X

Liban

Réfugiés syriens : « Nous sommes arrivés au bout de nos capacités », dit Aoun à Pedersen

crise

L’analyste Ziad el-Sayegh dénonce une « démagogie éloignée de la réalité » dans le traitement de ce dossier par certaines parties libanaises.


OLJ
21/03/2019

Le dossier des réfugiés syriens était hier au cœur des discussions entre le président de la République Michel Aoun et l’émissaire de l’ONU en Syrie, Geir Pedersen, lors d’une visite de ce dernier à Baabda. Le chef de l’État a profité de cette rencontre pour réitérer son appel à un retour des réfugiés dans leur pays et mettre en garde contre l’incapacité du Liban à supporter davantage leur présence. La réponse de M. Pedersen, elle, est venue rappeler que la communauté internationale continue de lier le retour des réfugiés à une solution politique en Syrie.

« En tant que responsables, nous sommes inquiets pour notre pays. Nous sommes arrivés au bout de nos capacités à supporter les conséquences de la présence des réfugiés syriens. Il faut sérieusement œuvrer à leur retour dans les zones sûres de Syrie, qui sont désormais vastes et capables de les accueillir », a déclaré le chef de l’État à M. Pedersen.

« Plusieurs pays ont pris part à la guerre en Syrie et ils veulent que nous en assumions les conséquences. Si ces pays avaient consacré 10 % des coûts de cette guerre pour régler la tragédie des réfugiés, ils auraient contribué à régler les problèmes de ces derniers et éviter au monde plus de crises », a ajouté le chef de l’État, rappelant que « le Liban n’a jamais refusé d’accueillir les réfugiés syriens durant toutes ces années de guerre pour des raisons humanitaires ». « Aujourd’hui, cela n’est plus nécessaire car la Syrie commence à retrouver sa sécurité et sa stabilité, hormis quelques petites poches », a affirmé le président Aoun.

Dans la journée, la Sûreté générale avait fait savoir que 172 046 réfugiés syriens étaient rentrés chez eux depuis mai 2018 dans le cadre des opérations de retour volontaire qu’elle organise en coordination avec les autorités syriennes.

De son côté, M. Pedersen a salué l’assistance fournie par le Liban aux réfugiés syriens et réitéré le soutien de l’ONU au Liban, rappelant que l’une de ses fonctions principales est d’aboutir à une solution politique au conflit syrien.

L’émissaire norvégien, qui revient de Syrie où il s’est notamment entretenu avec le ministre des Affaires étrangères Walid Moallem, a en outre évoqué avec le président le résultat de ses contacts avec les responsables syriens et les membres de l’opposition à Riyad. M. Pedersen s’est ensuite entretenu avec le directeur général de la SG, le général Abbas Ibrahim.


(Lire aussi : Raï : Les réfugiés syriens sont un danger total pour le Liban)


« Les Russes doivent faire pression »
En parallèle aux entretiens de M. Pedersen, le coordinateur spécial de l’ONU pour le Liban, Jan Kubis, a rencontré hier le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, avec qui il a également évoqué la question épineuse du retour des réfugiés syriens.

« Nous avons parlé des réfugiés et de la nécessité pour eux de rentrer lorsque les conditions nécessaires auront été mises en place. Bien sûr, j’ai évoqué, et cela a été bien compris par M. Bassil, la loi humanitaire internationale et les normes qui la régulent. Je confirme toutefois qu’il y a un consensus absolu dans le pays autour du besoin de voir une manifestation rapide et tangible des efforts pour que les réfugiés syriens puissent rentrer le plus vite possible. Leur présence crée des problèmes dans le pays et il y a un quasi-consensus politique à ce sujet », a déclaré Jan Kubis dans un communiqué publié à l’issue de la réunion.

MM. Bassil et Kubis ont en outre évoqué les violations de la résolution 1701 par Israël et « la nécessité pour les Nations unies d’y remédier de manière robuste ». La question de la frontière terrestre et maritime avec Israël a également été au menu des discussions.

Commentant les rencontres précitées, Ziad el-Sayegh, expert en politique en matière de réfugiés, a pour sa part estimé que le discours tenu par le président et le ministre des Affaires étrangères à ce sujet s’inscrivait dans l’optique d’« une démagogie et d’une idéologie qui n’ont rien à faire avec la réalité et la vérité ». « Le Liban a bien entendu le droit de dire qu’il ne peut plus supporter la situation, mais il doit tenir compte des obstacles imposés en Syrie, qui entravent le retour des réfugiés, a indiqué M. Sayegh. Ces obstacles sont sécuritaires, légaux et socio-économiques et liés à une solution politique au conflit », a-t-il souligné.

Selon M. Sayegh, la solution consisterait à demander aux Russes de coopérer avec la communauté internationale « pour faire pression sur la Syrie, afin qu’elle offre des garanties aux réfugiés qui souhaitent rentrer ». « Tous les autres discours tenus à ce sujet sont des discours populistes à visée électorale. Le gouvernement doit mettre en place un plan complet qui sera accompagné d’un véritable travail diplomatique à ce sujet », a-t-il dit.


Lire aussi
Joumblatt : Les déplacés ne rentreront pas tant que le régime syrien n’en voudra pas

L’avenir des réfugiés syriens du Liban est en Syrie

Chehayeb et Kouyoumjian plaident pour davantage d’aide

À Bruxelles, Hariri appelle à faire pression sur le régime syrien pour le retour des réfugiés


À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

NOUS REVONS ! NOUS SOMMES PRIS DANS LE PIEGE DES INTERETS POLITICO-ECONOMIQUES DES GRANDS AVEC LES MENOTTES AUX MAINS. LE RUSSE NE PEUT RIEN FAIRE SEUL ...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE LIBAN A FAIT PLUS QU,IL NE PEUT FAIRE !

Irene Said

Et "ça" se réunit, "ça" déclare...mais notre chef de l'Etat Libanais ne comprend toujours pas que ses divers visiteurs s'enfoutent royalement de la présence des soi-disant réfugiés syriens chez nous, mais aussi du Liban !

Ces visiteurs et leurs commanditaires ONU etc., savent aussi jouer sur les divisions apparentes et continuelles de nos "dirigeants" entre eux...dont chacun prêche pour son propre parti ou sponsor extérieur, mais jamais sincèrement pour sa patrie, le Liban !

En attendant, beaucoup des réfugiés syriens se sentent bien mieux au Liban, car:
plus libres
pas de service militaire
pas de "héros" qui peut, à leur retour, leur faire subir ses traitements et vengeances connues de tous.

Irène Saïd



Bery tus

je suis d'accords aussi que c'est a la russie de faire pression ou de demander a assad de recevoir les refugiers et de leurs garantir un minimum de securite … mais socio-économique non car ils peuvent bien recevoir la bas ce qu'ils reçoivent au liban comme aide

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants