaine de la robotique médicale.


Formation
Cette « intelligence artificielle » appliquée à la chirurgie sera exclusivement fonctionnelle à Beyrouth pour ce qui a trait à la région du Moyen-Orient. L’Ircad formera dans l’auditorium de l’Hôpital français universitaire du Levant les chirurgiens ainsi que l’équipe médicale (infirmiers, techniciens…) et paramédicale, à travers (comme première étape) une diffusion « en live » de tous les cours donnés à partir de l’Ircad de France, de Hong Kong et du Brésil.

L’Ircad propose un éventail complet de cours en chirurgie mini-invasive. Les spécialisations abordées comprennent la chirurgie générale et digestive, l’urologie, la gynécologie, la pédiatrie, les techniques d’endoscopie digestive interventionnelle… Les cours comportent des présentations théoriques et des « live » d’actes opératoires retransmis en auditorium sur écran haute définition. Les experts proposent également durant les cours un enseignement pratique sur tissus vivants (miniporcs).

En France, un diplôme interuniversitaire de chirurgie digestive robotique est mis en place à l’IHU-Ircad (Strasbourg). Son but est de permettre à des chirurgiens digestifs (confirmés ou en formation) et à des infirmières de bloc opératoire d’acquérir les bases suffisantes pour mener à bien un certain nombre d’interventions digestives, assistées par les robots Da Vinci. Ce diplôme aborde non seulement les bases théoriques et pratiques de la chirurgie robotique, mais développe aussi des thématiques spécifiques comme la chirurgie œsogastrique et bariatrique, la chirurgie colorectale, hépato-bilio-pancréatique…

Un autre diplôme interuniversitaire en chirurgie robotique est également délivré par l’école de chirurgie à la faculté de médecine de Nancy. La formation comporte trois options : chirurgien, infirmier, ingénieur. Elle a pour objectif de fournir une formation théorique en robotique chirurgicale et une formation pratique à l’utilisation du robot Da Vinci.


Prérequis
L’option chirurgie s’adresse à des médecins qualifiés ou en cours de qualification en chirurgie, en post-internat (quelle que soit la spécialisation). L’option Infirmier(ère) en bloc opératoire s’adresse à des professionnels ayant trois ans d’expérience à temps plein, exerçant en chirurgie robotique ou accompagnant un projet d’ouverture de chirurgie robotique. L’option ingénieur concerne des ingénieurs diplômés ou en fonction (bac +5) ou des étudiants ingénieurs en dernière année (équivalent master 2) souhaitant acquérir une spécialisation en robotique chirurgicale.


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