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Culture

Quand Franz-Olivier Giesbert part à la rencontre de Dieu...

Livres

Le facétieux et talentueux écrivain français a-t-il rencontré le Créateur ou pas ? La question reste en suspens, même après son récent ouvrage paru chez Gallimard « La dernière fois que j’ai rencontré Dieu ». Lumière...

26/02/2019

Ce n’est pas un livre de théologie. Encore moins de prêche, de catéchèse ou de prosélytisme. Avec l’esprit mordant et l’humour boute-en-train qui caractérise l’auteur de La cuisinière d’Himmler, la notion de Dieu pour Franz-Olivier Giesbert est objet d’un panthéisme séduisant, d’une grande richesse et quête culturelles. Dans son dernier opus La dernière fois que j’ai rencontré Dieu (Gallimard, 187 pages), le détour est un chemin non de traverse, mais de réflexion, avec un ton de charmante impertinence, sur la notion universelle de la foi…

« La foi du charbonnier, écrit ce fervent catholique non pratiquant, est celle qui vous donne un sourire stupide du lever au coucher, celle qui vous porte vers les autres, les fleurs, les enfants, les bêtes, celle qui ne s’apprend pas dans les livres. »Voilà le lecteur averti. Par-delà Talmud, Évangiles, Coran, Tripitaka, Veda et autres livres sacrés, Franz-Olivier Giesbert, auteur qui fait feu de tout bois, en abordant romans et essais (une œuvre déjà considérable, sans compter les polémiques et portraits d’hommes politiques), entreprend une descente et un envol tout à la fois, au cœur et aux horizons des croyances humaines. Littérature, science et approches multiples pour comprendre le phénomène de la Création et surtout du Créateur.

Verbe jubilatoire

Pour ce romancier irrévérencieux, au verbe jubilatoire, prenant ses distances avec le clergé et les hommes de religion de tous bords, « Dieu est le monde, la nature ». Ce qui n’empêche pas une longue et docte déambulation et pérégrination à travers le dédale de toutes les religions et leurs officiants : clercs, prophètes, saints, martyrs, défenseurs et détracteurs. Comme un panel de choix, dans une neutralité désarmante, sans prendre parti ou agresser, pour s’entretenir, chemin faisant, des ferveurs du cœur et des regards portés au ciel.

De Jésus-Christ à Bouddha, tout en incorporant les idées de ceux qui ont animé la scène des croyances et ont porté haut le flambeau de la pensée, à savoir, entre autres, Galilée, Spinoza, François d’Assise, Giordano Bruno, Schopenhauer et, plus proche de nous, le pape Benoît XVI. Et on n’a pas nommé tout le monde évoqué dans ces pages d’une foisonnante information de culture et de civilisation. Savante promenade dans un tintamarre et choc d’idées, entre légère poésie (nul ne résiste au verbe haut en couleur de Giesbert) et connaissances prodigues. Sans jamais tomber toutefois dans le piège d’une pesante érudition. Pour les fins lettrés c’est, certainement, un régal de bouillon de culture, mais pour le commun des mortels et les puristes, religieux et autres bigots à la vision amidonnée, c’est sans doute, en brassant autant de concepts, un propos aux confins de la confusion. Ce n’est pas de la tautologie ou du verbiage non plus, même si ces thèmes ont déjà été quelque peu traités par l’auteur dans un ouvrage antécédent qui s’intitulait Dieu, ma mère et moi. Thèmes qui reviennent ici dans une version quand même différente, bien plus étendue et enrichie… Dans un esprit voltairien, mais sans le cynisme, comme une déclaration provocatrice sans être incendiaire, Franz-Olivier Giesbert parle d’une foi universelle, car Dieu est une nécessité évidente. On l’écoute, à travers ces lignes, tracer son credo : « Je crois en Dieu parce que je ne peux pas faire autrement. Il est toujours dans les cieux, les forêts, les oiseaux, jusque dans cette feuille d’herbe qui frissonne de plaisir sous la pluie. Jusqu’à mon dernier souffle, je dirai merci à Dieu, c’est-à-dire la nature. » Amen ! Mais pour conclure, un autre extrait encore plus explicite : « Dieu est toujours là, auprès de moi, partout, ailleurs. Je l’aime, il m’aime et nous n’avons pas d’opinion l’un sur l’autre, il me protège et ne me juge pas. Il m’accompagne. »



Pour mémoire 

Entre confessions et autodérision... « Un très grand amour » de Franz-Olivier Giesbert


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Georges MELKI

" « Dieu est toujours là, auprès de moi, partout, ailleurs. Je l’aime, il m’aime et nous n’avons pas d’opinion l’un sur l’autre, il me protège et ne me juge pas. Il m’accompagne. »

"Pour ce romancier irrévérencieux, au verbe jubilatoire, prenant ses distances avec le clergé et les hommes de religion de tous bords, « Dieu est le monde, la nature »"

De deux choses l'une: ou bien Dieu protège l'homme, ou bien Dieu est la nature...Mais les deux à la fois? Contradiction flagrante! Mais bon, toutes les conceptions se valent, pourvu qu'on soit convaincu et heureux...

Sarkis Serge Tateossian

Beaucoup de talents, d'humanisme et richissime culture...
Son nom suffit pour capter les regards des téléspectateurs ou simples lecteurs.
Une force qui inspire respect.

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