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Samy Gemayel : "Pourquoi le Hezbollah ne remet-il pas ses armes au président Aoun?"

Liban

Un cocktail Molotov lancé contre une permanence des Kataëb à Sin el-Fil dans la nuit de jeudi à vendredi.

OLJ
15/02/2019

Le président du parti Kataëb, Samy Gemayel, a une nouvelle fois fustigé les armes du Hezbollah, à l'occasion de l'ouverture du 31e congrès général du parti au nouveau BIEL à Furn el-Chebbak, appelant le parti chiite à remettre son arsenal à son allié, le président de la République, Michel Aoun.

"Aujourd'hui, nous devons nous poser une question existentielle : quel Liban voulons-nous?", a lancé le leader maronite lors de son discours d'ouverture. Dans une virulente critique à l'égard du Hezbollah, sans le nommer toutefois, Samy Gemayel a lancé : "La souveraineté du Liban est minée et il y a des armes illégales qui poussent le Liban vers des conflits contre son gré. Ces armes portent atteinte à l'indépendance du Liban et empêchent l'économie du pays de se développer. Il ne peut y avoir de stabilité en présence des armes" illégales.
"Les armes (illégales) entravent la justice au Liban et affectent l'autorité de l'Etat, à défaut de dire que ce sont ces armes qui décident du déploiement de l'autorité de l'Etat", a ajouté Samy Gemayel.

Un climat de tension entre les Kataëb et le Hezbollah règne depuis mercredi, à la suite d'une joute verbale entre les député Nawaf Moussaoui d'une part, et Nadim Gemayel de l'autre. Le député du Hezbollah avait affirmé que Bachir Gemayel avait été élu à la présidence de la République en 1982 "grâce aux chars israéliens", lors de l'invasion israélienne du Liban cette année-là. Quelques heures plus tard, Nadim Gemayel avait organisé un rassemblement de partisans des Forces libanaises (fondées par Bachir Gemayel) et Kataëb place Sassine, à Achrafieh, et avait prononcé une allocation au cours de laquelle il a menacé de "prendre les armes".

Dans ce contexte, un cocktail Molotov a été lancé dans la nuit de jeudi à vendredi par des inconnus à bord d'une moto sur une permanence du parti Kataëb à Sin el Fil, causant des dégâts matériels.  Deux portraits, l'un de Samy Gemayel, et l'autre de son grand-père Pierre Gemayel, ont été brûlés. Du mobilier a également été endommagé par cette attaque qui n'a pas fait de victimes. Une enquête judiciaire est en cours.

Et dans l'après-midi, une réunion a eu lieu au Parlement entre des députés du Courant patriotique libre, des Forces libanaises et des Kataëb, les trois principaux partis chrétiens du pays, afin de discuter des propos de Nawaf Moussaoui. Jeudi, le CPL avait pris ses distances des propos du député du Hezbollah, son chef Gebran Bassil estimant qu'il n'était "pas permis de s'en prendre à un martyr."



(Lire aussi : Samy Gemayel assuré de la présidence des Kataëb, compétition fiévreuse pour le bureau politique)



"Nous avons un symbole, celui du président Bachir Gemayel"
"A ceux qui disent qu'ils ont fait parvenir Michel Aoun à la présidence, nous demandons : Pourquoi ne livrez-vous pas vos armes au président Aoun? Pourquoi le Hezbollah ne livre pas son arsenal au chef de l'Etat s'il fait confiance à ce dernier?", a lancé Samy Gemayel, devant un parterre de responsables et de partisans Kataëb.

"Nous avons toujours mis en garde contre les propos selon lesquels les armes sont derrière l'autorité qui se manifeste à travers la présidence de la République, du Conseil et de la Chambre", a-t-il rappelé. "Tous les slogans et les prétextes sont tombés au sein du Parlement (lors de la séance de mercredi)", a-t-il estimé. "Aux chrétiens je dit : Il ne peut y avoir de partenariat lorsque celui-ci est conditionné par un abandon de la souveraineté et de l'indépendance".

"Nous avons un symbole, celui du président Bachir Gemayel qui nous a appris à dire la vérité sans compromission (...). Bachir avait pour projet de dissoudre toutes les milices, en commençant par celle qu'il avait fondée, les Forces libanaises", a en outre rappelé Samy Gemayel.

Le leader maronite s'est ensuite livré à une critique de la classe politique qui dirige le pays, alors que sa formation n'est pas représentée au gouvernement. 
"Nous avons des difficultés à former des gouvernements et élire un président de la République requiert beaucoup de temps. La tension communautaire est à son paroxysme et l'économie s'effondre, les Libanais émigrent. Cela nous empêche d'attaquer le fond du problème. (...) Cela fait 80 ans que nous souffrons de la paralysie des institutions et que nous somme témoins de la paralysie de la vie des Libanais qui vivent au rythme des crises répétitives et des ingérences extérieures ainsi que des affrontements", a regretté le député.
"Le maronitisme, le sunnisme et le chiisme politiques représentent le partage du pouvoir entre les formations locales qui ont elles-même facilité les ingérences internationales", a estimé Samy Gemayel. "Il est temps de passer des affrontements confessionnels à la diversité interactive. (...) Il est temps de réfléchir à toutes ces questions, sans reporter leur examen en raison des armes, car jusqu'à quand pouvons nous repousser les délais?".

