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"La sécurité du président a été affectée" : une commission sénatoriale demande des poursuites contre Benalla

France

"L'Elysée aura l'occasion d'apporter des réponses factuelles sur manifestement beaucoup de contrevérités qui se trouvent présentes dans le rapport", a réagi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

OLJ/AFP
20/02/2019

Sept mois après son déclenchement, l'affaire Alexandre Benalla, plus grave crise essuyée par Emmanuel Macron, n'en finit pas de faire des vagues: mercredi, la justice française a annoncé une nouvelle enquête contre cet ancien collaborateur du président et une commission sénatoriale a dénoncé des "dysfonctionnements majeurs au sommet de l'État".

"La sécurité du président de la République a été affectée", a affirmé Philippe Bas, président de la commission sénatoriale qui enquête depuis six mois sur cette affaire.

"L'Elysée aura l'occasion d'apporter des réponses factuelles sur manifestement beaucoup de contrevérités qui se trouvent présentes dans le rapport", a réagi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

A peine quelques heures après la publication du rapport, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert, dès la semaine dernière, une enquête préliminaire pour déterminer s'il y a pu avoir des "dissimulations de preuves" dans le cadre des différentes enquêtes visant M. Benalla et son entourage.

Tandis que M. Benalla et son acolyte Vincent Crase, ex-employé du parti présidentiel, ont dormi en prison mardi soir après la révocation de leur contrôle judiciaire, la Commission a demandé de saisir la justice "des déclarations" des deux intéressés. Ils soupçonnent un "faux témoignage" de M. Benalla sur le "périmètre de ses fonctions" au palais présidentiel et "son rôle dans le dispositif de sécurité du chef de l'État", mais aussi sur l'utilisation de ses passeports diplomatiques.

MM. Benalla et Crase sont en outre soupçonnés d'avoir menti au sujet du contrat de sécurité privée pour le compte du Russe Iskander Makhmoudov, alors que les révélations du site d'information Mediapart, peut-on lire dans la lettre, laissent supposer "l'implication de M. Alexandre Benalla dans la négociation dudit contrat alors que ce dernier était encore en fonction à l'Elysée".

Dans l'enregistrement sonore publié par Mediapart, les deux hommes évoquent les répercussions de leurs ennuis judiciaires sur la société de M. Crase, engagée dans un contrat de sécurité avec le milliardaire russe. Contrat qui fait aujourd'hui l'objet d'une enquête du parquet national financier.

Le faux témoignage devant une commission d'enquête parlementaire est puni de cinq, voire sept ans d'emprisonnement.


"Sécurité du président affectée"

Tout aussi explosif pour le président Macron, la Commission demande au bureau du Sénat de saisir la justice pour vérifier "un certain nombre d'omissions, d'incohérences et de contradictions" relevées lors des auditions des plus hauts collaborateurs du président. Sont nommés le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler et le chef de cabinet Patrick Strzoda, mais aussi le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergne. La décision finale de saisir ou non la justice reviendra au Bureau du Sénat.

D'une manière générale, la Commission pointe une série de "dysfonctionnements majeurs au sein des services de l'Etat" qui ont pu "affecter" la sécurité du président et "les intérêts" du pays, évoquant des "pouvoirs excessifs laissés à un collaborateur inexpérimenté" et un "sérieux manque de précaution dans la prévention des conflits d'intérêts de certains collaborateurs", en référence au contrat russe.

La Commission a "réuni suffisamment d'éléments pour estimer que la sécurité du président de la République a été affectée", a souligné M. Bas. La Commission plaide pour la fin des "collaborateurs officieux" au sein de la présidence française.



Fin juillet, Emmanuel Macron avait jugé que l'affaire Benalla n'était qu'"une tempête dans un verre d'eau". Mais la crise et ses ramifications n'en finissent plus d'embarrasser la présidence française depuis l'identification, le 18 juillet 2018 par le journal Le Monde, de ce proche collaborateur du président en train de molester des manifestants le 1er mai à Paris.

A l'Elysée, par ailleurs confronté depuis trois mois à la crise inédite du mouvement des "gilets jaunes", un vaste mouvement de remaniement des équipes semble engagé.

Au plan politique, l'affaire a également entraîné l'abandon d'une révision constitutionnelle, les oppositions exigeant une enquête parlementaire. Aurore Bergé, porte-parole du parti présidentiel La République en Marche (LREM), a estimé mercredi que la commission d'enquête a "voulu faire de la politique" et créé un "précédent dangereux".


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yves kerlidou

cet article n'est pas fidèle au rapport de la commission et bien sur à charge contre l'Elysée,a noter un acharnement contre un petit bonhomme garde du corps et par contre aucune commission d'enquête du Sénat sur le détournement de 8 millions sur les impôts à des fins personnels pour 117 sénateurs dont M Fillon grand amis de M BAS président de la commission d'enquête.
Donc j'attends la même pugnacité de cette commission pour faire toute la lumière sur cette bande d’escrocs au Sénat

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