Le chef des Kataëb a enfin promis à ses partisans que "durant les quatre prochaines années, je sauvegarderai tout ce pour quoi vous avez lutté. Mon objectif est de mettre un terme à l’hémorragie afin de construire le pays à tout prix (...)".




(Lire aussi : Les Kataëb en pleine crise suite à la démission de trois de leurs membres)




Pendant trois jours, le directoire du parti examinera en profondeur sa situation financière et administrative, notamment après les élections législatives de mai dernier. Les regards seront surtout braqués sur la troisième journée du congrès. L’occasion pour 402 délégués (élus en janvier dernier par les chefs de section et département au sein du parti) d’élire le directoire de la formation ainsi que 16 membres de son bureau politique. Organe de décision Kataëb, cet organisme est composé de 16 membres élus par les délégués et six autres en faveur desquels votera le nouveau bureau politique. Un tableau sur lequel se greffent naturellement le chef du parti, deux vice-présidents, ainsi que les députés Kataëb, le secrétaire général et trois secrétaires généraux adjoints.

Une source bien informée a confié à L’Orient-Le Jour que seul Samy Gemayel s’est porté candidat à la présidence du parti pour un second mandat. Dans les mêmes milieux, on fait savoir que Joseph Abou Khalil et Salim Sayegh, actuels vice-présidents du parti, briguent un second mandat.

Ainsi, le scrutin du dimanche devrait être consacré à l’élection de seize nouveaux membres du bureau politique. Vingt-neuf candidats, dont quatre femmes, prennent part à la compétition, sachant qu’un quota féminin est respecté au sein du part. À la faveur du règlement intérieur, au moins quatre femmes devraient faire partie du bureau politique.



Pour mémoire
Les Kataëb ne feront pas partie du gouvernement

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DISCUSSION SANS RETARD DE LA STRATEGIE DE DEFENSE DU PAYS OU LES ARMES DU HEZBOLLAH... JE DIS LES ARMES... AURAIENT UNE PLACE ! QUELLE PLACE ET COMMENT, LES STRATEGES EN DECIDERAIENT EN RELATION DES INTERETS VITAUX DU PAYS... CAR N,OUBLIONS PAS QUE TOUTE STRATEGIE EST LE FRUIT DE L,ECONOMIE-POLITIQUE DE TOUT ETAT !

Le Faucon Pèlerin

L'OLJ à 18h22 : Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a déclaré que Washington "veut un Liban uni et sans l'Iran".
Nous aussi.

Tina Chamoun

Certains commentaires emplis de sagesse, de bon sens et qui demeurent humbles dans leur précieux avis font plaisir à lire. Merci monsieur.Je ne vous connais pas mais je sais que vous vous reonnaîtrez dans mon commentaire. Merci aussi à l OLJ de bien vouloir publier mon commentaire.

Pierre Hadjigeorgiou

Le Hezbollah ne fera jamais rien pour rétablir l’autorité de l’état mais n=bien au contraire continuera de la miner tant que le pouvoir n'est pas 100% entre ses mains. L’état et ses institutions ne se remettront sur place qu’après la destruction physique et totale du Hezbollah... Quiconque pense autrement se fourre le doigt dans l’œil! Les Palestiniens ne sont partis qu’après leur défaite totale, la Syrie ne s'est retirée que lorsque le glaive était a son cou. Le Hezbollah n’arrêtera ses simagrée que lorsqu'il en aura pris pour son grade. Se n'est plus très loin, soulignez mes mots!

Sarkis Serge Tateossian

Samy Gemayel : "Pourquoi le Hezbollah ne remet-il pas ses armes au président Aoun?"

Tant que la formation Hezbollah n'est pas contrainte par la légitimité libanaise, l'état ou l'armée ou simplement par sa propre "morale" politique, (pourquoi pas) ne déposera pas ses armes.

La raison ?
Aucune force dans le monde n'a jamais remis ses armes par elle-même.
Quand on arrive à un sommet, de puissance on ne rêve pas à la descente... nos regards restent toujours vers un plus haut.

C'est le drame de toutes les puissances ...

Personnellement je suis serein, et je pense que le hezbollah dans sa sagesse, fera dans les tous prochains jours des gestes allant dans le sens de contribuer à la grandeur du Liban et de son armée.

Sachant que la grandeur d'un pays ou d'une armée ne se fonde pas sur des doublons. Mais sur sa propre puissance et seulement la sienne.

C'est mon humble avis bien sûr.

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